Chicago

Un article de Wikipedia, l'encyclopedie libre.
Sauter a la navigation Sauter a la recherche
Pour les articles homonymes, voir Chicago (homonymie).

Chicago

Sceau de Chicago

Drapeau de Chicago

Panorama de Downtown Chicago, la Willis Tower, le Chicago Theatre, une station du métro de Chicago, la jetée Navy, le musée Field et le pavillon Jay Pritzker.
Administration
Pays États-Unis
État Illinois
Comtés Cook et DuPage
Type de localité City
Maire
Mandat
Lori Lightfoot (D)
Depuis 2019
Code FIPS 17-14000
GNIS 0428803
Démographie
Gentilé Chicagoan ou Chicagolais
Population 2 705 994 hab.[1] (2018)
Densité 4 465 hab./km2
Population aire urbaine 9 526 434 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 41° 52′ 55″ nord, 87° 37′ 40″ ouest
Altitude 182 m
Min. 176 m
Max. 205 m
Superficie 60 600 ha = 606 km2
· dont terre 588 km2 (97,03 %)
· dont eau 18 km2 (2,97 %)
Fuseau horaire CST (UTC-6)
Divers
Fondation c. 1770
Municipalité depuis 1833
Devise Urbs in Horto (« La ville dans un jardin »)
Surnom Windy City (« La ville des vents »)
Localisation

Carte des comtés de Cook et DuPage.

Géolocalisation sur la carte : Illinois

Chicago

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

Chicago

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

Chicago
Liens
Site web cityofchicago.org

Chicago /ʃi.ka.ɡo/[2] (en anglais /ʃɪˈkɑ.ɡoʊ/ Écouter ou localement /ʃɪˈkɔː.ɡoʊ/) est la troisième ville des États-Unis par sa population et est située dans le Nord-Est de l'État de l'Illinois. C'est la plus grande ville de la région du Midwest, dont elle forme le principal centre économique et culturel[3]. Chicago se trouve sur la rive sud-ouest du lac Michigan, un des cinq Grands Lacs d'Amérique du Nord. Les rivières Chicago et Calumet traversent la ville.

Comptoir commercial fondé à la fin du XVIIIe siècle par Jean Baptiste Pointe du Sable, un mulâtre d'origine française, Chicago devient une municipalité en 1833[4] et acquiert officiellement le statut de ville en 1837[5]. Elle est le siège du comté de Cook. Chicago est aussi le siège d'une paroisse catholique francophone, signe de son histoire liée à la France[6].

La ville de Chicago compte 2 716 450 habitants et s'étend sur une superficie de 606 km2. Ses habitants s'appellent les Chicagoans[7] (ou plus rarement Chicagolais[8]). Troisième ville des États-Unis par sa population, l'agglomération de Chicago est également la troisième du pays avec une population de 8 711 000 habitants s'étendant sur 5 498 km2. L'aire métropolitaine de Chicago (Chicago metropolitan area), communément appelée « Chicagoland », compte 9 526 434 habitants et s'étend sur 28 163 km2[9],[10] à travers trois États (Illinois, Indiana et Wisconsin), ce qui en fait la quatrième aire urbaine d'Amérique du Nord après Mexico, New York et Los Angeles[11].

Chicago est une ville de classe mondiale alpha[12]. Elle constitue le deuxième centre industriel des États-Unis et appartient à la « Ceinture des industries » (Manufacturing Belt), mais la ville est aussi une des principales places financières du monde[13] et la première bourse de matières premières agricoles au monde[14]. C'est à Chicago que sont fixés les prix du blé et du soja aux États-Unis[15]. La ville se classe au troisième rang national pour le nombre d'entreprises implantées dans son agglomération[16], dont les plus importantes sont Motorola, Boeing, United Airlines, McDonald's, Sears, Kraft Foods, Mondelēz ou encore les laboratoires Abbott. D'autres entreprises y ont été créées, comme Hertz, l'une des plus grandes enseignes de location de voitures. L'industrie emploie plus d'un million de personnes dans l'agglomération de Chicago[16].

Grâce à sa situation exceptionnelle, la ville constitue un centre de communication majeur de voies terrestres (l'un des plus importants en Amérique du Nord), et de transports aériens avec ses deux aéroports internationaux, O'Hare et Midway. Elle acquiert une grande renommée culturelle grâce à son architecture moderne de gratte-ciel[17] et attire des millions de visiteurs chaque année[18]. En effet, la Willis Tower (appelée « Sears Tower » jusqu'au mois de juillet 2009) a été de 1973 à 1998, le plus haut gratte-ciel du monde[19] et est à ce jour le deuxième plus haut immeuble du continent américain après le One World Trade Center à New York. Enfin, la ville compte de nombreux établissements d'enseignement supérieur, des musées prestigieux, des théâtres réputés et un orchestre symphonique de renommée mondiale.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire de Chicago et Chronologie de Chicago.

Avant Chicago[modifier | modifier le code]

Fort Dearborn en 1803.

Avant l'arrivée des premiers Européens, la région de Chicago est occupée par les Amérindiens Potéouatamis qui succèdent, vers le milieu du XVIIIe siècle, aux Miamis et aux Sauk et Fox[20]. Le nom de la ville proviendrait du mot miami-illinois « sikaakwa » »[21],[22],[23], déformé par les Français en « Chécagou » ou « Checaguar », qui signifie « oignon sauvage »[24], « marécage » ou encore « mouffette », ce qui en dit long sur l'odeur pestilentielle régnant sur le site à l'origine. C'est le coureur des bois Louis Jolliet et le père jésuite Jacques Marquette qui, en 1673, revenant d'une expédition sur le Mississippi, parviennent à l'emplacement actuel de Chicago. Le site de Chicago fait d'abord partie du Pays des Illinois, dans la Louisiane française. Les Britanniques s'emparent de la région en 1763 au terme de la guerre de Sept Ans mais un nouveau conflit éclate (Rébellion de Pontiac) sur ce territoire qui prend le nom de « Territoires Indiens ». Cet ancien point de passage et de liaison des Amérindiens, des explorateurs et des missionnaires, entre le Canada et le bassin du Mississippi, devient un poste permanent de traite des fourrures.

Buste de Jean-Baptiste Pointe DuSable (1745-1818).

Au XVIIe siècle, fort Chécagou ou fort Chicago est une forteresse, probablement occupée moins d'une année durant l'hiver 1685 ; le nom est désormais associé à un mythe selon lequel un Français y possède une garnison militaire. Deux mentions de ce fort qui apparut sur plusieurs cartes de la région au XVIIIe siècle existent ; celle indiquant que le fort fut construit en 1685, et celle indiquant qu'Henri de Tonti envoya Pierre-Charles de Liette comme commandant du fort jusqu'en 1702. Cependant, aucune preuve archéologique ne vient confirmer ces annotations cartographiques. Le premier établissement permanent est fondé par Jean Baptiste Pointe du Sable à la fin du XVIIIe siècle[25]. Ce mulâtre, fils d'un marin français et d'une mère africaine esclave, est originaire de la colonie française de Saint-Domingue. Il épouse une Amérindienne[26] et s'installe à l'emplacement actuel de Chicago, où il établit un comptoir commercial.

Durant la guerre d'Indépendance (1775-1783), le colonel George Rogers Clark s'empare de la totalité du pays des Illinois au nom de la Virginie et le transforme en « comté d'Illinois » afin d'exercer un gouvernement théorique sur la région. En 1795, par le traité de Greenville et sous la contrainte du colonel Anthony Wayne, les Amérindiens doivent céder les terres situées à proximité de l'estuaire de la rivière Chicago. En 1803, l’achat des immenses territoires de la Louisiane française par les États-Unis renforce l'importance stratégique du lieu. La même année, le capitaine John Whistler arrive sur le site puis érige le Fort Dearborn en 1808[27]. Entre-temps, la région de la future Chicago est intégrée au Territoire du Nord-Ouest (1787-1809), puis au Territoire de l'Illinois (1809), avant de faire partie, depuis 1818, de l'État de l'Illinois. En 1821 et 1833, deux accords issus du traité de Chicago ont été conclus et signés entre les États-Unis et les peuples amérindiens Outaouais, Ojibwés et Potéouatamis (tous les trois représentés à travers le Conseil des Trois Feux) afin que ces derniers cèdent de plus grandes terres pour permettre la fondation et l'expansion de ce qui deviendra la ville de Chicago[28],[29].

Une « ville champignon » (1833-1871)[modifier | modifier le code]

Les ruines du centre de Chicago après le Grand incendie de 1871.

Le , la ville de Chicago se constitue avec une charte[N 1]. Elle reçoit une charte par l'État de l'Illinois le pour se constituer en municipalité dirigée par un maire et six subdivisions appelées « wards »[30]. Pourtant, les contraintes naturelles du site posent rapidement des problèmes d'aménagement. Chicago souffre d'un environnement marécageux qui rend très difficile l'installation de routes et d'égouts. Le développement effréné génère beaucoup de déchets industriels qui sont rejetés dans la rivière, provoquant de graves problèmes de santé publique et de contamination de l'eau potable. Pour remédier à la situation, les autorités engagent des travaux importants afin de surélever les infrastructures et d'implanter un réseau d'évacuation des eaux usées dans les années 1850. Elles décident, en 1900, de détourner la rivière pour préserver l'eau potable du lac, en creusant un canal (Chicago Sanitary and Ship Canal) qui s'ouvre sur le Mississippi. Le canal étant plus profond que le lit de la rivière, le cours fut inversé, protégeant ainsi le lac des déversements polluants. Les berges de la rivière elle-même subiront des transformations majeures, principalement à partir des années 1970, jusqu'à devenir un des pôles touristiques majeurs de la ville.

Chicago est une « ville champignon » qui grandit grâce à l'afflux d'immigrés en provenance d'Europe[31]. Dès le milieu du XIXe siècle, la présence des immigrés provoque l'essor du Know Nothing, un mouvement nativiste. Son candidat, Levi Boone, soutenu par la Chicago Tribune, est élu maire[32]. Il mène une politique discriminatoire et prohibitionniste, particulièrement préjudiciable aux immigrés allemands, ce qui provoque le , une émeute connue sous le nom de Lager Beer Riot, opposant WASP (White Anglo-Saxon Protestant) et immigrés catholiques.

En 1836, la ville devint un carrefour de communication avec le premier chemin de fer (Galena & Chicago Union Railroad) qui joint Chicago à Clinton (Iowa) à 210 km à l'ouest[33]. En 1860, onze lignes ferroviaires ont Chicago pour terminus et vingt autres y font un arrêt[34]. Débutant sur la rivière Chicago et aboutissant sur la rivière Illinois sur une distance de 155 km, le Canal Illinois et Michigan est ouvert en 1848 et permet aux bateaux circulant sur les Grands Lacs de rejoindre le Mississippi en passant par Chicago. En 1854, Chicago est le plus grand marché de céréales du pays[35]. La fondation du Chicago Board of Trade (CBOT) en 1848 s'inscrit dans ce développement économique considérable. Au XIXe siècle, Chicago fut le plus grand marché mondial du bois[36], qui était transformé dans les nombreuses scieries de la ville et dans les industries du meuble, rendant l'économie de Chicago très florissante[37].

En 1847, Cyrus McCormick, l'inventeur de la moissonneuse, installe la production de machinerie agricole à Chicago. Les premières usines sidérurgiques ouvrent en 1858. C'est en 1865 que sont inaugurés les Union Stock Yards, les abattoirs de la ville où des méthodes modernes sont rapidement appliquées par les compagnies Armour et Swift[35].

Grand Incendie et l'essor industriel (1871-1895)[modifier | modifier le code]

La boucle aérienne (Union Loop) du métro de Chicago à l'angle de Van Buren Street et Wabash Avenue vers 1900.

En , environ 10 km2[38] sont réduits en cendres par le Grand incendie de Chicago (Great Chicago Fire). Un grand nombre d'infrastructures et d'habitations, construites en bois, permettent au feu de se propager facilement. Le bilan est dramatique puisque 300 personnes trouvent la mort et 18 000 bâtiments sont détruits, jetant à la rue environ une personne sur deux. On dénombre au moins 100 000 sans-abri. Quelques années plus tard, cette catastrophe permit à Chicago de mieux se développer d'un point de vue économique et urbanistique, faisant d'elle une des villes les plus importantes du continent américain.

À la fin du XIXe siècle, l'économie de la ville se diversifie avec l'entrée dans la deuxième révolution industrielle. La reconstruction après le grand incendie de 1871 et le développement du chemin de fer stimulent les besoins en acier. Pendant la reconstruction qui fait suite au grand incendie, les abattoirs situés dans le sud de la ville connaissent un développement sans précédent grâce à la mise en service de wagons réfrigérés qui rendent possible l'expédition de la viande à New York. En 1956, les vestiges de la maison des O'Leary furent rasés pour la construction de l’Académie des Pompiers de Chicago (Chicago Fire Department Academy), un camp d’entraînement pour les pompiers de la ville. La sidérurgie et les besoins en matériel contribuent au développement des industries mécaniques : Chicago produit des machines agricoles, des équipements pour les automobiles, des wagons (Pullman Company). La confection pour homme est dynamique jusque dans les années 1920. La chimie se spécialise dans le traitement de l'eau, la production d'acide sulfurique et les phosphates. Les industries agro-alimentaires restent florissantes (transformation des céréales, conditionnement de la viande, etc).

Gravure de 1886 parue dans le journal Harper's Weekly représentant la tragédie de Haymarket Square.

En juillet 1877, les ouvriers du rail de Chicago se joignent et déclenchent une grève qui secoue les chemins de fer américains. Des affrontements entre la police et les grévistes ont lieu sur South Halsted Street et font 18 morts[39]. Environ 10 000 adjoints spéciaux, policiers et soldats poursuivent la répression pendant deux jours, provoquant 50 morts et une centaine de blessés graves parmi les grévistes. La presse adopte une attitude radicalement hostile aux grévistes ; le rédacteur en chef du Chicago Times suggère ainsi « une petite dose de strychnine ou d'arsenic » pour tous les ouvriers grévistes et vagabonds[40]. Le , des ouvriers se rassemblent à l'usine McCormick pour revendiquer la journée de huit heures de travail quotidien, pour laquelle une grève générale mobilisant 340 000 travailleurs avait été lancée. Deux jours plus tard, les policiers tuent deux grévistes[41] ce qui déclenche des émeutes qui font plusieurs morts. Sept policiers sont tués par l'explosion d'une bombe (Massacre de Haymarket Square). Quatre anarchistes sont accusés et exécutés en 1887[42],[43]. Le 1er mai sert désormais de référence à la IIe Internationale pour la fête des travailleurs. Les grévistes des usines de la Pullman Company dénoncent les baisses de salaire en 1894. À la suite de la répression organisée par le maire et le président américain Grover Cleveland[44], 12 ouvriers sont tués. Ayant participé à la grève, Eugene Debs, membre de l'American Railway Union, est arrêté par les forces de l'ordre.

L'industrialisation s'accompagne d'une paupérisation d'une partie de la population. En 1889, en réponse au mouvement social dénommé settlement movement, Jane Addams fonde la première maison (Hull House) qui sert de centre d'accueil pour les pauvres. En 1895, Florence Kelley dénonce les conditions de travail dans les sweatshops de la ville[45]. En novembre de la même année, le Chicago Times-Herald organise l'une des premières courses automobiles du pays, un concours de Chicago à Evanston. En 1905, Upton Sinclair publie La Jungle, un roman qui décrit l'exploitation des immigrés lituaniens dans les abattoirs de Chicago[46]. Les femmes de Chicago obtiennent le droit de vote aux élections municipales en 1913[42].

Grande migration (1870-1920)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grande migration afro-américaine.
State Street vers 1907.

Entre 1870 et 1900, la ville de Chicago se développe de manière spectaculaire passant de 299 000 habitants à presque 1,7 million. La ville connait alors la croissance démographique la plus rapide des États-Unis. L'économie de Chicago est alors florissante et amène des emplois à un nombre important de nouveaux résidents des communautés et des immigrés ruraux venus d'Europe. La croissance dans les secteurs de la fabrication au détail à Chicago est venue pour dominer la région du Midwest et pour influencer considérablement l'économie de la nation. Les yards d'actions des syndicats de Chicago dominent le commerce d'emballage. La ville devient le plus grand nœud de réseau de voies ferrées au monde, géré par la société Metra, disposant de plus de 200 stations réparties sur 11 lignes différentes à travers l'agglomération.

Chicago accueille des vagues d'immigrants venus d'Europe de l'Est, de la fin de la guerre civile jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. À partir des années 1910, plusieurs milliers d'Afro-Américains arrivant du Sud du pays pour fuir la ségrégation raciale devenue trop virulente s'installent à Chicago, dans l'espoir de trouver du travail dans les usines et les abattoirs de la ville. Ce mouvement, suscité par la ségrégation raciale, est appelé « Grande migration ». Avec ces nouvelles populations, concurrentes en matière de logement limité, et les travaux, particulièrement dans les quartiers sud de la ville (South Side), les tensions sociales montent dans la métropole. Dans les années 1920, on dénombre quelque 50 000 membres du Ku Klux Klan à Chicago.

En 1910, exaspérés par la victoire du boxeur noir Jack Johnson au championnat du monde poids lourds, des groupes racistes s'attaquent à des Noirs pris au hasard dans plusieurs villes, dont en particulier Chicago et New York, faisant des dizaines de morts[47].

Les années qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale sont les plus difficiles, lorsque la ville applique la ségrégation comme dans le sud du pays. Les Noirs sont alors séparés des Blancs, ayant chacun leurs écoles, leurs lieux publics, et leurs lieux de travail. Ils subissent la discrimination dans l'exercice de leurs droits politiques, n'ayant ainsi pas le droit de voter, et durant leur scolarité, restent souvent analphabètes. Dans le milieu professionnel, ils se retrouvent, la plupart du temps, au chômage ou cantonnés aux emplois les moins qualifiés. Les vétérans noirs recherchent plus de respect pour avoir servi leur nation[48],[49].

Émeute de 1919[modifier | modifier le code]

Rassemblement à l'angle de la 35e et de State Street pendant l'émeute de 1919.

Quelques mois après la réélection au poste de maire de William Hale Thompson, éclate à Chicago une émeute raciale, le dimanche . Déclenchée à la suite du meurtre d’un jeune Noir à la suite d'un jet de pierre, elle se propage à d'autres villes importantes à travers le pays et ne se termine que le 3 août, après l'intervention de plus de 6 000 gardes nationaux. Rien qu'à Chicago, ces émeutes durent 13 jours, font 38 morts, 537 blessés et des centaines de sans-abri[48],[49]. Une grande partie de cette violence est menée par des membres des clubs sportifs irlandais, qui ont beaucoup de puissance politique dans la ville et défendent leur « territoire » contre les Afro-Américains.

