Chronologie de l'histoire des Juifs en Pologne

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La Chronologie de l'histoire des Juifs en Pologne retrace l'histoire des juifs en Pologne depuis la fin du Xe siècle jusqu'à aujourd'hui[1],[2]

  • 965 - 966 : Un marchand juif d'Espagne, Ibrahim Ibn Jaqub (Abraham fils de Jacob) voyage à travers la Pologne et rédige la première description du pays. Les commerçants juifs, d'origine gréco-romaine ou moyenne-orientale, sont très actifs en Europe centrale.
  • 1206 : Frappe peut-être dès le règne de Mieszko l'Ancien des premières pièces de monnaie polonaises, comportant des caractères hébreux, des Juifs étaient administrateurs des monnaie
  • 1237 : Premier établissement de Juifs mentionné dans des écrits, à Płock
  • 1264 : Le prince de Pologne Boleslas le Pieux proclame la Charte de Kalisz - accordant des libertés aux Juifs de Pologne.
  • 1343 : Persécutés en Europe occidentale, les juifs Ashkénazes et Sarfatis sont invités en Pologne par le roi Casimir III de Pologne. Après l'expulsion massive des juifs d’Europe de l’Ouest (Angleterre, France, Allemagne et Espagne), la Pologne et la Lituanie deviennent un refuge pour eux (l'immense territoire polono-lituanien de l'époque formera bien plus tard, au sein de l'Empire russe, la Zone de Résidence des juifs russes).
  • 1386 : Sous la dynastie jagellone la Pologne-Lituanie devient le territoire de la plus grande communauté juive d'Europe, car des édits royaux y garantissent la sécurité et la liberté de culte depuis le XIIIe siècle alors que l'Europe occidentale est le théâtre de persécutions, en particulier après l'épisode de la peste noire de 1348-1349 dont les Juifs furent accusés d'être les vecteurs. La plus grande partie de la Pologne-Lituanie fut épargnée par le fléau, alors que l'immigration juive fournissait une main d'œuvre nombreuse et qualifiée à cet état naissant. La plus forte augmentation de la population juive eut lieu au XVIIIe siècle, date à laquelle les Juifs représentent 7 % de la population polono-lituanienne.
  • 1500 : Certains des Juifs séfarades expulsés d'Espagne ou du Portugal, et ashkénazes chassés de nombreuses villes allemandes, se réfugient en Pologne. Du règne d'Alexandre Ier Jagellon jusqu'au XVIIIe siècle, plus de la moitié de la population juive mondiale vit en Pologne-Lituanie.
  • 1525 : Le roi Sigismond Ier le Vieux est le premier souverain chrétien à adouber chevalier un juif sans exiger qu'il renie sa foi.
  • 1534 : Le roi Sigismond Ier le Vieux abolit la loi qui imposait aux Juifs le port de vêtements particuliers.
  • 1547 : La première imprimerie juive en hébreu est fondée à Lublin.
  • 1567 : Fondation de la première yeshiva de Pologne.
  • 1580-1764 : Première réunion du « Conseil des Quatre Terres » (Va'ad Arba' Aratzot) à Lublin. 70 délégués des communautés juives (kehillot) se rencontrent pour discuter sur les taxes et d'autres sujets importants pour la communauté juive.
  • 1623 : Première réunion des États généraux (diète juive ou Va'ad) autonomes du Grand-duché de Lituanie.
  • 1632 : Dans le contexte de la contre-Réforme, la tolérance de l'église catholique polono-lituanienne envers les juifs diminue puis cesse, et le roi Ladislas IV Vasa interdit les livres ou toute impression à caractère antisémite.
  • 1633 : Les Juifs de Poznań obtiennent le droit d'interdire l'entrée des non-juifs dans le quartier juif de la ville.
  • 1648 : La population juive polonaise atteint 450 000 personnes (4,5 % de la population totale). En Bohême on en compte 40 000, en Moravie 25 000, en Hongrie 60 000, en Moldavie 15 000, dans l'Empire turc 150 000. La population juive mondiale est évaluée à 750 000 personnes.
  • 1648-1655 : Durant le soulèvement de Khmelnytsky, les cosaques ukrainiens dirigés par Bohdan Khmelnytsky massacrent la szlachta (noblesse polonaise locale) ainsi que la communauté juive que les nobles polonais protégeaient : c'est le premier pogrom perpétré par des chrétiens orthodoxes. 65 000 Juifs périssent et autant de nobles. La perte totale pour la communauté est évaluée à 100 000 personnes. La Pologne perd 40 % de sa population pendant cette période du déluge.
