Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1760

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Années :

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Décennies :

1740 · 1750Années 17601770 · 1780

Siècles :

XVIIe siècleXVIIIe siècleXIXe siècle

Millénaires :

 Ier millénaire • IIe millénaireIIIe millénaire 

Chronologie de l'économie

Années 1750 - Années 1760 - Années 1770

Événements[modifier | modifier le code]

  • 1760 :
    • apparition du Clearing House en Écosse, fondé par plusieurs banques pour établir la compensation des comptes à l’échelle nationale (1773 en Angleterre)[1].
    • la marine de guerre espagnole aligne 50 vaisseaux de ligne, 21 frégates et 26 000 marins.
    • Saint-Domingue produit 40 000 tonnes de sucre par an (7 000 en 1715).
  • 1761-1780 : la production annuelle moyenne d’or du Brésil est de 10 000 kg, à son apogée. Les gisements miniers commencent à s’épuiser et seront progressivement abandonnés. Dans le Minas Gerais, la proportion de Noirs est de 70 %.
  • 1761 :
  • 1762 :
  • 1763 :
    • les Treize colonies, qui ont soutenu la Grande-Bretagne pendant les guerres de succession d’Autriche et de Sept ans, se sont endettées de près de deux millions de livres.
    • lois agraires du réformateur Bernstorff en faveur des paysans au Danemark.
    • reconstitution de l’état-major en Russie : remise sur pied des régiments, fabriques de munitions, arsenaux, casernes, routes militaires.
    • création d'une commission des finances chargée de la l’unification des monnaies et de la constitution d’une couverture or pour le papier-monnaie en Russie.
    • 1 800 tonnes d’équivalent argent de dépenses engagées par l’État français.
  • 1763-1789 : prospérité des Antilles françaises (sucre) après le traité de Paris.
  • 1763-1772 : période de printemps froids et d’étés pluvieux en Allemagne.
  • 1764 :
    • l’économiste Pietro Verri se passionne pour la rénovation de l’État milanais. Le prince de Kaunitz, intéressé par son analyse, lui confie un poste dans le groupe chargé d’analyser les conditions de la Ferme (1765). Protectionniste dans les relations commerciales avec l’étranger, Pietro Verri préconise la liberté des échanges à l’intérieur, et s’attaque au régime féodal qui pèse sur l’agriculture, aux corporations qui entravent l’industrie, aux droits de douanes qui font obstacle au commerce. Il est partisan de l’uniformisation des taxes, de l’unification de l’État (abolition des privilèges), de l’instauration d’un impôt juste et équitable, de l’abolition du système de la Ferme et de son remplacement par une administration des finances. Il veut briser les despotismes au sein de l’État, réduire l’Église à l’obéissance et appelle à un pouvoir fort mais non arbitraire, en accord avec la volonté populaire.
  • 1765 :
    • liberté du commerce et des prix des grains en Espagne et suppression du monopole de Cadix.
    • création d'une manufacture de cotonnades de Neukettenhof à Vienne.
    • arpentage de toutes les terres en Russie.
    • réformes fiscales et économiques menées par Guillaume Du Tillot à Parme.
  • 1767 :
  • 1767-1769 : introduction de la pomme de terre en Autriche et en Hongrie.
  • 1768 et 1769 : mauvaises récoltes en Bohême : envolée des prix, crise de subsistance[3].
  • Reprise économique en Allemagne dans les années 1760. Il n’y a cependant pas de véritable bourgeoisie dans la mesure où le régime des jurandes, partout établit, permet une production suffisante, éventuellement augmentée par les manufactures d’État. Une certaine bourgeoisie à talents (professeurs d’université), élabore une très haute culture qui contraste avec le retard politique, économique et social du pays par rapport à ses voisins occidentaux.
  • 50 000 émigrants venus d’Allemagne du Sud s’installent en Hongrie de 1760 à 1770.
  • Le mouvement des enclosures prend une grande ampleur en Grande-Bretagne. Entre 1750 et 1815, le Parlement vote plus de 5000 lois autorisant les enclosures.

France[modifier | modifier le code]

  • 1760 : Le budget de l’État en France monte à 1800 tonnes d’équivalent argent (247 millions de livres de déficit).
  • 1760-1763 : prix modérés des grains en France.
  • 1761, 1764 et 1766 : édits autorisant et facilitant les défrichements en France.
  • 1763 : le Mercure de France compte 1 500 abonnés, dont un tiers à Paris[4].
  • 1764 : 1 500 tonnes d’équivalent argent de dépenses engagées par l’État. Le déficit public tombe à 180 millions de livres en 1765.
  • 1765-1777 : années froides et pluvieuses[5]. Série de récoltes médiocres de blé de 1766 à 1776 dues à des étés brumeux et humides.
  • Baisse de la natalité dans les villes à cause de la contraception. L’évolution des mœurs entraîne une hausse considérable de la prostitution et de l’illégitimité des naissances, accompagné d’une augmentation du nombre des abandons d’enfants (6 à 7000 abandons par an à Paris en 1760-1780).