La population afro-américaine passe de 15 000 personnes en 1890[50] à 44 000 en 1910[51] et 234 000 en 1930[52]. La communauté noire commence à s'organiser : ainsi le Chicago Defender est le premier journal consacré aux Noirs de la ville. Chicago devient un foyer majeur du jazz américain.

Lorsque l'émeute éclate, le maire se trouve à Cheyenne dans le Wyoming pour la célébration des Frontier Days. Il rentre d'urgence à Chicago, alors que l'émeute est à son paroxysme. Malgré l'avis de ses conseillers, il refuse tout d'abord de faire intervenir la milice de l'Illinois afin de renforcer la police de Chicago. Ce n'est pas avant le 30 juillet, voyant s'accumuler le nombre de morts, de blessés et d'habitants dont les maisons ont été détruites, qu'il se décide à demander l'intervention des gardes nationaux. Sa gestion plutôt hésitante de la crise ne lui vaut pas pour autant la défiance des Noirs qui voient en lui le politicien qui leur est alors le plus favorable.

Temps des gangs et de la Prohibition (1890-1935)[modifier | modifier le code]

La maison d'Al Capone dans les années 1920, au 7244 South Prairie Avenue, dans le secteur de Greater Grand Crossing.

Les années allant de la fin du XIXe au début du XXe siècle sont marquées par la présence de nombreux gangs qui se partagent le Nord et le Sud de la ville. Les secteurs se trouvant juste au sud-ouest de Downtown sont dominés par la Mano Nera (ou Main Noire), notamment le quartier de Little Italy. James Colosimo, surnommé « Big Jim » dans le milieu, réussit à s'imposer dans le quartier italien et à centraliser tous les gangs. Colosimo est né en Calabre en 1877 et émigre en 1895 à Chicago, où il devient criminel. En 1909, il domine la Mano Nera. Pour l'épauler, il fait venir son neveu Johnny Torrio de New York. Torrio amène Al Capone avec lui. Colosimo s'oppose à l'ambition de Torrio pour développer les affaires. En 1920, Torrio s'arrange avec Frankie Yale pour éliminer Colosimo.

Pendant la Prohibition, Chicago devient la capitale du crime organisé autour des figures de Frank Nitti, Bugs Moran et Al Capone[53]. Les gangsters de la ville profitent de sa situation proche du Canada, d’où viennent les cargaisons d’alcool de contrebande[54]. Surtout, ils trouvent des complicités auprès de juges, de politiciens municipaux et de policiers corrompus. En 1929, la guerre des gangs fait 29 morts dans la ville[55].

Le , une fusillade entre les deux principaux gangs fait sept morts : on parle alors du Massacre de la Saint-Valentin[56]. C'est le temps des gangsters, de la corruption, de la violence, et de l'après  : John Dillinger, célèbre braqueur de banque, est tué en 1934 au cours d'une fusillade avec les agents fédéraux dirigés par Melvin Purvis[57], dans le secteur de Lincoln Park alors qu'il sortait d'un cinéma en compagnie de sa fiancée Polly Hamilton. Selon les informations du FBI, Dillinger a été dénoncé par Ana Cumpanas, propriétaire d'une maison close. Les Incorruptibles (Untouchables) est le surnom qui est donné par la presse américaine à un groupe d'agents du trésor américain (le plus célèbre est Eliot Ness) qui lutte pour faire respecter la prohibition. Ils menèrent une enquête longue et rigoureuse sur les différents gangs de la ville et en particulier sur Al Capone qui est finalement arrêté et emprisonné sur l'île d'Alcatraz, près de San Francisco. Capone meurt d’une crise cardiaque dans sa propriété de Floride en 1947.

L'ascension puis la chute de l'empire d'Al Capone dans les années 1920 et 1930 ainsi que son arrestation pour fraude fiscale n'a pas définitivement mis un terme au crime organisé dans la ville de Chicago. En effet, son gang est largement relayé depuis, car la mafia de Chicago, connue sous le nom d'Outfit (« l'équipe » en anglais), n'a jamais cessé ses activités et existe encore de nos jours. Aujourd'hui, le noyau de l'organisation ne comprendrait que 200 à 300 membres affranchis et environ 1 250 associés, c'est-à-dire moins que les organisations criminelles des autres villes. Les domaines dans lesquels ils opèrent incluent le prêt à taux usurier, la prostitution, les assassinats, le racket, les cambriolages, les braquages, les escroqueries financières, le blanchiment d'argent, le trafic de drogue, les trafics en tous genres, l'évasion fiscale ou encore les vols de voitures.

Chicago, foyer de modernité (1871-1950)[modifier | modifier le code]

L'exposition universelle de 1893 (World Columbian Exposition) à Jackson Park, dans le South Side.

Sur le plan culturel, architectural et urbanistique, de la fin du XIXe siècle jusque dans la première moitié du XXe siècle, Chicago se présente comme un « laboratoire d'idées novatrices[58] ». L'aspect de la ville change fondamentalement. Le Grand incendie de 1871 permet aux urbanistes de penser à une reconstruction de la ville selon des critères modernes. L'exposition universelle (World Columbian Exposition) attire 27 millions de visiteurs en 1893[59]. Elle est l'occasion pour les promoteurs du mouvement architectural City Beautiful de réaliser plusieurs édifices qui font désormais partie du patrimoine de Chicago : le musée des sciences et de l'industrie (MSI) dans le secteur de Hyde Park et le célèbre métro aérien de l'Union Loop dont le trajet forme une boucle qui délimite le secteur financier du Loop. Quelques années plus tard, fleurit l'école d'architecture de Chicago, qui connait un rayonnement international. La ville devient le laboratoire d'expériences architecturales : en 1885, le Home Insurance Building, premier gratte-ciel au monde y est construit. Frank Lloyd Wright arrive à Chicago en 1889 et élabore un nouveau style d'architecture domestique, les prairie houses. En 1909, l'architecte-urbaniste Daniel Burnham créé le Chicago Plan Commission, une commission mise en place pour élaborer le plan de Chicago de 1909, connu sous le nom de « Plan Burnham ». Il s'agit d'un nouveau plan d'urbanisme qui prévoit la restructuration urbaine du centre-ville, la rénovation et l'élargissement de boulevards déjà existants, la construction de plusieurs bâtiments municipaux, la mise en place d'un nouveau chemin de fer, la construction d'installations portuaires et l'aménagement de nombreux espaces verts dans les quartiers situés en bordure du lac Michigan[60]. Chicago accueille l'architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe dès 1938 qui contribue à diffuser l'influence du Bauhaus en Amérique.

Le Home Insurance Building en 1885, devient le premier gratte-ciel au monde.

La période 1871-1950 voit la création d'institutions culturelles qui font encore aujourd'hui la réputation de Chicago. En 1893, le Chicago Cultural Center devient la plus importante bibliothèque municipale, avant de devenir en 1977, le Centre d'art et de Culture de la ville. En 1991, la Harold Washington Library devient la bibliothèque centrale de Chicago. L'Art Institute of Chicago (1879), le musée Field d'histoire naturelle (1893) et le musée des sciences et de l'industrie (1933) comptent parmi les musées les plus importants des États-Unis. En 1889, l'Auditorium Theatre ouvre ses portes et accueille plusieurs compagnies de danse dont le Joffrey Ballet. Fondé en 1891, l'Orchestre symphonique de Chicago est l'un des plus anciens et des plus importants du continent américain.

Chicago devient un foyer culturel rivalisant avec les métropoles de la côte est des États-Unis, notamment New York. L'université de Chicago est inaugurée en 1892, grâce au don de l'entrepreneur John Davison Rockefeller. Elle se développe sur le modèle des universités allemandes et ouvre dès le début ses portes aux filles et aux Noirs[58]. L'université se distingue par la création d'un département de sociologie dès 1892 (école de Chicago) qui connaît son âge d'or entre 1918 et 1935[61]. Les sciences naturelles sont également bien représentées : l'université de Chicago fut le site de la première réaction nucléaire contrôlée, réalisée le par le physicien Enrico Fermi.

Enfin, Chicago devient avec La Nouvelle-Orléans l'un des berceaux du jazz au début du XXe siècle[62]. C'est le qu'est enregistré Livery Stable Blues par l'Original Dixieland Jazz Band[63], un quintette formé de musiciens Blancs mené par le cornettiste Nick La Rocca. Dans les années 1920, la ville accueille également Louis Armstrong, qui fait ses premiers enregistrements et travaille avec Joe « King » Oliver[64]. Une des principales raisons de la venue de musiciens Noirs à Chicago est la fermeture par décret de « Storyville », le quartier des spectacles de La Nouvelle-Orléans, déclenchant ainsi un important mouvement d'arrivée de musiciens dans la ville. À l'époque, le Friar's Inn était le lieu de prédilection de tous les amateurs de jazz de Chicago.

Crise économique et urbaine (1950-1990)[modifier | modifier le code]

Les abattoirs de New City (Union Stock Yards) en 1947.

Amorcée pendant la guerre, l'immigration afro-américaine augmente fortement dans la ville. Les industries les plus gourmandes en superficie comme la viande et la sidérurgie ferment. Chicago réussit le tournant de l'aérien et s'affirme comme métropole mondiale. La ségrégation spatiale et la forte poussée démographique et culturelle de la communauté afro-américaine est marquée par l’action du démocrate Richard Joseph Daley, maire de Chicago de 1955 à 1976. Pendant les 21 années de son mandat, il dote la ville d'un palais des congrès, de plusieurs voies rapides dont la Kennedy Expressway, la Northwest Expressway, la Chicago Skyway, la Dan Ryan Expressway et la Southwest Expressway[N 2], aménage l'aéroport international O'Hare en 1963 et développe le secteur du Loop où plusieurs tours sortent de terre. Construite entre 1970 et 1973, la Willis Tower devient l’une des fiertés de la ville. Avec ses 110 étages et 442 mètres de haut, l’immeuble reste le plus haut du monde jusqu’en 1998 et le deuxième plus haut de l'hémisphère ouest à ce jour. Les ghettos noirs sont en partie rénovés[65]. La foire internationale de 1959 célèbre l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent et Chicago reçoit la visite de la reine Élisabeth II. Cependant, les mandats de Richard Daley sont marqués par la désindustrialisation : alors qu'en 1954 Chicago est la première ville américaine pour la production d'acier[66], la décennie suivante voit des fermetures en cascade. La sidérurgie n'est pas le seul secteur économique touché : les abattoirs sont délocalisés à Kansas City en 1971 ; le chômage augmente et les friches industrielles se multiplient.

À partir des années 1950, les classes aisées et moyennes quittent la ville pour s’installer dans les banlieues. Le , un incendie se déclare à l’école Notre-Dame des Anges dans le quartier de Humboldt Park : 92 étudiants et trois religieuses périssent dans la tragédie[67]. Ce drame favorise l’amélioration des dispositifs anti-incendie dans les établissements scolaires du pays. En 1963, des boycotts des écoles publiques noires sont organisés pour protester contre les classes surchargées et la ségrégation opérée par le Chicago Public Schools[65]. En 1966, Martin Luther King Jr. lance une campagne contre la discrimination, le Chicago Freedom Movement. Une partie du mouvement pour les droits civiques se radicalise avec le Black Panther Party : le maire de l'époque fait assassiner deux membres influents par la police[68]. Le , plusieurs quartiers noirs de West Side sont le théâtre de violentes émeutes[69] qui font trois morts[70].

Les 4 et 5 avril 1968, des émeutes surviennent après l’assassinat de Martin Luther King Jr. dans les quartiers noirs de West Side et de South Side. La garde nationale doit intervenir et le bilan est de neuf morts[71]. En août de la même année, pendant la Convention du Parti démocrate, le maire mène une politique répressive qui donne lieu à 660 arrestations, 1 000 blessés et un mort[71]. Il faut attendre 1983 pour voir la ville élire son premier maire noir, Harold Washington. Il décède durant son mandat d'une crise cardiaque en 1987, peu de temps après avoir été réélu pour un second mandat.

Entre le 13 et le 14 janvier 1979, soit 12 ans après le blizzard de 1967, une tempête de neige majeure touche Chicago et sa région[72]. Le 13 janvier, 41,9 cm de neige tombent sur Chicago, établissant un nouveau record de neige en une seule journée, après celui de 1967. À la fin du 2e jour, 47,8 cm de neige est tombée. Cela entraîne d'importantes complications sur le réseau de transports en commun de la Chicago Transit Authority (CTA), particulièrement pour le métro aérien sur l'Union Loop, dont les rails sont gelés. La réponse de l'administration du maire, Michael A. Bilandic, à ces intempéries est si lamentable qu'elle aboutit à l'élection de Jane Byrne, la première femme à accéder au poste de maire de Chicago.

Le 13 avril 1992, une inondation a lieu dans le secteur financier du Loop lorsque la paroi d'un tunnel de service passant sous la rivière Chicago, endommagée, ouvre une brèche qui laisse selon les estimations, un million de mètres cubes d'eau inonder les sous-sols et les équipements souterrains dans tout le quartier[73]. Connue sous l'expression de « Chicago Flood », cette inondation cause de nombreux dégâts dont le montant est estimé à environ 1,95 milliard de dollars. C'est l'une des plus grandes catastrophes que la ville a connues, après le grand incendie de 1871 et le déraillement du métro sur l'Union Loop en 1977[74].

Innovations et rayonnement international (1990-2010)[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, Chicago gagne à nouveau des habitants. Certains quartiers connaissent depuis quelques années un processus de gentrification, comme dans d’autres villes américaines. Ils sont rénovés et attirent de nouveau une population de classe moyenne voire aisée. Les quartiers résidentiels du nord de la ville sur le front de lac connaissent un renouveau démographique.

L’ambition de Richard M. Daley, fils de Richard J. Daley et maire de Chicago de 1989 à 2011, a été de favoriser la protection de l’environnement tout en maintenant Chicago parmi les métropoles mondiales les plus influentes. Les récents aménagements et les projets marquent cette ambition. Un grand nombre de gratte-ciel sortent de terre, manifestant ainsi la prospérité économique de Chicago. La superficie des espaces verts s'étend et le centre-ville est rendu plus sûr la nuit. Le dernier projet en date est la Chicago Spire : les travaux commencés en juin 2007 et devant s'achever en 2012 ont été stoppés à la suite de la crise financière de 2008[75], sans date de reprise. L'édifice devait alors être le plus haut du continent américain avec 150 étages pour 609,60 mètres de hauteur[76].

Avec un nouvel horizon d'ici à 2020, le centre-ville se développe plus rapidement avec une atmosphère plus dense et plus respirable. Le département des buildings (Chicago Department of Buildings) est un organisme de la ville responsable de l'application du Code du bâtiment à Chicago, régissant la construction et la réhabilitation ainsi que l'entretien des bâtiments, et le district des parcs de Chicago (Chicago Park District), l'organisme chargé de la gestion des parcs et des espaces verts municipaux travaillent ensemble sur le projet de rétablissement de la biodiversité et de la réhabilitation des secteurs endommagés par la restauration de certains bâtiments de la ville ainsi que par la création de nouveaux édifices, comme la création de jardin sur les toits des gratte-ciel à surface plate. C'est le cas notamment de l'hôtel de ville de Chicago (Chicago City Hall), qui depuis plusieurs années est doté d'un toit vert.

Vue sur Downtown Chicago avec de gauche à droite : l'Aon Center, le Two Prudential Plaza, la Trump Tower et la Willis Tower depuis le John Hancock Center.

En matière de criminalité, la ville a presque définitivement fait oublier sa mauvaise réputation, héritée de la période agitée de la prohibition dans les années 1930. En 2006, elle ne faisait plus partie de la liste des 25 villes américaines les moins sûres[77]. Cette baisse du sentiment d'insécurité est dû au renforcement de la présence policière, quasi permanente dans certains secteurs de South Side et de West Side qui sont restés pendant longtemps mal réputés.

Le 16 mai 2007, la ville de Chicago est sélectionnée par le Comité international olympique (CIO) comme l'une des quatre villes candidates officielles à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2016[78]. Ses concurrentes sont Madrid, Rio de Janeiro et Tokyo[79]. Malgré le soutien de nombreuses personnalités influentes, Chicago est éliminée dès le premier tour.

En 2008, Chicago obtient le titre de « Ville de l'année » par le magazine GQ pour ses récentes innovations architecturales et littéraires, son monde de la politique, ses musées réputés, ses universités prestigieuses, et son centre-ville qui est au premier plan dans les films The Dark Knight : Le Chevalier noir en 2008[80] et Transformers 3 : La Face cachée de la Lune en 2011[81]. La ville est également évaluée, en 2003, comme ayant l'économie la plus équilibrée des États-Unis en raison de son niveau élevé de diversification[82]. En 2009, la société de services financiers UBS place Chicago à la 9e place sur la liste des villes les plus riches du monde[83]. En 2014, Chicago se trouve à la 5e place des villes américaines les plus visitées[18].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de Chicago.
Image satellite de Chicago.

Situation et cadre physique[modifier | modifier le code]

Chicago se situe dans le Centre-Nord des États-Unis, plus précisément dans le Nord-Est de l'État de l'Illinois, dont la capitale est Springfield. Elle se trouve au centre de la région agricole du Midwest (aussi appelée Middle West), une entité géographique comprenant huit États de la région des Grands Lacs. Ses coordonnées géographiques sont 41° 52′ 55″ N, 87° 34′ 40″ O, soit la même latitude qu'Ajaccio, Rome ou Hakodate. Au cours des XIXe et XXe siècles, le territoire de la ville de Chicago se développe vers l'ouest et sur les rives du lac Michigan et atteint une longueur nord-sud d'environ 45 km[84],[85] sur une largeur est-ouest de 25 km, comprenant une superficie totale de 606 km2 (dont 588 km2 de terre et 18 km2 d'eau). Les communes de Norridge et de Harwood Heights sont enclavées dans la ville de Chicago, dans sa partie nord-ouest. La majeure partie du territoire de la ville se situe dans le comté de Cook, tandis qu'une petite portion du secteur où se trouve l'aéroport international O'Hare est située dans le comté de DuPage. Il est relativement facile de se repérer dans Chicago, étant donné que les rues sont construites suivant un schéma rectangulaire. La ville est couverte par deux indicatifs téléphoniques régionaux : l'indicatif 312 (qui se restreint à Downtown Chicago) et l'indicatif 773 (qui coïncide avec tout le reste du territoire de la ville de Chicago, hormis Downtown).