  • 1750 : La population juive de Pologne atteint 750 000 personnes soit 8 % de la population totale. La population juive mondiale est évaluée à 1 200 000 personnes.
  • 1759 : Les adeptes de Jacob Lejbowicz rejoignent les rangs des szlachtas d'origine juive.
  • 1772-1795 : Partitions de la Pologne entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. Les privilèges des communautés juives sont pour la plupart révoqués, notamment du côté russe.
  • 1800 : La population juive atteint 2 000 000 en Europe orientale.
  • 1831 : Des miliciens juifs prennent part à la défense de Varsovie contre l'armée impériale russe.
  • 1860 - 1864 : Les Juifs participent activement au mouvement national polonais, qui est suivi par les insurrections de janvier.
  • 1862 : Les Juifs de la Pologne russe se voient attribuer les mêmes droits que dans la « zone de Résidence » russe, c'est-à-dire que toutes leurs franchises et leurs exemptions sont révoquées, mais en revanche, plus aucune ville ne peut interdire l'installation de Juifs en son sein, et de nombreux aristocrates polonais confient aux Juifs la gestion de leurs biens.
  • 1880 : La population juive mondiale atteint 7,7 millions de personnes dont 90 % en Europe (majoritairement Europe de l'Est) dont 3,5 millions dans les anciens territoires polono-lituaniens. Avec la montée des nationalismes, ils deviennent de plus en plus l'objet de xénophobie, d'intolérance religieuse et d'antisémitisme.
  • 1897 : Le premier recensement russe décompte 5 200 000 Juifs, dont 4 900 000 dans la « zone de Résidence » et 1 300 000 en Pologne russe soit 14 % de sa population.
  • 1918-1920 : La guerre soviéto-polonaise et la guerre civile russe ravagent les territoires des juifs d'Europe de l'Est dont certains, notamment parmi la jeunesse du « Bund », prennent parti pour le bolchevisme, qui promet la fin des discriminations sur critère religieux, et une totale égalité de tous les citoyens (« Yiddishland révolutionnaire ») : cela aura pour conséquence des persécutions contre les juifs dans les pays ennemis de la Russie bolchévique, et l'émergence, parmi les Russes blancs et les nationalistes de tous pays, du mythe du « judéo-bolchévisme » (qui sera plus tard largement exploité par les nazis et leurs satellites).
  • 1921 : Traité de paix polono-bolchevik de Rīga. Les citoyens des territoires disputés (correspondant en gros à la zone de Résidence) se voient attribuer le droit de choisir leur territoire. De nombreux juifs communistes choisissent la Russie bolchévique (beaucoup le regretteront lorsque l'antisémitisme stalinien émergera) mais au moins autant sinon davantage émigrent vers la Pologne, en particulier les juifs religieux attachés à leur foi, et les artisans, boutiquiers ou négociants dont le système communiste avait nationalisé les commerces.
  • 1924 : 2 989 000 Juifs sont recensés en Pologne (10,5 % de la population). Les jeunes juifs représentent 23 % des étudiants des lycées et 26 % des étudiants universitaires, ce qui pousse les nationalistes et les antisémites à réclamer des limitations. Il en était de même dans les autres pays de l'Est européen, alors qu'en URSS rien de tel n'existait, l'« ascenseur social » soviétique était ouvert à tous pourvu qu'ils soient communistes et athées.
  • 1930 : La population juive atteint 15 000 000 personnes dont la plus grosse partie vit désormais aux États-Unis (4 500 000), en Pologne (3 500 000 soit 11 % de la population), en Union soviétique (2 700 000 soit 2 % de la population), en Roumanie (800 000, 6 % de la population) et de plus en plus en Palestine (175 000, 17 % de la population)
  • 1936 : Pogrom de Przytyk.
  • 1933 - 1939 : Persécutés par les nazis, les Juifs allemands tentent d'émigrer, mais presque tous les pays leur ferment leurs frontières, y compris le Royaume-Uni et les États-Unis. Quelques-uns trouvent un refuge temporaire en Pologne ou en Roumanie (qui, sous le régime carliste, réprime le mouvement antisémite de la « Garde de fer »).
