Commentaires (Blaise de Monluc)

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Commentaires
Auteur Blaise de Montluc
Genre Mémoires
Pays d'origine  France
Collection La Pléiade Gallimard 1964
Date de parution 1592 (posthume)

Les Commentaires de Blaise de Montluc sont les Mémoires du chef des armées catholiques pour le sud-ouest de la France, depuis le début de sa carrière militaire dans les campagnes d'Italie jusqu'aux guerres de Religion. Ces mémoires couvrent donc une vaste période, de l'année 1521 jusqu'en 1576. Le titre complet de l'œuvre est : Commentaires de messire Blaise de Monluc, maréchal de France, où sont décrits tous les combats, rencontres, escarmouches, batailles, sièges, assauts, escalades, prises ou surprises de villes places fortes : défenses des assaillies assiégées …; texte publié en 1592, après la mort de l'auteur (1502?-1577).

Blaise de Montluc

Sommaire

Origine et édition

On admet comme point de départ à la démarche de Blaise de Montluc la longue lettre écrite en novembre 1570 à Charles IX dans laquelle le lieutenant du roi justifie son action en Guyenne au temps des guerres de religion. Un autre texte de 1573, "Discours au roi sur le fait de la paix" qui défend une ligne de tolérance religieuse, montre également les préoccupations de l'homme de guerre fortement impliqué dans le contexte de son époque.

Envisageant une postérité plus grande, Montluc reprend alors le "discours de sa vie" dicté avant 1571 et l'améliore jusqu'à sa mort en 1577, très probablement avec l'aide de son frère cadet Jean, cardinal de Valence, esprit fin et cultivé. Certainement aussi avec d'autres aides mais qui nous sont inconnus. Le premier jet du texte, qui était assez brut, y gagne une certaine qualité littéraire et un style plus vivant.

La première impression a lieu en 1592 avec un texte très remanié par son éditeur et cette version est rééditée jusqu'au milieu du XIXe siècle avant que paraisse en 1864-1867 l'édition plus scientifique due au baron de Ruble.

En 1964 Paul Courteault établit une édition critique soignée et riche de notes pour la collection de La Pléiade, chez Gallimard. Jean Giono a écrit une intéressante Préface pour cette édition.

Présentation

Dans ces Mémoires, Blaise de Montluc associe récit et commentaires.

La partie « récit » se cantonne à sa vie de soldat en donnant des précisions sur les préparatifs militaires, les stratégies et les combats. Montluc fait la relation chronologique de ces exploits guerriers au service de son roi pendant plus de 50 ans de 1521[1] à 1576. Les descriptions des opérations militaires effectuées par Monluc sont faites de façon très précise et représentent de nos jours pour les historiens un inégalable répertoire des techniques de combat et de l'armement du XVIe siècle. Si dans la description de l'action, Blaise de Monluc conserve une excellente mémoire, il est moins heureux dans son maniement de la chronologie où un certain nombre d'erreurs est à relever.

massacre

- Il insiste sur sa raison principale : instruire les chefs de guerre par son exemple et par ses commentaires de technicien de la chose militaire, en précisant (par humilité ou prudence) que « ce n'est pas un livre pour les gens de savoir, ils ont assez d'historiens ».

Analyse et commentaires

- Il met en avant les qualités morales de l'officier qui doit éliminer les vices de sa vie comme le vin ou le jeu et cultiver une relation saine avec l'argent : il doit être généreux avec ses hommes et ne pas combattre par intérêt matériel mais pour son roi et son dieu. Ce que résume sa devise "deo duce, ferro comite" (p. 822).

- L'homme de guerre doit aussi être obéissant, loyal et d'un courage à toute épreuve : en bon Gascon, Montluc considère que les cicatrices sont les glorieuses preuves de cet engagement physique dans les combats. Il met cependant en garde contre la témérité du chef qui en exposant sa vie peut nuire à son camp en le privant de son chef.

- Montluc se présente comme un chef de guerre efficace, impitoyable par stratégie mais pas par nature : il est peut-être coupable mais pas responsable comme il l'expose p. 822 et ce que résument certaines phrases comme : « les péchés que j'ai commis, ou plutôt que la guerre m'a fait commettre », « je voulais faire mettre tout au fil de l'épée, m'assurant que cela donnerait une si grand peur à tout le demeurant du pays de Béarn qu'il n'y aurait aucune place qui y osât attendre le siège » (p. 768) ou encore « Croyez, sire, croyez qu'avec cette douceur vous ne viendrez jamais à bout de ces gens-là » (p.657).

Le roi Charles IX

Le bon roi est celui qui s'implique très personnellement dans les actes de pouvoir en choisissant avec discernement des hommes qui ont fait leurs preuves et qui veille à ne pas créer des pouvoirs qui nuiraient au sien et pour cela il doit multiplier les délégations de pouvoir au lieu de les concentrer. Bien sûr, le roi doit récompenser et honorer les gens de valeur qui l'ont servi loyalement et efficacement, et d'abord à la guerre : Montluc prend en effet la défense de la noblesse d'épée qui doit l'emporter sur les gens de robe et les parlementaires (p. 685).

Prolongements

Les Commentaires de Montluc relèvent bien du genre traditionnel des Mémoires où l’auteur-narrateur raconte sa vie dans un récit rétrospectif en étant davantage tourné vers le siècle que vers lui-même. L'œuvre est devenue une mine d'informations sur les guerres du XVIe siècle pour les historiens mais la littérature peut aussi y reconnaître l'expression personnelle d'un auteur qui se confie partiellement en utilisant de façon heureuse la langue.

Nous ne sommes parfois pas si loin de Montaigne et nous reconnaissons une famille dans laquelle s'inscrivent aussi, entre autres, le cardinal de Retz ou le duc de Saint-Simon. Et peut-être aussi certains héros de Corneille.

Citations

Sources

Bibliographie

Notes et références

  1. « Première campagne d'Italie » 1521-1522 (page 30-31 éd. Pléiade)
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