Chicago se trouve à 703 km à l'ouest-sud-ouest de Toronto, la plus grande ville canadienne, à 957 km à l'ouest-nord-ouest de Washington, la capitale fédérale[84], à 1 146 km à l'ouest de New York, à 1 341 km au nord de la Nouvelle-Orléans et à 2 803 km à l'est-nord-est de Los Angeles[86]. Enfin, Chicago appartient à trois ensembles économiques importants : l'ancienne région industrielle de la Manufacturing Belt (la « ceinture des usines »), désormais appelée Rust Belt (« ceinture de la rouille »), la région agricole du Midwest (plus connue sous l'appellation de « Corn Belt »), et la voie de transport des Grands Lacs. Cette situation avantageuse explique en partie l'essor de l'agglomération.

Le phare de Chicago, baigné par le lac Michigan, garde l'entrée de la ville et du port de Chicago.

La ville a une altitude moyenne d'environ 176 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer[84],[85]. Le point le plus élevé (224 m) se trouve au sud de la ville, dans le quartier résidentiel de Hegewisch. Le site de Chicago a longtemps été une plaine marécageuse (Chicago Plain) drainée par la rivière Chicago et la rivière Calumet. Plus à l'ouest coule la rivière Des Plaines qui se jette dans la rivière Illinois, un affluent du Mississippi. Chicago se trouve donc sur la ligne de partage des eaux entre l'Atlantique et le Golfe du Mexique. Tous ces cours d'eau sont reliés entre eux par des canaux. Dans le sud-est de la ville se trouve le lac Calumet, une grande étendue d'eau qui, autrefois, se déversait par l'émissaire de la rivière Calumet vers le lac Michigan par l'intermédiaire de deux bras, le petit Calumet et le grand Calumet.

Chicago repose sur un soubassement rocheux datant du Silurien (entre 443,7 à 416 millions d'années) recouvert par les dépôts sédimentaires au cours de la dernière glaciation du quaternaire (Equality Formation)[87]. Le Lac Michigan se forme à la fin de la dernière ère glaciaire (glaciation du Wisconsin), il y a environ 10 000 ans, quand l'inlandsis laurentidien recule en laissant de grandes quantités d'eau de fonte. La région des Grands Lacs fait partie de la grande dépression centrale d'Amérique du Nord s'étendant vers le sud en direction de la plaine du Mississippi. Une partie de la rive actuelle est l'effet d'une poldérisation réalisée avec les remblais du grand incendie de 1871. Le lac Michigan a toujours représenté une source d'eau potable et une voie de transport importante, faisant la liaison avec les autres Grands Lacs. Il a permis l'installation du port de Chicago et le développement d'activités de loisirs.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de Chicago.
Graphique climatique de Chicago.

D'après la classification de Köppen avec la station Midway : la température moyenne du mois le plus froid est inférieure à °C (janvier avec −3,7 °C) et celle du mois le plus chaud est supérieure à 10 °C (juillet avec 24,3 °C) donc c'est un climat continental. Les précipitations sont stables, donc il s'agit d'un climat continental froid sans saison sèche. L'été est chaud car la température moyenne du mois le plus chaud est supérieure à 22 °C (juillet avec 24,3 °C).

Donc le climat de Chicago est classé comme Dfa[88],[89] dans la classification de Köppen, soit un climat continental humide avec été chaud.

Située à l'intérieur des terres, la ville est marquée par le caractère continental du climat et la circulation méridienne des masses d'air : la température moyenne annuelle est de 11 °C. L'amplitude thermique annuelle est forte (28 °C) ; les précipitations qui sont à peine supérieures à 900 mm par an sont plus irrégulières que sur le littoral atlantique et le maximum arrive en été sous forme d'averses chaudes, souvent dues à des orages de chaleur qui peuvent parfois produire de la grêle, des vents violents et plus rarement des tornades[90]. La température et le temps peuvent changer brutalement en hiver comme en été[91].

Les hivers sont froids voire rigoureux : le gel persiste longtemps, généralement de novembre à mars. Il est engendré par les descentes d'air froid (coldwaves) depuis le Canada qui ne trouvent aucun obstacle montagneux[91]. Le lac Michigan gèle partiellement chaque hiver. Si la neige peut tomber au début de l'automne et du printemps, elle est plus importante en hiver. Le blizzard se manifeste en hiver et peut paralyser la ville, comme les autoroutes et les transports en commun de la CTA. Sur l'année, il tombe en moyenne 97 cm de neige[84].

En été, les habitants de Chicago peuvent profiter des nombreuses plages de la ville comme ici à North Avenue Beach.

Les étés sont chauds et humides à cause des vagues de chaleur qui remontent du golfe du Mexique et qui provoquent des canicules puis les fameux « étés indiens » au début de l'automne. Le surnom de la « Ville des vents » (Windy City)[92] vient en partie du fait des vents qui soufflent depuis le lac Michigan et qui s'engouffrent dans les rues de la métropole. Il existe des nuances climatiques dans l'agglomération : le climat est plus tempéré sur les rives du lac Michigan, qui agit comme un régulateur thermique en rafraîchissant les températures en été, en les rendant plus douces en hiver. Chicago bénéficie d'un ensoleillement relativement élevé pour une ville du nord avec 2508.4 heures en moyenne par an.

43 °C est le record de chaleur relevé le  ; −32,7 °C est le record de froid relevé le . La rafale la plus violente jamais enregistrée a lieu le  : 140 km/h[N 3]. Au mois de juillet 1995, une canicule extrême de plusieurs jours consécutifs de 37 °C à 41 °C avec un indice de chaleur de 52 °C a causé la mort de centaines de personnes[93]. Le , une tempête de neige majeure touche la région de Chicago ; la hauteur de neige atteint les 58,4 cm en moyenne[N 4] avec des congères d'environ 1,80 mètre[N 5] dans certaines rues[94]. En 1979, une autre tempête de neige ayant affectée la ville génère de nombreuses critiques à l'encontre de la municipalité de Chicago. Les blizzards de 1967 et 1979 sont les plus virulents de l'histoire de Chicago[95].

Quelques faits météorologiques remarquables :

  • En juillet 1934, Chicago a connu six jours consécutifs avec des températures supérieure à 39 °C dont cinq consécutifs avec des températures supérieure à 40 °C.
  • En juillet 1936, la ville a connu neuf jours consécutifs au cours desquels la température a dépassé 37,8 °C soit 37,8 °C.
  • Les 27 et 28 janvier 1967, la ville est touchée par un blizzard dont la hauteur de la neige atteint le niveau record de 60 cm en 35 heures.
  • Le 2 janvier 1999, Chicago a connu la quantité de neige la plus élevée en 24 heures avec 47,2 cm.
  • Le 18 juillet 2011, la ville a connu la quantité de précipitations en 24 heures la plus élevée avec 174,2 mm relevés à O'Hare.
  • Le 6 janvier 2014, un vortex polaire a maintenu la température à −24 °C durant l'après-midi ce qui n'était que de °C supérieur à la température minimale matinale.
Relevé météorologique de Chicago - Midway (1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −7,5 −5,4 −0,4 5,2 10,7 16,3 19,4 18,7 14,2 7,5 1,5 −5,2 6,2
Température moyenne (°C) −3,7 −1,5 4,1 10,3 16,2 21,7 24,3 23,4 19,3 12,4 5,5 −1,5 10,9
Température maximale moyenne (°C) 0,1 2,5 8,7 15,6 21,6 27 29,3 28,1 24,3 17,3 9,5 2,1 15,5
Record de froid (°C) −31,7 −28,9 −21,7 −12,2 −2,2 1,7 7,8 6,1 1,1 −6,7 −19,4 −28,9 −31,7
Record de chaleur (°C) 19,4 23,9 30 33,3 38,9 41,7 42,8 38,9 38,3 34,4 27,2 22,2 42,8
Ensoleillement (h) 135,8 136,2 187 215,3 281,9 311,4 318,4 283 226,6 193,2 113,3 106,3 2 508,4
Précipitations (mm) 52,1 49 69,3 92,2 104,6 103,1 101,9 101,3 84,1 82 86,9 65,3 991,9
Source : National Oceanic and Atmospheric Administration - (Midway Int'l Airport) [96]
Relevé météorologique de Chicago - O'Hare
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −8,6 −6,6 −1,6 3,8 9,1 14,5 17,7 17,2 12,4 10 0,2 −6,3 4,9
Température moyenne (°C) −4,6 −2,4 3,3 9,4 15,1 20,5 23,3 22,4 18,1 11,4 4,6 −2,4 9,9
Température maximale moyenne (°C) −0,6 1,8 8,1 15 21,1 26,5 28,9 27,7 23,8 16,8 9 1,6 15,1
Record de froid (°C) −33 −29 −24 −14 −3 2 7 6 −2 −10 −19 −32 −33
Record de chaleur (°C) 19 24 31 33 37 40 41 39 38 34 27 22 41
Ensoleillement (h) 135,8 136,2 187 215,3 281,9 311,4 318,4 283 226,6 193,2 113,3 106,3 2 508,4
Précipitations (mm) 43,9 45,5 63,5 85,9 93,5 87,6 94 124,5 81,5 80 80 57,3 937
Source : National Oceanic and Atmospheric Administration - (O'Hare Int'l Airport)


Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Subdivisions de la ville[modifier | modifier le code]

Secteurs et quartiers[modifier | modifier le code]

Carte de la ville de Chicago représentée avec ses 77 secteurs communautaires.

La ville de Chicago est divisée en 77 secteurs communautaires[97] (en anglais : Community Areas), définis à la fin des années 1920 par le comité de recherche en sciences sociales de l'université de Chicago. Ces secteurs communautaires furent essentiellement créés pour les données démographiques et statistiques de la ville de Chicago et du bureau du recensement des États-Unis et servent également de base à une variété d'initiatives en matière de planification urbaine, à la fois au niveau local et municipal.

Longtemps terre d'immigration, Chicago compte parmi ses habitants de nombreuses communautés d'origine étrangère, comprenant ainsi des Irlandais, des Italiens, des Russes, des Allemands, des Espagnols, des Polonais[N 6], des Chinois, des Coréens et des Mexicains. Elles affichent une volonté d'intégration, même si chacune reste attachée au quartier de sa communauté, et sont l'exemple vivant d'un « creuset démographique » (melting pot) qui, ici plus que partout ailleurs aux États-Unis, donne à la ville son caractère cosmopolite.

D'un point de vue géographique, la ville de Chicago est divisée par la rivière Chicago (Chicago River) en quatre sections : North Side, Downtown, West Side et South Side qui incluent chacune de nombreux secteurs et quartiers de la ville. La section correspondant à Downtown Chicago est la plus petite et se compose des trois secteurs centraux qui constituent le centre-ville (ainsi que le central business district) : Near North Side, Loop et Near South Side. La section la plus grande est celle de South Side qui couvre à elle seule environ 60 % de la superficie totale de Chicago.

Chicago compte environ 228 quartiers (Neighborhoods) répartis à travers les 77 secteurs communautaires de la ville. Il s'agit pour certains d'entre-eux de quartiers « ethniques » qui maintiennent chacun une identité forte ; les plus connus sont situés non loin du secteur financier du Loop, comme Little Italy, Chinatown, Pilsen, Bronzeville, Greek Town, Bridgeport, Little Vietnam, Indian Village et Ukrainian Village ainsi que des quartiers allemands, polonais, afro-américains et hispano-américains, qui n'en sont pas très éloignés. La ville possède aussi des quartiers qui, sans être ethniques, sont très attractifs pour leurs habitants comme pour les visiteurs. Ainsi, Rogers Park, dans le North Side, secteur étudiant connu pour abriter l'université Loyola, passe pour être l'un des plus prisés de la ville. North Center et Uptown sont deux secteurs liés aux affaires et dotés de nombreux centres commerciaux, boutiques et restaurants. Jefferson Park, un secteur historique et populaire du nord de la ville, connu à Chicago pour son parc éponyme. Lakeview, situé au nord de Lincoln Park, est l'un des secteurs les plus dynamiques de la ville et jugé très attrayant avec ses bars, ses boîtes de nuit et ses commerces. Le secteur de Lincoln Park est surtout connu pour être le secteur comprenant le plus grand parc public urbain de toute la ville, Lincoln Park. Dans le South Side, le secteur historique de Pullman est connu pour avoir abrité les usines et les employés de la Pullman Company et le secteur de Hyde Park pour renfermer dans ses limites l'université de Chicago et Jackson Park.

Downtown Chicago[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Downtown Chicago.
Loop[modifier | modifier le code]
Le circuit aérien du métro, dont le tracé forme une boucle appelée Union Loop, se trouve au cœur du centre de Chicago, d'où le nom du secteur financier du Loop.

Le secteur du Loop (qui signifie en français « la boucle ») représente la partie centrale de Downtown Chicago, qui est le deuxième plus important quartier d'affaires des États-Unis après Manhattan à New York. Le secteur du Loop s'étale sur plusieurs kilomètres de long entre les rives du lac Michigan et celles de la rivière Chicago. Il comprend plusieurs quartiers dont New Eastside, situé dans le nord-est du Loop, qui présente la particularité de posséder un réseau de rues qui s'enchevêtrent sur un triple niveau, South Loop, un quartier récent et animé, et Printer's Row, le « quartier des artistes ». La partie Est du secteur du Loop se compose de Grant Park qui renferme en son sein le Millennium Park.

L'Union Loop est l'infrastructure aérienne du métro de Chicago où s'entrecroisent toutes les lignes du réseau (hormis la ligne jaune) et dont le circuit en forme de boucle se trouve au cœur du Loop, d'où le nom du secteur. Il s'agit de l'un des réseaux de métro les plus anciens du monde.

Le système de numérotation des rues de la ville commence dans le Loop à l'intersection de State et Madison, marquant ainsi l'importance de ce quartier pour l'ensemble de la ville. Ce secteur, autrefois mal famé, a laissé place aux centres financiers, aux commerces et aux immeubles de grande hauteur qui constituent une partie de la skyline. Il est bordé au nord et à l'ouest par la rivière Chicago, à l'est par le lac Michigan et au sud par la Roosevelt Road. Il abrite de nombreux gratte-ciel, dont le Home Insurance Building (détruit en 1931), considéré comme le plus ancien au monde et la Willis Tower, le deuxième plus haut du continent américain après le One World Trade Center de New York.

Streeterville[modifier | modifier le code]

Situé dans le secteur de Near North Side, le quartier de Streeterville comprend de nombreux hôtels, des restaurants, des boutiques de luxe, des immeubles résidentiels de grande hauteur, des universités, des installations médicales, et des lieux culturels[98]. Le quartier connait, ces dernières années, un essor économique et de nombreux terrains vagues dans Streeterville sont reconvertis en propriétés résidentielles et commerciales. Plusieurs quartiers historiques se trouvent à Streeterville dont le Old Chicago Water Tower District et le Michigan–Wacker Historic District. Le Old Chicago Water Tower District comprend des édifices prestigieux comme la Chicago Water Tower, un château d'eau en forme de tour de style néo-gothique, et la Pumping Station, une station de pompage datant tous les deux de 1869. Le Michigan–Wacker Historic District s'étend autour du pont de Michigan Avenue et comprend la Tribune Tower, siège de Chicago Tribune, le Wrigley Building ainsi que plusieurs bâtiments historiques datant des années 1920 tels que le 333 North Michigan.

Principaux quartiers ethniques[modifier | modifier le code]

Chinatown[modifier | modifier le code]
Wentworth Avenue de nuit, l'artère principale de Chinatown, avec le Pui Tak Center (à gauche).

Situé dans le secteur d'Armour Square, au sud-ouest du Loop, le quartier chinois est très caractéristique avec sa rue commerçante, son hôtel de ville chinois et sa chambre de commerce (tous deux regroupés au sein du Pui Tak Center), son temple chinois, son musée Ling Long (qui retrace l'histoire des habitants du quartier), et son parc asiatique : le Ping Tom Memorial Park. Aujourd'hui, il abrite encore des descendants des premiers immigrants chinois arrivés dans la ville vers 1870[99], longtemps après les premiers peuplements de la Californie, de l'Oregon et de Washington, et ceux de la seconde vague d'immigration, qui vinrent s'établir dans les années 1950 et 1960 après la révolution communiste en Chine[100].

Le quartier chinois de Chicago est réputé pour ses nombreuses banques, ses restaurants chinois, ses boutiques, ses épiceries, ses magasins de médecine chinoise, et possède un grand nombre de services destinés aux personnes s'intéressant à la culture chinoise.

Outre le fait qu'il abrite une communauté chinoise, le quartier constitue un centre d'affaires d'importance régionale pour les Chinois vivants dans la région du Midwest, ainsi qu'une destination touristique. Le quartier chinois de Chicago est le troisième du pays en nombre d'habitants, derrière ceux de New York et de San Francisco. Chicago possède d'autres quartiers asiatiques comme Little Vietnam qui se trouve dans le secteur de Uptown où vit une population majoritairement d'origine vietnamienne, cambodgienne, thaïlandaise et laotienne.

Bronzeville[modifier | modifier le code]
L'ensemble de Prairie Shores dans le quartier de Bronzeville.

Bronzeville est le principal quartier afro-américain de Chicago. Il s'étale sur les secteurs de Douglas et Grand Boulevard autour de l'Institut de Technologie de l'Illinois. Dans ce quartier se trouvent le Wabash Avenue YMCA, un centre social historique et la Ida B. Wells-Barnett House, résidence de l'avocate des droits civiques Ida B. Wells. Érigé en 1927 dans Bronzeville, le Victory Monument est un Chicago Landmark[101] dédié au 8e régiment de la Garde nationale de l'Illinois, une unité afro-américaine qui a servi en France pendant la Première Guerre mondiale.

Au début du XXe siècle, Bronzeville est connu comme étant « la métropole noire » ; le quartier est l'un des Chicago Landmarks les plus significatifs de la nation en matière d'histoire urbaine afro-américaine. Entre 1910 et 1920, pendant la crête de la « Grande migration », la population du secteur augmente considérablement alors que des milliers d'Afro-Américains, opprimés et chassés par les Sudistes, émigrent à Chicago à la recherche d'un emploi dans l'industrie[102].

Pilsen[modifier | modifier le code]

Pilsen est un quartier mexicain situé dans le secteur de Lower West Side. À la fin du XIXe siècle, il est habité par les immigrés tchèques qui le nomment « Plzeň », du nom d'une région et d'une ville de République tchèque. Il reçoit également, en plus petit nombre, d'autres groupes ethniques de l'empire austro-hongrois : des Serbes, des Slovaques, des Slovènes, des Croates, des Bosniaques, des Hongrois et des Autrichiens, mais aussi des immigrés d'héritage polonais, estoniens, lettons et lituaniens. Au début du XXe siècle, ces immigrés travaillent en nombre dans les parcs industriels et les usines environnantes, qui sont alors autant de voisinages urbains américains. Pilsen est autant peuplé de riches que de pauvres, ses habitants, pour la plupart de descendance slave, n'étant pas spécialement les bienvenus dans les autres quartiers résidentiels de Chicago. Aujourd'hui Pilsen est un quartier à dominance mexicaine et se compose essentiellement de lotissements résidentiels.