  • 1939 - 1945 : Dans toute l'Europe sous domination nazie et dans tous les états satellites à deux exceptions près (Finlande et Italie) a lieu l'extermination des juifs par les États en place, aussi appelée Shoah (« destruction, malheur majeur, catastrophe ») ou Holocauste (« sacrifice », mais ce terme a été abandonné en français car les victimes ne se sont pas sacrifiées: elles ont été assassinées). En Allemagne nazie et en Pologne occupée, le gouvernement nazi perpétra le seul génocide industrialisé de l'histoire (voir Shoah en Pologne)[3].
  • 1946 : Pogrom de Kielce, des Juifs rescapés et rapatriés sont assassinés par des Polonais
  • À partir de 1948 : Des centaines de milliers de juifs, dont des dizaines de milliers de survivants de la Shoah, quittent la Pologne et les autres pays de l'Est (URSS comprise) pour Israël et les États-Unis.
  • 1964 : Les relations Juifs/Chrétiens prennent un nouveau départ avec le concile Vatican II.
  • 1968 : Le régime communiste conduit une campagne anti-sioniste en Pologne. La plupart des Juifs restés en Pologne émigrent.
  • 1979 : Création d'une Université juive volante clandestine à Varsovie notamment par Konstanty Gebert et Stanisław Krajewski, intellectuels du renouveau de la vie juive
  • 1981 : Création d’un Comité citoyen pour la préservation des cimetières et des monuments de la culture juive, première organisation vouée à la préservation du patrimoine juif légalisée depuis 1950
  • 1988 : A Cracovie Janusz Makuch et Krzysztof Gierat organise le premier Festival de la culture juive, marquant le début du renouveau de la culture et de la musique juive, en particulier klezmer, à travers ses festivals organisés dans plus de quarante villes[4].
  • 1993 : L’Union des communautés confessionnelles juives de Pologne est enregistrée comme héritière légale des communautés juives d’avant-guerre, ce qui permet la réimplantation de plusieurs communautés juives en Pologne en particulier à Varsovie, Cracovie, Gdańsk et Wrocław.
  • 2004 : Le Festival annuel célébrant la culture yiddish et Isaac Bashevis Singer est organisé pour la première fois à Varsovie par la Fondation Shalom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Minczeles, Une histoire des Juifs de Pologne : religion, culture, politique, La Découverte, 2006, (ISBN 978-2-7071-5688-4) et Antony Polonsky, Histoire des juifs en Pologne et Russie, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque d'études juives », Paris 2018, (ISBN 9782745348265).
  2. Ouvrage collectif : Eleonora Bergman, Katarzyna Czerwonogóra, Konstanty Gebert, Vera Hannush, Helise Lieberman, Magdalena Matuszewska, Aleksandra Sajdak : Traduction de l'anglais : Natalia Krasicka (trad. de l'anglais), 1000 ans de vie juive en Pologne une chronologie, Taube Center for the Renewal of Jewish Life in Poland, (1re éd. 2009), 34 p. (ISBN 978-83-932-231-4-5, lire en ligne)
  3. En réaction à l’accord entre Benjamin Netanyahou et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, une controverse israélo-polonaise a commencé en 2019, dans une perspective nationaliste peu respectueuse du devoir de mémoire : les ultra-nationalistes des deux pays ont protesté avec véhémence contre cet accord, les Israéliens exigeant une reconnaissance par l’État polonais des « responsabilités de la nation polonaise » au motif que les collaborateurs polonais ont pris une part active dans la Shoah, et les Polonais récusant toute responsabilité au motif que le pays était sous occupation allemande et son gouvernement en exil à Londres. Benjamin Netanyahou et Mateusz Morawiecki avaient déclaré lors de la conclusion de l’accord : « Nous sommes honorés de nous souvenir des actes héroïques de nombreux Polonais, en particulier les Justes parmi les Nations, qui ont risqué leur vie pour sauver les Juifs. Nous reconnaissons et condamnons chaque cas de cruauté envers les Juifs perpétré par les Polonais au cours de la Seconde Guerre mondiale » ; l’historienne du mémorial de Yad Vashem, le professeur Dina Porat, avait approuvé cette déclaration comme participant à la catharsis, à la contrition et à la rédemption, d’autant que la déclaration garantit la libre recherche sur la Shoah en Pologne : [1].
  4. (en) Taube Fondation, « LIST OF JEWISH CULTURE FESTIVALS IN POLAND », Taube Fondation Studies,‎ , p. 3 (lire en ligne)
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