Le prix constaté du blé évolue en hausse au cours de la décennie en France, et c'est aussi le cas si l'on prend en compte l'évolution parallèle du salaire horaire, selon l'économiste Jean Fourastié, qui a démontré l'importance de l'Histoire de la culture des céréales sur celle de l'économie, également pour cette décennie de tensions et d'imprévu sur l'approvisionnement en céréales[6]:

Années 1760 1761 1762 1763 1764 1765 1766 1767 1768 1769
Prix observé du quintal de blé (en livres) 15,6 13,3 13,2 12,6 13,3 14,8 17,6 19 20,6 20,4
Prix réel (ajusté du salaire horaire) 196 166 155 149 156 175 208 224 242 240

Pologne[modifier | modifier le code]

  • La situation de l’industrie polonaise est redressée grâce aux capitaux du roi et des magnats. Le monarque crée une fonderie de canons à Varsovie, une faïencerie au Belvédère, près de la capitale, une fabrique d’armes à Kozienice, une marbrerie à Debnik ; il entreprend de créer des ateliers sur les domaines royaux pour les objets de luxe : porcelaines, lamés d’or et d’argent, ébénisterie. La forme nouvelle de cette production est sa concentration dans des fabriques qui sont des réunions d’ateliers ; les entrepreneurs fournissent la matière première et sont propriétaires des objets fabriqués par les maîtres et les compagnons, organisation de type capitaliste. Pour financer ces établissements, on crée des sociétés par action : la première est en 1766 la Compagnie manufacturière de laine, au capital social de 777 000 florins, en cent actions, dirigée par un conseil d’administration de douze membres dont le président est nommé par le roi. Des ouvriers étrangers sont sollicités : allemands pour la métallurgie, français pour les soieries, italiens pour les marbreries et les ateliers de peinture. Les ouvriers polonais sont des manœuvres non spécialisés recrutés parmi les serfs par un système de corvée. Ces créations durent peu et font en général faillite.
  • Les industries traditionnelles sont les mines de sel de Wieliczka et de Bochnia, près de Cracovie, qui produisent 600 000 quintaux par an. Elles ont à leur tête un intendant nommé par le roi et les ouvriers sont payés à la semaine. Les mines de plomb argentifère d’Olkusz, à l’est de Cracovie, connaissent un déclin avant d’être relevées par Stanislas Auguste. Le fer continu à être exploité près de Częstochowa et de Radom. Dans l’ensemble, l’industrie reste peu importante par rapport à l’Allemagne.
  • L’armée polonaise ne comprend plus que 10 000 hommes, recrutés parmi la noblesse qui accapare la cavalerie et parmi des mercenaires allemands à pied et à cheval. L’artillerie (une centaine d’hommes et de vieux mortiers suédois) est nulle. Les forteresses sont inexistantes (sauf Kamenietz).

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 1760 : 100 000 habitants à Saint-Domingue (40 000 en 1720).
  • 1763 :
    • Le Canada compte de 60 000 à 80 000 habitants d’origine française.
    • Les colonies britanniques en Amérique comptent 1,6 million d’habitants. La colonie de New York compte 25 000 habitants. Boston 20 000 et Charleston 10 000.
    • 170 000 esclaves en Virginie, soit près de la moitié de la population.
  • 1766 : la Chine compte 182 076 000 habitants.
  • 1768 : recensement en Espagne, qui compte 9,3 millions d’habitants. La densité reste faible : 20 à 22 habitants au km².


  • La Grande-Bretagne compte 7,8 millions d’habitants. En Angleterre, 15 villes comptent plus de 10 000 habitants.
  • 889 000 colons anglo-saxons en Amérique du Nord. 274 000 en Nouvelle-Angleterre (31 %), 215 000 au Centre (24 %) et 400 000 au Sud (45 %).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salvatore Mastropasqua, The Banking System in the Countries of the EEC : Institutional and Structural Aspects, BRILL, (ISBN 9789028605183, présentation en ligne)
  2. A. W. Skempton, A Biographical Dictionary of Civil Engineers in Great Britain and Ireland : 1500-1830, vol. 1, Thomas Telford, (ISBN 9780727729392, présentation en ligne)
  3. Jean Bérenger, Histoire de l'Empire des Habsbourg (1273-1918), Fayard, (ISBN 9782213648019, présentation en ligne)
  4. Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France : De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, (ISBN 9782748903027, présentation en ligne)
  5. Joël Félix, Finances et politique au siècle des Lumières: Le ministère L’Averdy, 1763-1768, (ISBN 9782821828568, présentation en ligne)
  6. "Statistiques de prix – La baisse des prix du blé, fait capital de l’histoire économique" par Jacqueline Fourastié, 2013 [1]