Architecture et urbanisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Architecture à Chicago.

Naissance des gratte-ciel[modifier | modifier le code]

L'architecture de Chicago a pendant longtemps influencé et reflété l'histoire de l'architecture américaine. La ville de Chicago comprend certains des bâtiments figurant parmi les premiers à être réalisés par des architectes reconnus dans le monde entier. Comme la plupart des bâtiments du centre-ville ont été détruits par le grand incendie de Chicago en 1871, les bâtiments de Chicago sont réputés pour leur originalité plutôt que pour leur ancienneté. L'Exposition universelle de 1893 (World's Columbian Exposition) fut l'occasion de mettre en œuvre les théories du mouvement City Beautiful et de construire des bâtiments de styles Beaux-Arts et néo-classique comme le musée Field d'histoire naturelle, le musée des sciences et de l'industrie, le Chicago Cultural Center ou encore l'Institut d'art de Chicago.

C'est au début des années 1880 que l'école d'architecture et d'urbanisme de Chicago acquit sa renommée internationale dans la construction en armature d'acier, puis, à partir des années 1890, dans l'utilisation des vitres pour les façades. Jusqu'aux années 1900, l'architecture de Chicago sera marquée par les réalisations de Daniel Burnham, Dankmar Adler, Louis Sullivan, William Holabird, Martin Roche et John Wellborn Root[103], tous issus de l'école de Chicago. Parmi les premiers bâtiments modernes de la ville, le Home Insurance Building, construit en 1885 par William Le Baron Jenney, est souvent considéré comme étant le premier gratte-ciel de l'histoire[104]. Bien que la majeure partie du bâtiment fût faite de brique et de pierre, il est le premier immeuble de grande hauteur à ossature métallique avec des colonnes en fonte et des poutres en acier. Les architectes de l'école de Chicago se concentrent sur les bases d'une architecture spécifiquement américaine qui favorise la simplicité des formes. Au début du XXe siècle, Chicago fut le principal foyer du mouvement architectural de la Prairie School avec les bâtiments dessinés par Frank Lloyd Wright, dont beaucoup sont classés Chicago Landmarks tels que la James Charnley House (1892) et la Robie House (1908-1910).

Le Montauk Building, conçu entre 1882-1883 par John Wellborn Root et Daniel Burnham, est le premier immeuble dont l'acier fut le principal matériau utilisé pour sa construction. Dans son livre sur l'Exposition universelle de 1893, Erik Larson déclare que le Montauk Building est devenu le premier bâtiment à s'appeler un « gratte-ciel ». En 1885, le premier gratte-ciel à charpente d'acier s'éleva à Chicago, déclenchant l'ère des gratte-ciel aux États-Unis, notamment à New York, puis dans le reste du monde. Dans le milieu des années 1890, Daniel Burnham, Racine et Charles Atwood conçurent des immeubles avec des armatures en acier, du verre et de la terre cuite. Cette nouvelle approche de l'architecture a été rendue possible grâce aux entrepreneurs modernes comme George A. Fuller et aux ingénieurs professionnels, en particulier ceux issus de la migration européenne.

Diversité architecturale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Landmark à Chicago.

Comme les autres métropoles américaines, l'architecture de Chicago se caractérise par une grande diversité. Ainsi, les bâtiments situés sur le campus de l'université de Chicago, la Tribune Tower, et plusieurs églises comme la Second Presbyterian Church et le Chicago Temple Building sont de style néo-gothique. La basilique Notre-Dame-des-Douleurs de Chicago et l'église Sainte-Hedwige sont de style néo-Renaissance. Le style Art déco s'est imposé à la fin des années 1920 et a explosé à partir de 1930 avec notamment le Chicago Board of Trade Building, le Merchandise Mart ou encore le Carbide & Carbon Building. Le Style international s'est surtout imposé après 1945 avec le Crown Hall. Enfin, les quartiers ethniques se distinguent par leurs styles architecturaux importés comme Chinatown avec son temple chinois et sa chambre de commerce (Pui Tak Center) ou encore Ukrainian Village avec ses églises orthodoxes à bulbes, comme la cathédrale de la Sainte-Trinité. Dans les années 1960-1970, le désir de préserver le patrimoine architectural de la ville se développa. En 1966 fut créée la Chicago Architecture Foundation qui permit la sauvegarde de l'une des plus anciennes demeures de Chicago, la John J. Glessner House, construite entre 1885 et 1886 par l'architecte Henry Hobson Richardson.

Aujourd'hui, le panorama urbain de Chicago compte parmi les plus importants du monde[105]. En effet, au mois d'août 2009, il y avait 1098 gratte-ciel dans la ville, ce qui fait de Chicago la seconde métropole du continent américain derrière New York à posséder autant d'immeubles de grandes hauteurs dans ses limites municipales[105]. Par le nombre de gratte-ciel, Chicago est la quatrième ville dans le monde après Hong Kong, New York et Tokyo[106]. Les bâtiments historiques du centre-ville incluent le Chicago Savings Bank Building, le 35 East Wacker, la Mather Tower ou encore le Second Leiter Building dans le Loop. De nombreux bâtiments historiques sont situés en bordure du lac Michigan et de la rivière Chicago. Deuxième centre d'affaires derrière celui de Manhattan, le secteur financier du Loop possède le deuxième plus haut immeuble du continent américain, la Willis Tower ; achevée en 1973 et comprenant 108 étages, la tour est avec ses 442 mètres le plus haut gratte-ciel du monde jusqu'en 1998[107], et des États-Unis jusqu'en 2013. Des gratte-ciel déjà construits comme le 111 W. Wacker, la Trump International Hotel and Tower et le 200 North Riverside Plaza, actuellement en construction comme le Wanda Vista (361 m), ou en projets comme la Gateway Tower (610 m), redessinent le panorama urbain de Chicago.

Le code postal 60602 est considéré par le magazine Forbes comme étant l'adresse américaine la plus charismatique du pays, comprenant ainsi dans ses limites, des bâtiments classés dans les prestigieuses listes des lieux et édifices protégés, comme les Chicago Landmarks (au niveau municipal) et les National Historic Landmarks (au niveau fédéral). Des immeubles tels que l'Auditorium Building, le Rookery Building ou encore le Fine Arts Building y sont classés. La dernière génération de gratte-ciel Chicagoans se trouve dans les secteurs de Near North Side et Near South Side, situés respectivement au nord et au sud du secteur du Loop. En effet, si la grande majorité des immeubles de grande hauteur se situe dans le Loop, le quartier des affaires de la ville (Central business district) s'étend depuis plusieurs années sur les secteurs limitrophes. Des genres multiples de maisons urbaines, de condominiums et d'immeubles peuvent être trouvés dans les différents quartiers de Chicago. Situées en bordure du lac Michigan, de vastes zones résidentielles s'étirant sur de longues bandes nord-sud sont caractérisées par des pavillons construits pendant le début du XXe siècle et après la Seconde Guerre mondiale.

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Depuis sa fondation en 1770, le développement de Chicago résulte d'une succession de paris des urbanistes pour en faire une ville attrayante. Chicago joue un rôle de premier plan dans l'histoire des États-Unis, ayant réussi à s'imposer comme un élément clé de l'organisation territoriale. Ce devenir n'était pas programmé, qui aurait permis d'imaginer l'expansion de cette ville en ces lieux inhospitaliers, et la voir se transformer, en seulement quelques décennies, en l'une des métropoles nord-américaines les plus puissantes.

Plan détaillé de Chicago avec son système de rue en damier (1878).

Les contraintes naturelles du site sur le lequel est bâti Chicago posèrent des problèmes d'aménagement aux autorités. En effet, le site a pendant longtemps été une plaine marécageuse et la ville a souffert de cet environnement qui rendait très difficile l'installation de routes et d'égouts. Au cours des XIXe et XXe siècles, la ville de Chicago s'est développée vers l'ouest et sur les rives du lac Michigan pour atteindre une longueur nord-sud d'environ 45 kilomètres[108] sur une largeur est-ouest de 25 kilomètres (dans sa partie la plus large), comprenant au total une superficie terrestre de 588 km2. Avec une altitude moyenne d'environ 176 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, la ville de Chicago est établie sur des terrains assez plats.

Comme bon nombre de villes américaines, la structure urbaine de Chicago est conçue selon un système de rues en grille (appelé « plan hippodamien ») dans lequel il est facile de se repérer car les rues sont rectilignes et se croisent en angle droit, créant des îlots urbains de forme carrée ou rectangulaire. Ce système a été repris à partir du XVIIe siècle par les urbanistes pour la construction des villes sur le continent américain comme ce fut le cas à Chicago. Le quartier de New Eastside, dans le nord-est du Loop, est constitué en grande partie d'un système de rues multi-niveaux ; à l'époque le manque d'espace constructible a conduit les ingénieurs à inventer des rues à étages.

Vue sur l'étalement urbain de Chicago, avec son système de rues orthogonales et le contraste clair entre la verticalité de son centre-ville et ses quartiers résidentiels.

Avant que le Grand incendie de 1871 ne ravage la majeure partie de Chicago, la ville ne comportait que des bâtiments de quelques étages. À la suite de cet événement, la reconstruction de Chicago permit aux architectes et urbanistes de penser la ville sur des critères beaucoup plus modernes[109]. De ce fait, l’incendie constitue un tournant dans l’histoire de Chicago. Il est d’ailleurs fréquent de dater la ville telle que nous la connaissons aujourd'hui par rapport à cet événement. Il faut attendre la reconstruction de la ville pour voir émerger les premiers immeubles de grande hauteur à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, le centre financier du Loop est composé en grande partie de gratte-ciel et d'immeubles comportant au moins 10 étages. Les secteurs limitrophes au Loop se composent aussi principalement de bâtiments à haute densité. Cependant, plus on s'éloigne vers l'extérieur plus les bâtiments deviennent petits, avec moins de 10 étages. Dans un rayon de 5 kilomètres autour du centre-ville les immeubles se raréfient et les maisons urbaines de type brownstones comportant 4 à 5 étages se succèdent. Dans un rayon de 10 kilomètres autour du Loop, les quartiers périurbains se composent principalement de zones pavillonnaires et de lotissements constitués de maisons individuelles et de duplex ou parfois d'appartements en immeubles.

En 1906, sous l'administration du maire Edward Dunne, la municipalité fit appel aux architectes-urbanistes Daniel Burnham et Edward H. Bennett dans le cadre d'un vaste projet de restructuration urbaine (appelé « Plan de Chicago ») visant à redéfinir le système de rues de Chicago à partir de critères modernes et adaptés aux contextes de l'époque, en effet la voiture se démocratise, la ville gagne 500 000 habitants par décennie, de plus l'assiette fiscale de la mairie permet de lancer de grands projets de ville. À partir de 1909, le Chicago Plan Commission, une commission mise en place par les autorités municipales de Chicago, valide le plan de Burnham et Bennett qui prévoit pour la ville un large système de rues en damier, incluant notamment la construction de nouvelles rues sur le concept d'alignement ; la restructuration, l'élargissement et l'embellissement des boulevards déjà existants ; la construction de plusieurs grands bâtiments municipaux ; l'installation de nouveaux parcs et espaces verts (comme Grant Park et Jackson Park) ; la mise en place d'un nouveau chemin de fer ; la création de nouvelles installations portuaires ; et la modernisation de la plupart des boulevards et avenues[110].

Parcs et espaces verts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parcs de Chicago.
Vue depuis l'Aon Center : le Millennium Park (qui fait partie intégrante de Grant Park depuis 2004) est un complexe de 10 ha composé d'équipements tels que la Cloud Gate, le pavillon Jay Pritzker, la Crown Fountain, le Lurie Garden, le Théâtre Harris, le McCormick Tribune Plaza et la passerelle BP, ce qui en fait l'un des parcs les plus attrayants de la ville.

Quand Chicago s'incorpora en tant que municipalité durant l'année 1837, elle choisit la devise « Urbs in Horto », une expression latine qui signifie en français la « ville dans un jardin ». Aujourd'hui, Chicago est la deuxième ville après New York à posséder le plus de parcs et d'espaces verts de tous les États-Unis, totalisant 570 parcs municipaux[111],[112] soit plus de 30 km2 de verdure, mais aussi 33 plages, 16 lagunes historiques et 9 ports situés en bordure du lac Michigan[113], ce qui fait du Chicago Park District le plus grand système urbain de gestion et d'entretien d'espaces verts de la nation.

Créé en 1843, Lincoln Park s'étend sur une superficie de 4,9 km2, constituant ainsi le plus grand parc public de la ville. Nommé en l'honneur du président Abraham Lincoln, il accueille près de 20 millions de visiteurs tous les ans, une fréquentation le classant deuxième après Central Park à New York[114]. Le parc abrite entre autres le zoo de Lincoln Park (Lincoln Park Zoo) et le jardin botanique de Lincoln Park (Lincoln Park Conservatory). Garfield Park comprend le jardin botanique de Garfield Park, l'un des plus grands conservatoires de plantes des États-Unis[111]. Aménagé par l'urbaniste William Le Baron Jenney, le conservatoire occupe une surface d'environ 18 000 m2 et contient une grande variété de plantes rares et d'arbres provenant du monde entier. D'une superficie de 2,42 km2, Burnham Park s'étend tout en longueur sur 9,66 km en bordure du lac Michigan et abrite certaines structures municipales d'importance, telles que le stade de football du Soldier Field et le centre de convention du McCormick Place. À proximité se trouve le Museum Campus (le « parc des musées »).

Grant Park est un vaste parc public d'une superficie de 1,29 km2 situé dans l'est du secteur financier du Loop (Downtown Chicago) ; on peut y voir la célèbre Buckingham Fountain, une fontaine interactive monumentale située en son centre. Entre juin 1999 et juillet 2004, Grant Park a subi dans sa partie nord-ouest d'importants travaux d'aménagements pour accueillir l'un des lieux les plus attractifs de la ville : le Millennium Park[115] (le « parc du millénaire ») qui connaît un véritable succès depuis son ouverture[116]. Jackson Park, l'un des parcs les plus populaires de la ville, est situé dans le South Side et s'étend sur une superficie d'environ 2 km2 à cheval sur les secteurs de Woodlawn et Hyde Park. Il est surtout connu pour l'œuvre du sculpteur Henry Bacon, la statue de la République, qui fut érigée en 1918 pour la célébration du 25e anniversaire de la l'Exposition universelle de 1893 et du centenaire de l'État de l'Illinois[117]. Le parc, qui abrite un jardin japonais, est très prisé par les touristes et les résidents pour sa proximité avec les plages. Portant le nom de Potter Palmer, un homme d'affaires influent du Chicago des années 1900, le Palmer Park a vu le jour grâce à cet homme qui fit don à la ville de Chicago en 1904. Ce parc est fréquenté pour ses fresques murales et pour ses installations et aménagements qui incluent des terrains de baseball, une salle de fitness, des salles de réunion, une piscine extérieure et des courts de tennis.

Situé en bordure du lac Michigan, Calumet Park est l'un des parcs les plus vastes de Chicago et se trouve dans le secteur de East Side. Traversé par la rivière Calumet, il s'étend sur près de 23 km2. En plus des projets continus d'embellissement pour les nombreux parcs existants, un certain nombre de parcs ont été créés ces dernières années, comme le Ping Tom Memorial Park dans le quartier chinois, aménagé au bord de la rivière Chicago, avec ses jardins de bambous et ses bateaux-dragons.

L'organisation mondiale pour la protection de l'environnement Greenpeace, en partenariat avec la ville de Chicago et le comté de Cook ont signé une charte pour la protection et la conservation des forêts situées dans le nord-ouest de la ville, notamment autour des secteurs de Dunning, O'Hare et Norwood Park[118]. Depuis plusieurs années ces forêts qui étaient menacées par l'expansion urbaine sont désormais protégées et classées comme étant des parcs naturels. Formée en 1975, Friends of the Parks (« Les amis des parcs » en français) est une association qui a pour but de surveiller et de défendre l'environnement dans la région de Chicago ; plus précisément, elle surveille le bon entretien et la sécurité des parcs publics qui sont sous la responsabilité du Chicago Park District ainsi que les réserves forestières du comté de Cook.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Chicago.
Population de la ville de Chicago
Année Population Rang
national
1840 4 470 92
1850 29 963 24
1860 112 172 9
1870 298 977 5
1880 503 185 4
1890 1 099 850 2
1900 1 698 575 2
1910 2 185 283 2
1920 2 701 705 2
1930 3 376 438 2
1940 3 396 808 2
1950 3 620 962 2
1960 3 550 404 2
1970 3 366 957 2
1980 3 005 072 2
1990 2 783 726 3
2000 2 896 016 3
2017 2 716 450 3
Vue générale sur les gratte-ciel de Downtown Chicago.
Les bâtiments historiques du Wrigley Building et de la Tribune Tower sur le Magnificent Mile, une portion de la prestigieuse Michigan Avenue.

Avec son développement économique, la population de Chicago explose à partir des années 1850 : elle se multiplie par 3,7 en une décennie et accède à la neuvième place des villes les plus peuplées des États-Unis. À la fin du XIXe siècle, Chicago est la cinquième ville en importance dans le monde. Chicago est pendant près d'un siècle, la seconde ville des États-Unis derrière New York. Le maximum démographique est atteint en 1950, puis la ville entre en déclin jusque dans les années 1990, la suburbanisation des classes moyennes faisant baisser la population de la ville au profit des banlieues résidentielles, elle cède ainsi sa place de seconde ville du pays au profit de Los Angeles.

En 2017, selon les estimations du Bureau du recensement des États-Unis, la ville de Chicago compte 2 716 450 habitants[1], ce qui représente un peu plus du cinquième de la population totale de l’État de l’Illinois.

Chicago est à ce jour la troisième ville la plus peuplée des États-Unis, derrière New York et Los Angeles. La densité moyenne atteint 4 923 habitants au kilomètre carré : il s’agit d’un chiffre plus élevé qu’à Los Angeles, mais beaucoup moins important qu'à New York. Chicago est le siège du comté de Cook, qui est avec 5 231 351 habitants en 2012, le deuxième comté le plus peuplé des États-Unis après celui de Los Angeles.

Le revenu médian pour un ménage dans la ville est de 38 625 dollars, et de 42 724 dollars pour une famille. Les hommes ont un revenu médian de 35 907 dollars en moyenne contre 30 536 dollars pour les femmes. Le revenu par habitant dans la ville est de 20 175 dollars. 19,6 % de la population vivaient au-dessous du seuil de pauvreté dont 16,6 % comprend des familles[119]. De toute la population, 28,1 % des moins de 18 ans et 15,5 % des plus de 65 ans vivent au-dessous du seuil de pauvreté. De toute la population de la ville, 26,2 % ont moins de 18 ans, 11,2 % ont entre 18 et 24 ans, 33,4 % de 25 à 44 ans, 18,9 % de 45 à 64 ans, et 10,3 % 65 ans et plus. L'âge médian est de 32 ans. Pour environ 100 femmes, il y a 94 hommes. Pour 100 femmes de 18 ans et plus, il y a 91 hommes.

La proportion d'Afro-Américains est relativement importante (32 %) par rapport à d'autres villes comme New York (28 %) ou Los Angeles (12 %). Elle reste cependant inférieure à celle de Détroit, d'Atlanta ou de Washington, D.C. Les Hispaniques et Latinos représentent 29 % de la population, soit une proportion équivalente à celle de New York mais inférieure à celle de Los Angeles. Les trois quarts d'entre eux sont d'origine mexicaine[120].

Distribution des groupes ethniques en 2010, chaque point représentant 25 personnes : Blancs non hispaniques, Noirs, Asiatiques et Latinos.
Répartition de la population par groupe ethnique (1940-2010)
Profil démographique 1940[121] 1970[121] 1990[121] 2010[122]
Blancs 91,7 % 65,6 % 45,4 % 45,0 %
 —Blancs non hispaniques 91,2 % 59,0 % 37,9 % 31,7 %
Noirs 8,2 % 32,7 % 39,1 % 32,9 %
Asiatiques 0,1 % 0,9 % 3,7 % 5,5 %
Hispaniques et Latino-Américains 0,5 % 7,4 % 19,6 % 28,9 %

En 2008, l'aire métropolitaine de Chicago (communément appelée « Chicagoland ») rassemblait quelque 9 526 434 millions d'habitants, ce qui en fait la troisième des États-Unis et la quatrième d'Amérique du Nord après celles de Mexico, New York et Los Angeles[11]. La région métropolitaine de Chicago-Naperville-Joliet (MSA) regroupe 252 municipalités dont Chicago en constitue la ville centre. Elle s'étend sur trois États et comprend quatorze comtés, dont neuf comtés du nord-est de l'Illinois (Cook, DeKalb, DuPage, Grundy, Kane, Kendall, Lake, McHenry et Will), quatre comtés du nord-ouest de l'Indiana (Jasper, Lake, Newton et Porter), et un comté du sud-est du Wisconsin (Kenosha) couvrant une superficie totale de 24 800 km2[123]. À l'échelle du continent américain (les Amériques), elle est la septième aire urbaine après celles de Mexico, New York, São Paulo, Rio de Janeiro, Los Angeles et Buenos Aires et se classe au 26e rang mondial pour sa population[124].

Selon l'American Community Survey pour la période 2010-2014, 64,11 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler l'anglais à la maison, 24,5 % déclare parler l'espagnol, 2,04 % le polonais, 1,65 % une langue chinoise, 0,83 % le tagalog, 0,53 % l'arabe et 6,34 % une autre langue[125].

En 2015, selon une étude de l'institut de sondage Gallup, 3,8 % de la population de la ville s'identifient comme gays, lesbiennes, bisexuels ou transgenres (3,6 % au niveau national)[126].

Religion[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la fête de la Saint-Patrick, la rivière Chicago est teinte en vert[127].

Avec son histoire cosmopolite, Chicago a un patrimoine religieux riche tel qu'il est représenté par l'architecture et les institutions à travers la ville.

Le christianisme est la religion dominante de la population de la ville (environ 54,14 % des Chicagoans[128]). Il est représenté à travers ses différentes confessions, comprenant ainsi les catholiques, les protestants, les orthodoxes, les anglicans et les chrétiens orientaux (Églises des trois conciles). L'immigration en provenance de pays d'ancienne chrétienté d'Europe (d'Irlande, d'Italie, de Pologne…), d'Amérique latine (du Mexique, de Colombie, de Cuba…) et d'Afrique subsaharienne (d'Éthiopie, du Congo, de Nigeria…) grossit encore les rangs de ses fidèles. La francophonie est un signe tangible de la présence historique française dans la région, Chicago se compose aussi d'une communauté catholique Francophone[129]. D'autres religions sont représentées à Chicago, comme le judaïsme, l'hindouisme, le bouddhisme, l'islam, le sikhisme et le bahaïsme. En 2015, environ 59,87 % des habitants de Chicago étaient affiliés à une religion[128]. En raison de cette diversité, Chicago a une architecturale religieuse variée.

Grâce à sa taille et à sa notoriété, la ville de Chicago a acquis une certaine reconnaissance mondiale, dans le domaine de la religion. Elle a accueilli les deux premières réunions du Parlement des Religions du Monde. La première eut lieu en 1893, la même année que l'Exposition universelle et la deuxième en 1993. Chicago abrite de nombreuses institutions théologiques, qui incluent des séminaires, de nombreuses écoles, des collèges tels que l'Institut Biblique Moody et des universités comme l'université DePaul et l'université jésuite Loyola par exemple. Chicago est le siège de nombreux chefs religieux et de toute une série d'évêques d'un large éventail de confessions chrétiennes. Le seul temple de la foi bahá'íe en Amérique du Nord est situé à Wilmette, en banlieue nord de Chicago.

Nombre d'éminentes personnalités religieuses ont visité la ville, dont le dalaï-lama et Mère Teresa. Le pape Jean-Paul II a visité Chicago en 1979 dans le cadre de son premier voyage aux États-Unis après avoir été élu à la papauté en 1978[130].

La ville possède un grand nombre d'édifices religieux, avec pas moins de deux cents églises sur son territoire. Chicago accueille l'archidiocèse catholique le plus important des États-Unis. Parmi les édifices les plus connus et les plus visités, il y a la basilique Notre-Dame-des-Douleurs de Chicago de style néo-Renaissance qui est l'une des trois paroisses de la ville de Chicago à porter le titre de basilique. Elle fut la première à obtenir ce titre en 1956 par autorisation spéciale du pape Pie XII. Il y a aussi la cathédrale du Saint-Nom de Chicago qui est l'un des principaux sanctuaires catholiques de la ville et la cathédrale Saint-Jacques de Chicago qui est l'église-mère du diocèse épiscopalien de Chicago depuis 1955. La ville compte également plusieurs églises orthodoxes dont la plus connue est sans doute la cathédrale de la Sainte-Trinité. Fondée en 1888, l'église Sainte-Hedwige de Chicago est une église catholique monumentale dépendant de l'archidiocèse de Chicago. Construite dans le style néo-Renaissance, son architecture rappelle la période faste de l'Union de Pologne-Lituanie ; elle est dédiée à sainte Hedwige.

Foyer de la Congrégation de la First United Methodist Church of Chicago, le Chicago Temple Building est avec ses 173 mètres l'église la plus haute du monde. Administré par l'archidiocèse de Chicago et destiné aux jeunes gens se préparant à la prêtrise, l'Archbishop Quigley Preparatory Seminary a formé près de 2 500 prêtres, deux cardinaux, plus de quarante évêques, deux experts du Concile Vatican II et de nombreux récipiendaires de la Medal of Honor et de la médaille présidentielle de la Liberté.

Chicago est le siège archiépiscopal ou épiscopal de plusieurs Églises :

Criminalité et sécurité[modifier | modifier le code]

Un véhicule de patrouille du CPD, la police de Chicago.

Chicago a presque définitivement fait oublier sa mauvaise réputation, héritée de la période agitée de la prohibition dans les années 1920 et 1930, quand les activités d'Al Capone et de la pègre lui valurent le surnom de « Capitale du crime ». Depuis la fin des années 1990, le sentiment d'insécurité a fortement baissé et il est tout à fait possible de se promener sans crainte dans la plupart des secteurs de North Side et Downtown. Cela est en partie dû au renforcement de la présence policière. Il est seulement conseillé aux touristes d'être plus vigilants et d'éviter de jour comme de nuit certains secteurs de South Side tels que Fuller Park, South Shore, Roseland, Englewood, Douglas et West Pullman, et de certains secteurs de West Side tels que West Garfield Park et Austin.

En 2006, selon le Chicago Police Department (CPD), la criminalité violente a baissé dans la ville de Chicago[77]. Entre 1997 et 2006, le nombre de crimes et délits (vols, cambriolages, violences, viols, meurtres, incendies criminels, dégradations volontaires etc.) a baissé de 34 %, passant de 254 573 à 166 057. On recensait dans la ville 761 meurtres en 1997, 467 en 2006, puis une nouvelle légère hausse avec 508 homicides en 2012 dont 82,4 % avec une arme à feu ; les meurtres représentent 1,3 % des violences commises contre les personnes. Malgré un pic des homicides commis dans la ville en 2012, cela reste inférieur en comparaison avec des villes plus petites comme Détroit et La Nouvelle-Orléans[131],[132].

Néanmoins en 2016, la ville connaît une recrudescence de meurtres et établit un nouveau record pour les vingt dernières années avec 762 meurtres. La ville totalise ainsi 5 376 meurtres en 10 ans. Seul un tiers des affaires de meurtre ont été résolues en 2016[133].

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de Chicago.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Chicago.
Liste des maires de Chicago
NoPortraitIdentitéPériodeDuréeÉtiquette
DébutFin
1William Butler Ogden
( - )
1 an Parti démocrate
2Buckner Stith Morris
( - )
1 an Parti whig
3Benjamin Wright Raymond
( - )
1 an Parti whig
4Alexander Loyd (en)
( - )
1 an Parti démocrate
5Francis Cornwall Sherman
( - )
1 an Parti démocrate
6Benjamin Wright Raymond
( - )
1 an Parti whig
7Augustus Garrett
( - )
1 an Parti démocrate
8Alson Sherman (en)
( - )
1 an sans étiquette
9Augustus Garrett
( - )
1 an Parti démocrate
10John Putnam Chapin
( - )
1 an Parti whig
11James Curtiss
( - )
1 an Parti démocrate
12James Hutchinson Woodworth (en)
( - )
2 ans sans étiquette
13James Curtiss
( - )
1 an Parti démocrate
14Walter S. Gurnee (en)
( - )
2 ans Parti démocrate
15Charles McNeill Gray (en)
( - )
1 an Parti démocrate
16Isaac Lawrence Milliken (en)
( - )
1 an Parti démocrate
17Levi Boone
( - )
1 an Know Nothing
18Thomas Dyer
( - )
1 an Parti démocrate
19John Wentworth
( - )
1 an Parti républicain
20John Charles Haines (en)
( - )
2 ans Parti démocrate
21John Wentworth
( - )
1 an Parti républicain
22Julian Sidney Rumsey (en)
( - )
1 an Parti républicain
23Francis Cornwall Sherman
( - )
3 ans Parti démocrate
24John B. Rice (en)
( - )
4 ans Parti républicain
25Roswell B. Mason
( - )
2 ans
26Joseph Medill
( - )
2 ans Parti républicain
Lester L. Bond (en)
( - )
3 mois et 13 jours Parti républicain
27Harvey Doolittle Colvin (en)
( - )
2 ans Parti républicain
28Monroe Heath (en)
( - )
3 ans Parti républicain
29Carter Harrison
( - )
8 ans Parti démocrate
30John A. Roche (en)
( - )
2 ans Parti républicain
31DeWitt Clinton Cregier (en)
( - )
2 ans Parti démocrate
32Hempstead Washburne
( - )
2 ans Parti républicain
33Carter Harrison
( - )

(mort en cours de mandat (en))
moins d’un an Parti démocrate
34George Bell Swift (en)
( - )
moins d’un an Parti républicain
35John Patrick Hopkins
( - )
2 ans Parti démocrate
36George Bell Swift (en)
( - )
2 ans Parti républicain
37Carter Harrison (en)
( - )
8 ans Parti démocrate
38Edward Dunne
( - )
2 ans Parti démocrate
39Fred A. Busse (en)
( - )
4 ans Parti républicain
40Carter Harrison (en)
( - )
4 ans Parti démocrate
41William Hale Thompson
( - )
8 ans Parti républicain
42William Emmett Dever
( - )
4 ans Parti démocrate
43William Hale Thompson
( - )
4 ans Parti républicain
44Anton Cermak
( - )

(mort en cours de mandat (en))
1 an, 10 mois et 27 jours Parti démocrate
45Frank J. Corr (en)
( - )
24 jours Parti démocrate
46Edward Joseph Kelly
( - )
13 ans, 11 mois et 29 jours Parti démocrate
47Martin H. Kennelly
( - )
8 ans et 5 jours Parti démocrate
48Richard Daley
( - )

(mort en cours de mandat (en))
21 ans et 8 mois Parti démocrate
49Michael Anthony Bilandic
( - )
2 ans, 3 mois et 27 jours Parti démocrate
50Jane Byrne
( - )
4 ans et 13 jours Parti démocrate
51Harold Washington
( - )

(mort en cours de mandat (en))
4 ans, 6 mois et 27 jours Parti démocrate
52David Duvall Orr
(né le )
7 jours Parti démocrate
53Eugene Sawyer
( - )
1 an, 4 mois et 22 jours Parti démocrate
54Richard M. Daley
(né le )
22 ans et 22 jours Parti démocrate
55Rahm Emanuel
(né le )
8 ans et 4 jours Parti démocrate
56Lori Lightfoot[134]
(née le )
En cours5 mois et 16 jours Parti démocrate

Organisation municipale[modifier | modifier le code]

Lori Lightfoot, maire de Chicago depuis mai 2019.

Le gouvernement de la ville de Chicago est divisé en branches exécutive et législative.

Le maire de Chicago (Mayor of Chicago) est le chef du pouvoir exécutif (en anglais : chief executive)[135]. Il est élu pour quatre ans et applique toutes les ordonnances. Il est chargé de contrôler tous les services et organismes de la ville (Departments), ainsi que les différentes administrations spécialisées. Le maire dirige et surveille les différents chefs qu'il nomme à la tête de ces services municipaux et détient un droit de veto au conseil municipal. Il est la personne la plus puissante de l’administration de la ville. Depuis 1931, tous les maires de Chicago appartiennent au Parti démocrate[135].

Le conseil municipal de Chicago (Chicago City Council) est formé de 50 élus (alderman ou alderwoman) qui représentent chacune des 50 circonscriptions[136] (wards) de la ville de Chicago et forme le pouvoir législatif du gouvernement de Chicago[135] : il surveille le bon fonctionnement des services municipaux, vote les lois, décrète les ordonnances municipales et approuve le budget annuel en novembre[137]. Le mandat des conseillers s'étale sur quatre ans[138].

L'hôtel de ville de Chicago (Chicago City Hall) est le siège officiel du gouvernement de la ville de Chicago (City of Chicago Government). Adjacent des deux bâtiments du Richard J. Daley Center et du James R. Thompson Center, l'hôtel de ville abrite les bureaux du maire, du greffier municipal, du trésorier de ville et de certains services de la ville. Les chambres du conseil municipal de Chicago se trouvent sur le côté ouest du bâtiment.

En 2005, le budget de la ville s'élève à plus de 5 milliards de dollars[135]: les principales dépenses sont liées à la police (Chicago Police Department), aux pompiers (Chicago Fire Department), à l'entretien et la rénovation de la voirie, des ponts et chaussées (Chicago Department of Transportation), ainsi qu'au remboursement de la dette.

Maire de Chicago de 1989 à 2011, Richard M. Daley reçoit plus de 70 % des voix aux élections municipales de 1999, 2003 et 2007, sans grande opposition. En effet, Daley est un maire ambitieux qui connaît de nombreuses réussites depuis son premier mandat en 1989, il est responsable de nombreuses innovations en matière de modernisation de sa ville et de rénovation urbaine, d'environnement, de résurgence dans le tourisme, et de rayonnement international au niveau économique et culturel ; il joue un rôle important dans la sélection de la ville de Chicago pour les Jeux olympiques d'été de 2016. En 2010, il est nommé « meilleur maire des cinq plus grandes villes des États-Unis[139]» et comme étant un homme « charismatique et puissant » par le Time magazine. Il sera également surnommé « le boss » par le journal Libération[140] et plusieurs hommes politiques durant sa carrière. Cependant, en septembre 2010 il annonce ne pas se présenter pour un nouveau mandat en 2011[141]. Richard M. Daley est resté à la tête du gouvernement de Chicago durant 22 ans. Il est remplacé par Rahm Emanuel le 16 mai 2011, élu maire de Chicago avec 55 % des voix[142].

Comme de nombreuses autres villes des États-Unis, Chicago est confronté à la faillite de son système de retraites. Les retraites de ses ex-fonctionnaires ne sont désormais pas toujours payées[143].

Protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, l'hôtel de ville de Chicago est doté d'un toit vert.

L’ambition du maire Richard M. Daley lors de ses mandats fut de favoriser la protection de l’environnement tout en maintenant Chicago parmi les métropoles mondiales les plus influentes. Avec un nouvel horizon urbain d'ici ces prochaines années, le centre-ville se développe plus rapidement avec une atmosphère plus dense et plus respirable. Le Chicago Park District, l'organisme responsable de la gestion des parcs et espaces verts de la ville de Chicago est commis au plan de rétablissement de la biodiversité. Il se charge de la reconversion en espaces verts des secteurs abandonnés de la ville. Les terrains vagues et les parkings à l'abandon sont transformés en parcs et des jardins sont créés au-dessus des gratte-ciel à surface plate. Les toitures de nombreux bâtiments de Chicago sont repeintes en blanc. Les toitures blanches rafraîchissent les immeubles et luttent donc contre l’effet d’îlot de chaleur qui caractérise les grands centres urbains. En effet, le blanc a un albédo important. En d'autres termes, il renvoie vers l’espace une grande quantité de rayonnement solaire.

Le Chicago Climate Exchange (CCX) est le premier système d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre au monde. En 2003, le CCX lance sa plateforme de négociation. En 2005, le CCX lance le European Climate Exchange (EXC), acteur important dans les échanges à l'intérieur du marché de l'Union Européenne. Le maire a par ailleurs signé l’U.S. Mayors Climate Protection Agreement (« accord des maires des États-Unis sur la protection du climat ») visant à atteindre ou à dépasser les objectifs de réduction de GES fixé par le protocole de Kyoto.

La ville de Chicago a été récemment mise en avant dans une édition du New York Times en tant que ville pionnière en matière de durabilité aux États-Unis. Toutefois, la ville ne recherche pas un battage médiatique autour de ses initiatives écologiques, mais plutôt des décisions intelligentes à l'égard des nouvelles infrastructures qui aideront la ville des vents à faire face aux changements climatiques drastiques qu’elle subit depuis trois décennies.

Chicago est surnommée « Green Roofs City » : les toitures végétales représentent une superficie totale de plus de 418 000 m2 répartis à travers 359 toits de la ville[144]. L'ancien maire de Chicago Richard M. Daley a fait de sa ville la première d'Amérique du Nord en matière de « toits verts » grâce à des incitations fiscales qui ont été mises en place depuis le début des années 2000[145]. Depuis 1989, 500 000 arbres ont été plantés à Chicago[144].

Chicago est la ville la plus dangereuse des États-Unis pour les oiseaux migrateurs. Beaucoup meurent en percutant les façades des immeubles des gratte-ciel[146].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Entreprise ayant son siège à Chicago.

Une métropole puissante à l'économie diversifiée[modifier | modifier le code]

Le Chicago Board of Trade (CBOT ; Bourse de commerce de Chicago) est la plus grande bourse du monde pour les matières premières.

Chicago est l’une des villes globales de la planète : le secteur du tertiaire supérieur est bien représenté par de nombreux sièges sociaux et succursales dans les domaines de la comptabilité, de la publicité, de la finance et des services juridiques. La ville est un centre de décision économique comme le montre la concentration des sièges sociaux de firmes multinationales dans le quartier des affaires, qui reste le deuxième du pays derrière celui de New York. Chicago est le moteur économique de toute la région des Grands Lacs[147].

Le poids économique de l'agglomération de Chicago est considérable : le PNB de la métropole était de 349 milliards de dollars en 2002[148] et de 390 milliards de dollars en 2005 : si Chicago comptait comme un pays, il serait la 18e puissance économique du monde. Dans son histoire, Chicago a rapporté plus de 506 milliards de dollars à l'économie américaine[149]. En 2008, la société de services financiers UBS a placée Chicago à la 5e place sur la liste des villes les plus riches du monde pour son PIB supérieur à 570 milliards de dollars[150]. Selon U.S. Metro Economies, le PIB de Chicago s'élevait à 630 milliards de dollars pour la période 2014/2015[151]. Le Department of Community Development (DCD) est un organisme qui s'occupe du développement économique de l'ensemble de la ville, et gère entre autres les chambres de commerce de quartier.

L'activité économique de Chicago est diversifiée : l'industrie y tient une place relativement significative. Le secteur des transports et du commerce est très développé et offre un réseau multimodal de premier ordre dans le pays[152]. Aujourd'hui, la ville représente la deuxième place boursière des États-Unis et détient la plus grande bourse du monde pour les matières premières. Elle est la deuxième ville américaine pour l'édition derrière New York[153]. Elle est le centre économique et névralgique du Midwest[154] ainsi que le siège de la Federal Reserve Bank of Chicago[155], le septième des douze districts de la Réserve fédérale des États-Unis couvrant près des 2/3 des États de l'Illinois, du Michigan et de l'Indiana, environ la moitié de l'État du Wisconsin, et l'intégralité de l'État de l'Iowa[155]. Elle occupe le troisième rang dans le pays pour les salons, les congrès et les conventions. Le McCormick Place est le plus grand centre de convention du pays et le troisième du monde[156]. Il accueille chaque année environ 3 millions de visiteurs[157].

Structure de l'emploi à Chicago (2005-2009)[158]
Secteur Employés
Agriculture, foresterie, pêche et chasse ; extraction minière 2 139
Construction 66 321
Fabrication 133 110
Commerce de gros 35 264
Commerce de détail 114 541
Transport et entreposage ; services publics 80 402
Industrie de l'information 34 799
Finance et assurance, services immobiliers, location et location à bail 121 639
Services professionnels, scientifiques, gestion d'entreprises et gestion des déchets 186 517
Enseignement, service de santé et assistance sociale 273 809
Arts, spectacles et loisirs, et hébergement et restauration 129 640
Autres services, sauf les administrations publiques 66 325
Administrations publiques 59 836
Le CME Building (siège du CME Group), dans le secteur du Loop, l'une des plus importantes places financières du monde.

Le nombre d'actifs à Chicago est de 4,2 millions (août 2006). Le taux de chômage était de 5,5 % en juillet 2006, un chiffre plus élevé que la moyenne nationale mais en baisse depuis trois ans. Le Mayor's Office of Workforce Development (MOWD) aide les chômeurs à retrouver un emploi. En 2003, le premier employeur de la ville est le gouvernement fédéral (88 000 employés), suivi par les écoles publiques (46 184 employés) et la municipalité (39 275 employés).

Les entreprises les plus importantes par le nombre de salariés sont la chaîne de supermarchés Jewel-Osco (39 220 salariés), Advocate Health Care (25 293 salariés), SBC Communications (21 000 salariés) et United Parcel Service (19 063 salariés). D'autres firmes dominent la vie économique de l'agglomération : McDonald's et Portillo's (restauration rapide) ; Kraft Foods Group, Mondelēz International, Quaker Oats Company (agro-alimentaire) ; Tropicana (boissons) ; Target Corporation, Sears Holdings (grande distribution) ; Walgreens, Abbott Laboratories (industries pharmaceutiques) ; Playboy Enterprises (Playboy Magazine, Playboy TV) (émission et magazine de charme) ; Budget (location de voiture) ; Chicago Climate Exchange (environnement et développement durable) ; BFG Technologies (matériel informatique) ; United Airlines, Boeing, Motorola (transports et communications) ; Williams Electronics Games, Stern Electronics (fabrication de jeux d'arcade) ; Yellow Cab Company (compagnie de taxi) ; Allstate, Bank One (assurance et finance), etc.

L'agroalimentaire, la métallurgie et l'imprimerie sont les trois secteurs industriels qui emploient le plus de main d'œuvre à Chicago.

Essor céréalier et centre de transport au XIXe[modifier | modifier le code]

Avant 1833, l'activité principale de la région est le commerce des fourrures. Puis elle connait une phase de développement industriel important, attirant investisseurs, spéculateurs et entrepreneurs, qui en fait l'une des principales villes de la Manufacturing Belt. Le port sur le lac Michigan se développe rapidement, et avec lui, la construction navale.

La ville devient également un important centre céréalier, profitant durant tout le XIXe siècle du débouché de la région agricole des Grandes Plaines, le grenier des États-Unis. Chicago devient, dans les années 1840, le plus grand port céréalier du monde.

À partir du milieu du XIXe siècle, les industries agroalimentaires de transformation de la viande de porc et de bœuf s'y multiplient, notamment sous l'impulsion de Gustavus F. Swift et Philip Armour. En 1865, sur un quartier marécageux (actuel secteur de New City), y sont fondés d'immenses abattoirs appelés les Union Stock Yards, qui à partir de 1900 produit 82 % de la viande consommée aux États-Unis, faisant de la ville un centre majeur de traitement du bétail. En référence à ces activités qui font une grande partie de sa fortune et de sa réputation, le bœuf devient l'un des symboles de Chicago. Si les abattoirs sont transférés à Kansas City en 1971, le nom de l'équipe de basket, les « Bulls », fait directement référence à cette tradition bouchère.

Au milieu du XIXe siècle, la ville devient un nœud ferroviaire important. Chicago est la ville de départ de l'Illinois Central Railroad qui la relie au sud à La Nouvelle-Orléans via Memphis en 1856. Elle est reliée à Sioux City vers l'ouest à la suite de l'ouverture de la Chicago Central Railroad (une branche de l'Illinois Central Railroad) en 1870. Chicago devient la ville de départ de la ligne de chemin de fer de la compagnie Union Pacific, qui atteint San Francisco à la suite de l'achèvement du premier chemin de fer transcontinental en 1869. Carrefour des voies ferroviaires de l'Amtrak, Chicago devient, avec Saint-Louis, Memphis et La Nouvelle-Orléans, l'une des quatre plates-formes de l'Union Pacific reliant l'est et l'ouest des États-Unis.

Développement industriel, technologique et financier[modifier | modifier le code]

Entre 1954 et 1982, le nombre d’emplois industriels non qualifiés est passé de près de 500 000 à 162 000[159].

Chicago est toujours l'un des premiers marchés de céréales du monde. Le puissant secteur agroalimentaire assure une grande partie de l'emploi industriel de l'agglomération. L'industrie du meuble s'est aussi développée au XIXe siècle[160].

De grandes sociétés américaines se sont implantées à Chicago : Sears Holdings, Amoco, Sara Lee, United Airlines, Wrigley Company et Walgreens. Le constructeur aéronautique Boeing y a transféré également son siège social auparavant situé à Seattle[161],[162]. Enfin, McDonald's possédait aussi son siège social à Chicago durant les années 1970, mais l'entreprise a ensuite été déplacée à Oak Brook, dans la proche banlieue. Cependant, l'entreprise a réimplanté son siège social à Chicago au printemps 2018[163],[164].

Centre de ravitaillement des troupes pendant la guerre de Sécession, l'industrie de l'armement prospéra aussi au XXe siècle. Dans le cadre du projet Manhattan, le a lieu à l'université de Chicago la première réaction nucléaire contrôlée.

Le développement industriel et urbain du XXe siècle poussa la municipalité à pomper l'eau du Lac Michigan de plus en plus loin. Le secteur industriel a récemment bénéficié d'une étroite alliance entre les universités, les laboratoires et les entreprises.

Cela concerne avant tout le domaine de la haute technologie : l'informatique et l'électronique avec les logiciels Spyglass, l'entreprise Motorola et la US Robotics Corporation. Cela n'empêche pas la région de continuer les productions lourdes telles que l'acier, malgré la forte concurrence étrangère.

L'importance de la métropole lui confère bien sûr des fonctions tertiaires de premier ordre. Chicago est un important centre financier, qui fut le premier à lancer le marché des contrats dérivés, à la suite des travaux des économistes de l'école de Chicago sur l'analyse quantitative financière dans les années 1950 et 1970. Il abrite désormais la première bourse du monde en volume d'opérations traitées (capitalisation de 30 milliards de dollars), du fait de la fusion entre le Chicago Board of Trade (CBOT) et le Chicago Mercantile Exchange (CME), décidée par les actionnaires le 9 juillet 2007 pour former le CME Group[165].

Le dynamisme touristique joue également beaucoup en la faveur du développement économique de la ville, en effet Chicago abrite certaines des attractions, musées et universités les plus réputées aux États-Unis. En 2002, Chicago a attiré plus de 28 millions de visiteurs, dont un million venu de l'étranger ont dépensé à Chicago plus de 8,7 milliards de dollars et ont généré 442 millions de dollars de taxes. La ville compte 26 630 chambres d'hôtel. De nombreux congrès et réunions s'y déroulent chaque année. Les principaux sites touristiques et de loisirs sont la jetée Navy (8,6 millions de visiteurs en 2005), le zoo de Lincoln Park (3 millions), l'aquarium John G. Shedd et le Musée des sciences et de l'industrie (1,8 million chacun).

Depuis plusieurs années, le centre-ville connaît un renouveau immobilier avec notamment la construction d'hôtels et de bureaux comme la Trump International Hotel and Tower (condominiums et lofts), l'Aqua Building et le Waldorf Astoria (hôtels de luxe), le 340 on the Park, le 300 North LaSalle, ainsi que la construction d'un quartier chic autour de River Esplanade Park, dans le secteur du Loop font partie entre autres de ces derniers projets qui témoignent de la prospérité de la ville. Depuis la récession, certains projets dont celui de la Chicago Spire (gratte-ciel résidentiel devant culminer à 600 mètres de haut) sont aujourd'hui annulés. Certains secteurs de la ville comme Logan Square, Uptown, Near North Side, Near South Side et Rogers Park connaissent un accroissement démographique et une gentrification rapide. L'agrandissement et la modernisation de l'aéroport international O'Hare et la reconstruction de la Dan Ryan Expressway sont également en cours et seront des modèles de développement pour les années à venir.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Un train de banlieue Metra sortant de l'Ogilvie Transportation Center, une gare du centre de Chicago, et traversant le quartier de Wolf Point en direction du nord.

Chicago est un l'un des principaux nœuds de communication en Amérique du Nord. Dès le XVIIIe siècle, avec la traite de fourrures et le commerce du bois et des productions agricoles, la ville est marquée par sa vocation marchande. Aujourd'hui, l'agglomération constitue un carrefour de cinq autoroutes fédérales et de six lignes de chemin de fer d'importance nationale[166]. Les divers aménagements et infrastructures font de Chicago une plate-forme multimodale primordiale aux États-Unis.

La ville est desservie par un large réseau de bus et de métro mais également par des trains de banlieue et les trains nationaux à grande capacité de l'Amtrak. Chicago est la quatrième ville des États-Unis pour le nombre d'utilisateurs sur le réseau Amtrak[167]. L'Amtrak est une entreprise ferroviaire publique qui relie Chicago aux principales villes américaines et le Metra est une entreprise ferroviaire publique de la région de Chicago qui fonctionne comme un système de réseau express régional (RER) à travers six comtés de l'agglomération de Chicago.

Les gares principales de Chicago desservies par l'Amtrak et par le Metra sont :

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chicago Transit Authority.

La ville de Chicago dispose d'un grand réseau de lignes de métro et possède également de vastes lignes d'autobus. La Chicago Transit Authority, connue sous l'acronyme « CTA » est l'opérateur des transports publics (gestion du métro et des bus) de la ville de Chicago[168]. L'entreprise est la seconde du genre aux États-Unis et la quatrième en Amérique du Nord. La CTA offre des lignes de bus et de métro à l'intérieur de la ville de Chicago et à destination de quarante municipalités de la proche banlieue ainsi que la desserte des aéroports de O'Hare et Midway.

Mais la ville est confrontée à un problème de taille : l'ancienneté, le vieillissement et la vétusté de ces importantes infrastructures et du matériel roulant. En effet, son métro a été inauguré en 1892, ce qui en fait l'un des plus anciens réseaux au monde encore en service. Certaines portions actuelles du réseau datent de cette époque, la majorité des itinéraires ayant été maintenue. En outre, 500 bus de Chicago, soit le quart de la flotte, sont vieux de plus de 16 ans, avec au compteur une moyenne de 900 000 kilomètres. L'entretien de ces 500 bus revient à 16 millions de dollars par an (contre 3 millions afin d'entretenir les 1 500 autres). La Chicago Transit Authority évalue à 6 milliards de dollars l'investissement destiné à moderniser ses lignes (un investissement de 10 milliards en ajoutant les bus de banlieue). Le budget de la CTA est d'environ 1 milliard par an, provenant en grande partie des usagers (41 %) et des subventions de l'État de l'Illinois (41,5 %). La ville de Chicago et le comté de Cook n'apportent que 0,4 %. La CTA ne bénéficie pas non plus de subvention fédérale.

Métro de Chicago[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métro de Chicago.
Plan des lignes du réseau de métro de Chicago.

Chicago possède un vaste réseau de lignes de métro, fréquenté quotidiennement par 767 730 usagers[168]. Inauguré le 6 juin 1892, le métro de Chicago est l’un des plus anciens réseaux du monde encore en service, en effet il s'agit du deuxième plus ancien réseau du continent américain après celui de New York (1868) et le troisième du monde après celui de Londres (1863) ; le métro de Chicago est souvent désigné sous la lettre « 'L' » ou « EL » (de l'anglais elevated[169]) car la majeure partie de son réseau est aérien ; il est également l'emblème de la Chicago Transit Authority qui le dénomme quant à elle uniquement sous l'abréviation « L ».

Quelques sections du réseau remontent à la fin du XIXe siècle, lorsque Chicago a suivi l'exemple de New York en construisant des lignes de métro aériennes. Contrairement à New York, qui dès le début du XXe siècle a commencé à remplacer ses lignes aériennes par des lignes souterraines dans Manhattan, Chicago utilise encore de nos jours la plupart de ses itinéraires originaux.

Géré par la Chicago Transit Authority, le réseau est long de 171 kilomètres ; il est composé de huit lignes, 145 stations (dont 92 sont accessibles aux personnes à mobilité réduite fin 2010), 19 kilomètres en tunnel avec 21 stations, 59 kilomètres en surface avec 42 stations et 92 kilomètres en aérien avec 89 stations[168]. Toutes les lignes, hormis la ligne jaune, partent du centre de la ville où certaines d'entre elles forment la célèbre boucle aérienne, l'Union Loop, maintenant considérée comme la limite du secteur communautaire du Loop. Deux lignes, la bleue et la rouge, traversent le secteur du Loop en souterrain.

La majeure partie des lignes du réseau est située à l'intérieur des limites du territoire de la ville de Chicago, hormis quelques kilomètres aux extrémités des lignes rose (Cicero), mauve (Wilmette), jaune (Skokie), verte (Oak Park) et bleue (Forest Park). Le 'L' dessert les deux aéroports de Chicago, l'aéroport O'Hare par la ligne bleue (à 45 minutes du centre-ville) et l'aéroport Midway par la ligne orange (à 30 minutes du centre-ville). L'aéroport O'Hare possède son propre système de métro sur pneus entièrement automatisé appelé Airport Transit System (ATS). Fonctionnant 24 heures par jour et dont le service est gratuit, l'ATS fait une boucle dans l'enceinte de l'aéroport, desservant ainsi cinq stations.

Une rame de métro sur la ligne orange en direction de Midway.

Les stations du métro de Chicago présentent plusieurs types architecturaux qui cohabitent, allant du style Queen Anne du XIXe siècle, au style italien du XXe siècle jusqu'à des structures de conception résolument moderne. Certaines stations sont décorées d'œuvres d'art tandis que d'autres conservent une forme utilitaire. Depuis la grande réorganisation du réseau et l'attribution d’une couleur distinctive à chaque ligne en 1993, les stations sont dénommées selon le nom de la rue ou de l'avenue qu'elles croisent, ou, plus généralement, de la rue où se trouve leur entrée principale.

La CTA envisage depuis de nombreuses années de créer une seconde boucle, appelée Circle Line. Ce projet de nouvelle ligne, présenté en 2002, prévoit un partage de rails avec la ligne rouge jusqu'à Chinatown, avant de suivre la ligne orange jusqu'à Ashland. De là, un nouveau viaduc permettra de rejoindre la ligne rose et l'United Center (l'arène des Bulls) au croisement avec la ligne bleue. Depuis ce croisement, un second viaduc de 7 km de long permet de retrouver la ligne rouge et le tunnel Dearborn. Ce projet est toujours à l'étude, et cette nouvelle ligne, comme les importants aménagements qu'elle suppose, ne devraient pas voir le jour avant 2025.

Bus urbains et interurbains[modifier | modifier le code]

Géré par la Chicago Transit Authority (CTA), le réseau des bus urbains de Chicago est beaucoup plus étendu que son système de métro car il dessert, avec ses nombreux arrêts, l'intégralité de la ville et une partie de son agglomération située dans le comté de Cook. Le parc de la CTA est composé d'une flotte d'environ 1 879 autobus qui circulent sur les 140 lignes du réseau qui représente un total cumulé de 3 658 km. En juin 2015, ces bus ont transportés plus de 25 millions de passagers par mois[167], soit une moyenne d'environ 872 090 personnes par jour, à travers plus de 12 000 arrêts répartis sur tout le territoire de la ville de Chicago et sur celui d'une quarantaine de municipalités de sa proche banlieue. Certaines lignes ne circulent pas le week-end en banlieue.

Exploité et financé par la Regional Transportation Authority (RTA), le réseau de bus Pace est un réseau de bus interurbain de la grande banlieue de Chicago qui dessert un territoire vaste d'environ 9 553 km2. Doté de 213 lignes, ce réseau est bien plus étendu que celui de la CTA car il dessert, en plus du comté de Cook, cinq autres comtés de l'agglomération de Chicago : DuPage, Lake, Will, Kane et McHenry. Prés de 100 000 personnes empruntent le réseau quotidiennement (chiffres 2016) et environ 28 392 400 personnes chaque année. Le réseau Pace permet de joindre entre-elles les principales municipalités de l'agglomération dont Aurora, Joliet, Waukegan, Elgin, Evanston et Naperville.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Vue générale de l'aéroport international O'Hare.

Avec 66,7 millions de passagers en 2010[170], l'aéroport international O'Hare de Chicago est le troisième du monde par le nombre de passagers derrière l'aéroport International de Pékin (deuxième) et l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta. De 1996 à 2009, l'aéroport O'Hare était classé deuxième dans le monde par le nombre de passagers. Situé à environ 27 kilomètres au nord-ouest du secteur financier du Loop (30 à 40 minutes en voiture)[171], il est accessible par la Kennedy Expressway, le métro (ligne bleue) et les bus de la Chicago Transit Authority. Les navettes de l'ATS desservent cinq stations réparties sur une ligne faisant une boucle dans l'enceinte de l'aéroport en passant par les terminaux et les parkings les plus éloignés. L'aéroport O'Hare connaît des problèmes de saturation, de retards, voire d'annulation de certains vols. Un plan de modernisation et de refonte des pistes ainsi que de l'aérogare a été lancé pour accroître ses capacités. Il sert de hub principal d'United Airlines dont le siège se trouve en centre-ville de Chicago, ainsi que pour American Airlines.

L'aéroport international Midway de Chicago est le deuxième aéroport de Chicago avec 18,8 millions de passagers en 2006[167] et se situe à environ 17 kilomètres au sud-ouest du Loop. Il est principalement utilisé par des compagnies aériennes à bas prix pour des vols nationaux. La compagnie la plus représentée à Midway est la compagnie low cost texane Southwest Airlines. Les aéroports O'Hare et Midway se situent tous les deux sur le territoire de la ville de Chicago, le premier dans le secteur d'O'Hare à l'extrémité nord-ouest de la ville et le deuxième à cheval sur les secteurs de Clearing et Garfield Ridge dans le sud-ouest de la ville. Il existe également un troisième aéroport dans la région, celui de Gary/Chicago. Il se situe sur le territoire de la ville industrielle de Gary en banlieue sud-est, dans l'État voisin de l'Indiana, à environ 10 kilomètres de la limite territoriale de Chicago (40 kilomètres de Downtown).

Chicago possède un code AITA commun à tous les aéroports : CHI.

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Carte des autoroutes et des principales artères de la ville de Chicago.

Chicago est le point de départ de la Route 66[172]. Cette route historique, aujourd'hui déclassifiée, est orientée d'est en ouest et s'étend sur une longueur totale de 3 670 km, traversant huit États. De 1926 à 1985, elle joignait Chicago à Santa Monica (ville située sur les rives de l'océan Pacifique en Californie), en passant par les vastes étendues agricoles de l'Illinois et du Missouri, les plaines du Kansas et de l'Oklahoma, les champs de pétrole du Texas, les montagnes du Nouveau-Mexique et les déserts de l'Arizona. À Chicago, le point de départ officiel a varié selon les périodes, autrefois situé dans le Grant Park au niveau de la Buckingham Fountain, un panneau se trouve aujourd'hui sur Adams Street, près de l'Institut d'art de Chicago dans le centre-ville[173].

La ville de Chicago possède dans ses limites plus de 6 437 km de rues, 2 732 intersections, 250 000 lampadaires pour éclairer ses rues et avenues, près de 300 ponts routiers dont 36 ponts mobiles qui traversent la rivière Chicago, et 180 kilomètres de voies cyclables[174]. Ces infrastructures sont prises en charge par le Chicago Department of Transportation (CDOT), le service municipal responsable de la maintenance, la construction et la gestion de la voirie (rues, trottoirs, ponts, signalisations routières, éclairage public...) de la ville de Chicago. Les autoroutes et les routes d'État qui traversent le territoire de Chicago sont quant à elles gérées par l'État de l'Illinois.

Chicago et sa région se trouvent au cœur d'un vaste réseau routier et autoroutier, composé notamment d'autoroutes fédérales (U.S. highway), d'autoroutes inter-États (Interstate highway), de routes fédérales (U.S. Route) et de routes d'État (State Route). Ces infrastructures de transports sont essentielles pour le maintien de la croissance et la vitalité économique de Chicago, et ainsi permettre aux 9,5 millions d'habitants de l'agglomération de pouvoir se déplacer et de se connecter facilement aux accès routiers qui assurent la desserte des banlieues et la convergence vers Downtown Chicago.

Autoroutes urbaines[modifier | modifier le code]

Le Jane Byrne Interchange, échangeur autoroutier où convergent les autoroutes Kennedy, Eisenhower et Dan Ryan dans le centre de Chicago.

Cinq autoroutes interétatiques (Interstate highways) convergent vers le centre-ville pour faciliter les trajets à travers la ville et ses banlieues. Trois des autoroutes les plus importantes de Chicago se joignent au niveau du Jane Byrne Interchange, l'un des échangeurs autoroutiers les plus empruntés du Midwest avec une fréquentation d'environ 300 000 véhicules par jour[175].

Longue de 28,65 km, la Kennedy Expressway commence à Downtown et rejoint l'aéroport international O'Hare en direction du nord-ouest[176], desservant ainsi les quartiers nord (North Side) où elle joint l'autoroute des Trois États (Tri-State Expressway), la principale autoroute nord-sud. La Eisenhower Expressway (I-290) et la Adlai E. Stevenson Expressway sont deux autoroutes qui mènent vers les banlieues ouest et sud-ouest où elles sont aussi reliées à celle des Trois États. La Dan Ryan Expressway, dans le prolongement de la Kennedy Expressway, est longue de 18,5 km et se dirige plein sud[176]. La Dan Ryan se connecte à l'Interstate 94 au sud de la Chicago Skyway, sur une distance de 6,49 km. La Chicago Skyway, une autoroute relativement courte qui s'étend sur 12,6 km, relie l'Interstate 90 à la Dan Ryan Expressway et traverse les quartiers sud (South Side) avant de s'arrêter à la frontière de l'État de l'Indiana au sud-est de la ville.

La région de Chicago s'ouvre sur les vastes plaines du Midwest et possède l'avantage d'être dotée d'un complexe autoroutier qui est l'un des plus performants d'Amérique du Nord. En effet, il permet à la troisième métropole des États-Unis de rejoindre aisément d'autres villes d'importance régionale dont Milwaukee à 150 km au nord (par l'I-94), Indianapolis à 290 km au sud (par l'I-65), Détroit à 455 km au nord-est (par l'I-94), Saint-Louis à 477 km au sud-ouest (par l'I-55), Columbus à 520 km à l'est (par la Route 30), Des Moines à 535 km à l'ouest (par l'I-80), Cleveland à 550 km à l'est (par l'I-90), Minneapolis à 660 km au nord-ouest (par l'I-90), Kansas City à 820 km au sud-ouest (par l'I-55 et l'I-72), et Toronto (Canada) à 830 km au nord-est (par l'I-69 et l'I-94).

Circulation et stationnement en ville[modifier | modifier le code]

La circulation est relativement fluide, sauf à la sortie des bureaux, vers 18 h. Avec son système de rues en grille, hérité du Plan de Chicago de 1909, il est facile de se repérer dans Chicago car les rues sont longues mais peu nombreuses et sont perpendiculaires les unes aux autres. Les tours les plus hautes peuvent servir de points de repère mais s'avèrent trompeuses et peuvent fausser la notion de distance. Pour se déplacer facilement du nord au sud de la ville et vice versa, il est conseillé d'emprunter le périphérique Est (Lake Shore Drive) qui longe le lac Michigan et passe au milieu d'immenses pelouses avec vue sur les gratte-ciel du quartier d'affaires.

Se stationner à Chicago est très difficile, principalement dans le centre-ville. Tous les stationnements sont payants, et hors de prix : de 7 à 30 $ pour 12 h. Quant aux parcomètres, ils n'acceptent que les pièces de 25 cents et fonctionnent en général de 9 h à 19 h. Impossible de prépayer la nuit pour le lendemain matin. Il importe donc de vérifier scrupuleusement les panneaux d'interdiction de stationnement, car la ville de Chicago est réputée pour l'enlèvement très rapide des voitures mal stationnées et la mise en fourrière, même si elles ne gênent en rien la circulation ou les piétons.

Vélos en libre-service[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Divvy.
Vélos Divvy à la station Clinton-Madison.

Selon les autorités municipales, la ville de Chicago possède un peu plus de 180 km de voies cyclables couvrant une grande partie de son territoire.

Depuis 2013, la ville de Chicago est dotée d'un système de vélos en libre-service appelé « Divvy ». En 2016, il exploite 5 837 vélos répartis sur 576 stations dans un large secteur du centre de Chicago, délimité par la 75th Street au sud, Touhy Avenue au nord, le lac Michigan à l'est, et Pulaski Road à l'ouest[177]. Nommé « Divvy » pour représenter l’idée de « Diviser et partager » (Divide and Share), il est le dernier ajout au système de transport collectif de Chicago. Destiné à aider les Chicagoans à parcourir le « dernier kilomètre » de leur parcours grâce à sa flotte de vélos à 3 vitesses, il rend également plus aisée l’exploration de la métropole. Selon les chiffres pour l'année 2014, les vélos étaient empruntés par plus de 13 000 utilisateurs par jour[178]. Les vélos ainsi que les stations sont développés à Montréal au Québec par l'entreprise PBSC Solutions Urbaines[179].

C'est en 2007 que vient au maire de Chicago Richard M. Daley l'idée de mettre en place un système de vélocation. En effet, c'est lors d'une visite à Paris que Daley se dit intéressé par le projet après avoir essayé des vélos en libre-service[180]. De retour à Chicago, Richard M. Daley, connu pour son engagement en faveur de la protection de l'environnement, se fixe comme objectif de doter sa ville d'un système similaire[181]. Il faudra attendre 2013 avant de voir le projet arriver à son terme.

Transport fluvial[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Port de Chicago.

Chicago est un port du lac Michigan. Ses atouts sont liés à sa situation exceptionnelle au cœur de la région des Grands Lacs et ont permis le développement industriel de la ville au XIXe siècle. Grâce à un système de voies navigables, le port de Chicago est relié vers l'est à l'océan Atlantique par les Grands Lacs et le Saint-Laurent, et au golfe du Mexique au sud, via le fleuve Mississippi. Ses 14 terminaux maritimes sont gérés par l'Illinois International Port District.

Avec un trafic global situé entre 23 et 26 millions de tonnes par an[166], le port de Chicago occupait le 32e rang aux États-Unis en 2005[182]. La majeure partie du trafic est destinée au marché intérieur (23 074 136 tonnes courtes[182]). Diverses marchandises passent par le port de Chicago : des métaux non ferreux, des minerais, du coke, du sucre, des céréales, des produits pétrochimiques, de l'acier, du ciment, etc.

Water taxis[modifier | modifier le code]

Un water taxi passant sous le pont de Wabash Avenue.

Les water taxis sont des bateaux taxis (taxi-boat) qui fonctionnent comme des petits ferries sur un parcours à circuit fermé le long de la rivière Chicago et sur le lac Michigan de mars à décembre. Ils possèdent cinq arrêts sur son trajet qui relie plusieurs points névralgiques du centre de Chicago[183] dont Chinatown (au Ping Tom Memorial Park), Madison Street, LaSalle/Clark (près du Merchandise Mart), Michigan Avenue (sur le Magnificent Mile), et North Avenue (sur Goose Island). Les bateaux se déplacent également sur le lac Michigan, du côté de la jetée Navy, offrant aux visiteurs un point de vue privilégié sur la skyline de Chicago.

Bien que ce ne soit pas le moyen le plus efficace de se déplacer en ville, c'est certainement le plus prisé des touristes, en effet ce mode de transport offre aux visiteurs une vue imprenable sur les gratte-ciel et les bâtiments historiques situés en bordure de la rivière Chicago[184],[185]. En 2014, environ 350 000 personnes ont emprunté les taxis-boats[183]. Beaucoup sont des touristes, mais 30 % sont des Chicagoans.

Pendant l'été, les départs et les arrivées se font du lundi au vendredi de h 45 à 21 h, les week-ends de 10 h à 20 h 30 et le samedi soir jusqu'à 23 h pour l'arrêt situé sur la jetée Navy. Les points de vente des tickets se trouvent au 400 North Michigan Avenue et sur Trump River Plaza.

Culture[modifier | modifier le code]

Chaque année, les Irlandais de Bridgeport fêtent le jour de la Saint-Patrick, avec sa cérémonie et sa grande parade dans les rues du centre-ville.

Pendant des siècles, les Amérindiens utilisaient le « She-caw-gu » (portage de Chicago) comme une liaison pratique entre les étendues supérieures du Mississippi et les vastes étendues d'eau des Grands Lacs. En 1779, Jean Baptiste Pointe du Sable, un marchand de peaux de descendance franco-africaine, créait la première colonie à cet emplacement stratégique. Depuis lors, Chicago a attiré des immigrants en provenance du monde entier. En 1930, sur une population de 3,4 millions de personnes vivant à Chicago, 2,46 millions étaient nés à l’étranger ou nés en Amérique, de parents étrangers. Leurs enclaves ethniques se réfléchissent dans les nombreux quartiers culturellement distincts. Chicago compte parmi ses habitants de nombreuses communautés incluant les irlandais, italiens, roumains, allemands, polonais, russes, suédois, croates, tchèques, portugais, espagnols, grecs, juifs, afro-américains, coréens, chinois, philippins, vietnamiens, mexicains, cubains, colombiens, haïtiens, portoricains, indiens, arabes, arméniens, jamaicains, dominicains et africains, vivant l'exemple de ce « creuset démographique » (melting pot) qui, plus que dans toute autre ville américaine aura réussi à donner à la ville son caractère cosmopolite. Chicago est également la plus grande ville polonaise en dehors de la Pologne. Les quartiers ethniques les plus populaires de la ville comprennent Greek Town (ville grecque), Little Italy (petite Italie), Chinatown (quartier chinois), Little Vietnam (petit Viêt Nam), Little Saigon (petit Saigon), Bridgeport (quartier irlandais), Ukrainian Village (village ukrainien), Pilsen (quartier mexicain mais tchèque autrefois) et Humboldt Park (quartier portoricain) et sont tous situés près du secteur financier du Loop, et les quartiers allemands, polonais, afro-américains et hispano-américains n'en sont pas très loin. Chaque quartier offre un air culturel distinct, avec leurs épiceries, restaurants et magasins spécialisés.

L'Orchestre symphonique de Chicago est l'un des orchestres symphoniques les plus prestigieux du monde.

La musique classique tient une place importante dans cette ville. Fondé par Theodore Thomas en 1891, l'Orchestre symphonique de Chicago est considéré comme étant l'un des meilleurs orchestres du monde[186]. Il offre régulièrement des performances artistiques au Symphony Center. L'Orchestre Sinfonietta de Chicago est un orchestre symphonique multiculturel et beaucoup plus diversifié que l'Orchestre symphonique de Chicago. Durant l'été, de nombreux concerts en plein air sont donnés au pavillon Jay Pritzker dans le Millennium Park. Situé à Highland Park, à environ 40 km au nord de Chicago, le Ravinia Festival est également une destination de prédilection pour de nombreux Chicagoans, il s'agit du plus ancien festival en plein air des États-Unis[187] et propose aussi des concerts de musique classique. D'autres performances comme le Joffrey Ballet et le Chicago Festival Ballet sont données au Harris Theater, une salle de spectacle d'une capacité de 1 525 places située à Grant Park. Le Civic Opera House est le deuxième opéra en importance en Amérique du Nord. D'une capacité de 3 563 places, il est le foyer de l'Opéra lyrique de Chicago depuis 1929[188]. L'opéra Jūratė Kastytis, présenté par Kazimieras Viktoras Banaitis, s'est produit à Chicago en 1996[189], et le Lithuanian Opera Company of Chicago a été fondé en 1956 par la communauté lituanienne de Chicago[190]. La ville est le foyer de plusieurs autres troupes de danse moderne et de jazz, tels que le Hubbard Street Dance Chicago.

Divers genres de musique font partie du patrimoine culturel de la ville : le Chicago blues, la Chicago soul, le Chicago jazz, la Chicago house, le Chicago punk hardcore et le Chicago rock. La ville est le berceau de la House music[191], un courant de musique électronique qu'elle a vu naître au début des années 1980. Durant cette période, Chicago est également un centre majeur du mouvement punk et de la new wave. Dans les années 1980 et 1990, cette influence est dominée par le rock alternatif. En 1985, la ville est l'épicentre de la culture rave, avant qu'elle ne soit peu à peu remplacée par le punk hardcore et le rock indépendant, deux cultures florissantes dans la première moitié des années 1980. La scène hip-hop de Chicago est influente depuis le milieu des années 1990, et compte des artistes reconnus comme Twista ou Common. Depuis 2005, de nombreux festivals représentant tous les genres musicaux, allant du rock à l'électro, se déroulent chaque année au Lollapalooza, de nombreux groupes et artistes internationaux s'y représentent, dont Guns N' Roses, Red Hot Chili Peppers, Rage Against the Machine, le groupe irlandais U2, le groupe français Daft Punk, le groupe allemand Scorpions ou encore les groupes anglais The Police et Oasis.

Situé sur State Street, le Chicago Theatre est l'une des plus importantes salles de spectacle du pays.

La ville compte près de 200 théâtres[192], dont le principal est l'Auditorium Theatre qui fut construit en 1889 avec une capacité de plus de 4 000 places. On peut également citer l'Uptown Theatre (4 381 places), le Chicago Theatre (3 600 places), le Goodman Theater, le Harris Theater, le Congress Theater (3 500 places), et le Mayfair Theater. Les théâtres communautaires de Chicago ont engendré les théâtres modernes d'improvisation[193]. Le Second City et le I.O. (ImprovOlympic) sont deux troupes d'improvisation connues pour avoir lancé des acteurs tels que Bill Murray, Mike Myers ou encore John Candy. Les compagnies de théâtre d'improvisation les plus réputées de la ville incluent le Steppenwolf Theatre, le Théâtre Goodman, et le Théâtre Victory Gardens. Les salles de théâtre et de spectacle de Chicago offrent des divertissements dignes de ceux de Broadway dans des lieux prestigieux tels que le Ford Center for the Performing Arts Oriental Theatre, le Bank of America Theatre, le Cadillac Palace Theatre, l'Auditorium Theatre (dans l'Auditorium Building), et le Drury Lane Theatre (dans la Water Tower Place). Les productions dédiées à la communauté polonaise ont émergé à partir de 1930 et sont représentées au Gateway Theatre à Jefferson Park[194]. Depuis 1968, le Prix Joseph Jefferson Awards est décerné chaque année aux meilleurs théâtres de Chicago[195].

Avec ses neuf millions d'ouvrages, la Harold Washington Library est la plus grande bibliothèque publique de Chicago. Inaugurée en 1991, elle se situe au cœur de Downtown Chicago dans le secteur financier du Loop, à proximité de l'Art Institute of Chicago (Institut d'art de Chicago) et est gérée par la Chicago Public Library (CPL), une institution municipale qui dispose de 79 bibliothèques (une moyenne d'une par secteur) à travers la ville de Chicago. Parmi les plus importantes, on peut citer les bibliothèques régionales Conrad Sulzer Regional Library et Carter G. Woodson Regional Library.

La reconstruction de Chicago, ravagée par le grand incendie de 1871, en a fait le berceau de l'architecture moderne. Depuis ce temps, Chicago entretient merveilleusement bien sa réputation de ville d'art. Outre la richesse de son architecture (allant du gothique au style Chicago en passant par le moderne et l'Art déco) qui en a fait sa renommée mondiale, la ville possède un nombre incontestable de sculptures, de fontaines et de statues, faisant ainsi de la ville un véritable musée à ciel ouvert. Durant une grande partie du XXe siècle, elle nourrit un style fort au surréalisme figuratif, comme dans les œuvres d'Ivan Albright et Ed Paschke. En 1968 et 1969, les membres du Chicago Imagists, tels que Roger Brown, Leon Golub, Robert Lostutter, Jim Nutt et Barbara Rossi produisent des peintures figuratives. Aujourd'hui, Robert Guinan peint des portraits réalistes de Chicagoans populaires à Paris, bien qu'il soit peu connu à Chicago même.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Le sandwich italien au bœuf de chez Portillo's, une chaîne de restauration rapide qui sert des spécialités de la ville de Chicago.

Chicago est une destination culinaire de renommée mondiale, avec plus de 7 000 restaurants proposant toutes sortes de cuisines. Elle est aussi la seule ville du pays avec New York et San Francisco a posséder un restaurant 3 étoiles. Chicago est le domicile de chefs cuisiniers réputés comme Charlie Trotter, Rick Bayless, Art Smith, Grant Achatz, Rick Tramonto, Graham Elliot Bowles et Gale Gand[196]. Parallèlement, la ville honore les traditions culinaires avec les spécialités locales comme la pizza de Chicago[197], le sandwich italien au bœuf, les hot-dogs de Chicago et le sandwich polonais de Chicago[198]. La grande histoire culinaire de Chicago, associée aux visions des chefs et restaurateurs expérimentés ainsi que des professionnels de la restauration, a fait de la ville l'un des paradis américains pour les gastronomes.

La pizza de Chicago (appelée localement Chicago-style pizza) est probablement la spécialité chicagoane la plus connue des États-Unis et dont la tradition remonte aux années 1940[197]. Les habitants de Chicago, comme les visiteurs, apprécient la pizza « deep dish » de Chicago, préparée à partir d’une pâte beurrée, beaucoup de fromage, de la sauce tomate avec morceaux et une myriade de garnitures comme de la saucisse italienne, du pepperoni, des poivrons, des oignons et des champignons. Elle est servie dans des centaines de restaurants de la ville.

La ville est réputée pour son sandwich italien au bœuf (Italian Beef Sandwich) ou simplement Italian Beef, qui est une spécialité emblématique de la ville de Chicago depuis 1938[199]. Ce sandwich se compose d'un pain de type baguette richement garni de fines tranches de rosbif juteuses et assaisonnées. Le pain peut avoir été préalablement trempé dans la sauce de la viande. Le tout est recouvert de petits poivrons sautés dans sa version douce, ou de garniture épicée de type Giardiniera dans sa version plus forte. On trouve ce type de sandwich principalement dans la région de Chicago.

Le fameux hot-dog de Chicago (Chicago-style hot dog) est un autre pilier de l’art culinaire de la ville. Un hot-dog de Chicago est une saucisse de bœuf cuite à la vapeur ou bouillie sur un petit pain aux graines de pavot[200]. Le hot-dog est garni de moutarde, d’oignon, de sweet pickle relish (cornichons à l’aigre-doux finement hachés), de cornichons à l’aneth, de tranches ou de quartiers de tomates, de piment doux, d’une pincée de sel de céleri mais jamais de ketchup.

Le sandwich polonais de Chicago (communément appelé le Maxwell Street Polish) constitue depuis près d'un siècle une spécialité de Chicago. Créé en 1939 par Jimmy Stefanovic[201], ce sandwich est considéré comme étant un « classique » de la cuisine de rue de Chicago[202]. Il s'agit d'une saucisse kiełbasa (d'origine polonaise) grillée et surmontée d'oignons sautés et de piments, servie comme un hot-dog, dans un pain de type bun avec des agréments comme de la moutarde.

Plusieurs établissements locaux de restauration rapide proposent la dégustation des spécialités de la ville, notamment Portillo's, Superdawg et The Wieners Circle. Ces chaînes de restauration sont représentées au festival gastronomique connu sous le nom de Taste of Chicago. Événement incontournable pour de nombreux Chicagoans depuis 1980, il s'agit du plus grand festival consacré à la gastronomie dans le monde avec en moyenne 3,5 millions de visiteurs chaque année[203]. La Billy Goat Tavern, une chaîne de tavernes de la ville, est connue pour la qualité de sa restauration et ses débits de boissons. Depuis plusieurs années, Chicago se fait connaître pour ses restaurants spécialisés dans la gastronomie moléculaire, avec des chefs comme Grant Achatz[204] ou encore Homaro Cantu[205]. En 2008, le magazine Maxim a donné a Chicago le titre de « Tastiest City[206]» littéralement « ville savoureuse ». Enfin, Chicago propose un vaste choix de plats végétariens et végans, avec une sélection de plus de 170 restaurants végétariens dispersés à travers la ville[207]'[208].

Enfin, le brownie, un gâteau au chocolat contenant des morceaux de noix, a été inventé par un chef du Palmer House Hotel à Chicago en 1893, hôtel ayant appartenu à Palmer Cox. Le nom brownie est inspiré du nom des personnages Brownie que ce dernier dessinait en tant qu'illustrateur[209],[210].

Musées[modifier | modifier le code]

Chicago est mondialement connue pour être une ville de musées. Elle en abrite pas moins de 70, tous différents. Ils offrent une vue assez complète de l’Histoire, des Arts, et des Sciences de nombreuses civilisations. Parmi les principaux figure l'Art Institute of Chicago (Institut d'art de Chicago). Grâce à de nombreux mécènes issus des milieux aisés de Chicago, ce musée, le deuxième plus grand musée d'art aux États-Unis après le Museum of Modern Art (MoMA) à New York[211] est particulièrement renommé pour ses collections sur les différents arts américains. Si ses collections représentent 5 000 ans d'histoire de l'art dans le monde, il détient le plus grand nombre de peintures impressionnistes en dehors de Paris, et accueille environ 1 450 000 visiteurs en 2005[211].

Le musée des sciences et de l'industrie (Museum of Science and Industry), connu sous l'acronyme de MSI, a été inauguré à l'occasion de l'Exposition universelle de 1893 (World Columbian Exposition). Il se situe à Jackson Park, dans le secteur de Hyde Park et se trouve dans ce qui était à l'origine le Palais des Beaux-Arts de Chicago. Conçu par l'architecte Charles B. Atwood, le bâtiment a été construit dans le style grec de l'ère classique et a été inspiré par les bâtiments de l'Acropole d'Athènes. Ces dernières années, le musée a subi d'importantes rénovations de modernisation et couvre aujourd'hui une superficie de 14 hectares. Depuis 2009, il s'est classé comme étant la deuxième plus importante attraction culturelle de la ville[212].

Le musée d'art contemporain de Chicago (Museum of Contemporary Art), connu sous l'acronyme de MCA, est l'un des plus grands musées d'art contemporain du monde. Fondé en 1967 comme galerie d’expositions temporaires, il acquiert dès 1974 des collections permanentes, toujours spécialisées dans des créations de l'après Seconde Guerre mondiale[213]. Désormais établi en centre-ville, il se situe dans le quartier de Streeterville, au 220 East Chicago Avenue[214], près de la Water Tower Place. Si ses expositions sont particulièrement renommées, son fond permanent, qui met un accent particulier sur le surréalisme, le minimalisme, la photographie conceptuelle et les travaux des artistes locaux, se compose de plus de 6 000 œuvres contemporaines.

Chicago propose également à la visite l’un des plus grands aquariums du monde, l'aquarium John G. Shedd. Inauguré en 1930, grâce au généreux don de 3 000 000 dollars de l'entrepreneur John G. Shedd, l'aquarium devient à son ouverture le plus important du monde avec un total de 19 millions de litres d'eau et quelque 25 000 poissons et cétacés de plusieurs centaines d'espèces différentes issues des quatre coins du monde. Il reçoit chaque année la visite de plus de deux millions de touristes, ce qui en fait l'un des aquariums publics les plus fréquentés des États-Unis.

Le musée de la photographie contemporaine (Museum of Contemporary Photography), fondé en 1984 par le Columbia College, est situé sur Michigan Avenue, dans le secteur de Near South Side. Il s’intéresse à la photographie contemporaine, se concentrant sur l'Amérique et les résidents des États-Unis. Sa collection, composée de 7 000 photographies, intègre des œuvres d'Ansel Adams, d’Henri Cartier-Bresson, Julia Margaret Cameron, Walker Evans, Dorothea Lange, Irving Penn, Aaron Siskind et Victor Skrebneski. Il permet également de découvrir différents types d'appareils photos, des tirages couleur, des morceaux numériques, des diaporamas et des photogrammes.

Le Terra Museum of American se donne pour vocation de regrouper des œuvres d’artistes américains. Situé sur Michigan Avenue, il est géré par la Terra foundation for american art, du nom de son créateur Daniel J. Terra, un homme d’affaires américain également à l’origine de la création du musée des impressionnismes Giverny (MIG) en 1992. Le Terra Museum regroupe, dans son importante collection de peintures, de nombreuses œuvres d’artistes du mouvement impressionniste. Le 31 octobre 2004, il ferme définitivement ses portes après 24 ans d'existence.

Le musée Field (Field Museum of Natural History) est situé au Museum Campus (parc municipal regroupant également l'aquarium John G. Shedd et le planétarium Adler), au sud-est de Grant Park entre Lake Shore Drive et le lac Michigan. Construit par l'architecte Daniel Burnham dans le style néo-classique initié lors de l'exposition universelle (World Columbian Exposition), il ouvre en 1893 sous le nom de Columbian Museum of Chicago. Renommé musée Field en 1905, en hommage à l'homme d'affaires et donateur Marshall Field, il s’organise en quatre départements principaux : l'anthropologie, la zoologie, la botanique et la géologie. Depuis 1997, le musée abrite le plus grand squelette connu de Tyrannosaurus rex, surnommé « Sue », du nom de Sue Hendrickson, la paléontologue l'ayant découvert. En 2006, le musée accueille 1,7 million de visiteurs[215], devenant ainsi la principale attraction culturelle de la ville[216].

Le Musée d'histoire de Chicago (Chicago History Museum), hérité de la Chicago Historical Society, est un musée fondé en 1856. Situé dans le secteur de Lincoln Park, il possède plus de 22 millions d'objets et de documents qui sont autant de preuves et de témoignages permettant de retracer l’ensemble de l'histoire de Chicago, des origines de la ville avant sa fondation à la métropole moderne qu'elle est aujourd'hui[217].

Le Planétarium Adler (Adler Planetarium and Astronomy Museum), construit en 1930[218], est le plus ancien planétarium du continent américain. Couplé à un musée de l’astronomie et l'astrophysique, il offre une gamme d’expositions célestes et un environnement de réalité virtuelle, qui permettent de découvrir les constellations et l’histoire de l'exploration spatiale. Il met aussi en exergue les plans audacieux de l'Amérique visant à voyager sur la Lune[219].

L’American Police Center Museum (APCM) résulte d’une collecte commencée en 1974 par la Chicago Patrolmen's Association concernant le Chicago Police Department. Situé dans le quartier de South Loop, au 1717 South State Street, le musée ouvre ses portes en 1989. Il réunit diverses séries d’objets, dont des armes de contrebande et une réplique de chaise électrique. Il présente, outre des photos (dont certaines issues du massacre de Haymarket Square survenu en 1886) et des documents relatifs au maintien de l’ordre, une collection d’insignes et d’uniformes de police. Il dispose de sections consacrées aux luttes que la ville a pu mener notamment contre la mafia, ou la toxicomanie, dont la scénographie privilégie parfois le spectaculaire[220].

Chicago propose également des musées consacrés à l’histoire et à la culture de certaines ethnies, religions ou nationalités. Ainsi, le musée national d'art mexicain (National Museum of Mexican Art, abrégé sous l'acronyme de NMMA), fondé en 1982 et se trouvant depuis 1987 au parc de Harrison dans le quartier mexicain de Pilsen, est le principal dépôt pour l'art mexicain et la culture chicano. Sa collection permanente réunit plus de 6 000 objets. Le musée polonais d'Amérique (Polish Museum of America), pour sa part, se donne pour mission de « recueillir, conserver et présenter des contenus historiques ayant trait à la Pologne »[221], tandis que le Ling Long Museum, situé à Chinatown, s’intéresse à l’histoire et à la culture des populations chinoises immigrées aux États-Unis. Le musée DuSable des Afro-Américains (DuSable Museum of African American History), issu de l’Ebony Museum of Negro History and Art, ouvre ses portes avec la volonté de corriger l'absence de perception de l'histoire et de la culture noire dans le monde universitaire. Portant depuis 1968 le nom de Jean Baptiste Pointe du Sable, un métis né d'un père Blanc et d'une mère Noire, qui en qualité de premier colon permanent, peut être considéré comme le « fondateur de Chicago », le musée DuSable est le plus ancien du genre à être consacré à l'étude et à la conservation de l'histoire, de la culture et de l'art afro-américain. Fondé en 1896, l’Institut oriental de Chicago est le musée d’une structure universitaire, l'Oriental Institute, elle-même rattachée à l'université de Chicago. Le musée et l’Institut bénéficient dès leur création, du soutien du milliardaire John Davison Rockefeller. Transféré dans un bâtiment qui accueille le musée et l'institut depuis 1931, sa fréquentation est d'environ 60 000 visiteurs par an. Il abrite plus de 100 000 objets, principalement issus d’excavations conduites par l'Oriental Institute. Constituant une des plus importantes collections d'objets archéologiques des États-Unis, il présente un ensemble d’informations assez complet sur le Moyen-Orient antique[222].

Le Centre culturel de Chicago (Chicago Cultural Center), situé sur Washington Street dans le secteur du Loop, constitue la dixième attraction touristique de la ville. Il est construit en 1897 et constitue alors la première bibliothèque municipale de Chicago. Reconverti en centre culturel à partir de 1977, il offre quotidiennement et tout au long de l’année des programmes et des expositions qui vont des arts du spectacle et visuels aux arts littéraires. Les bâtiments présentent, en eux-mêmes, des aspects architecturaux intéressants, dont de spectaculaires dômes de vitraux, parfois inspirés de modèles compliqués de la Renaissance. La salle Preston Bradley est coiffée du plus grand dôme en vitrail du monde[223].

Le musée national d’Art des Anciens Combattants (National Viêt Nam Veterans Art Museum, devenu National Veterans Art Museum en 2010), connu sous l'acronyme de NVAM, est issu d’une collection artistique organisée en 1981 par quelques anciens combattants du Viêt Nam, réunis au sein du Viêt Nam Veterans Art Group. Comprise comme une déclaration humaniste et intemporelle contre la guerre, et portée dans divers musées et galeries des États-Unis, cette collection est devenue permanente en 1996, après que le maire de Chicago Richard M. Daley, personnellement ému par ce témoignage artistique, lui a alloué un bâtiment. Il présente des œuvres offrant un point de vue unique sur le sujet controversé de la guerre, avec un équilibre fragile, qui reflète la beauté et l’horreur, donnant une perspective unique sur le psychisme des anciens combattants[224],[225].

Le Chicago Children's Museum (en français, Musée pour enfants de Chicago) est situé depuis 1995 sur la jetée Navy et présente l’originalité d’être un musée spécifiquement adapté aux enfants. Fondé en 1982 par une ligue associative, il se veut la réponse compensatoire à des compressions de programmes et d'activités dans les écoles publiques de la ville. Couvrant 5 300 m2 d'espace d'exposition, il comprend, sur trois étages, des expositions éducatives, des programmes d’éducation publics, des activités ludiques et des événements spéciaux. Pouvant accueillir jusqu’à 657 000 personnes chaque année[226], il est le quatrième plus grand musée pour enfants des États-Unis[227].

Musique[modifier | modifier le code]

Benny Goodman en 1971.

En tant que troisième plus grande ville des États-Unis, Chicago est bien connue pour avoir la musique dans l'âme et a toujours été un centre majeur pour la musique dans le Midwest, surtout au début des années 1900, quand la « grande migration » d'ouvriers pauvres d'origine afro-américaine des villes industrielles du sud du pays a apporté les musiques traditionnelles comme le jazz et le blues à Chicago, le jazz ayant donné naissance à la scène locale connue sous le nom de Chicago Jazz[62]. En matière de musique folk, Chicago possédait une scène prospère, en particulier dans les années 1960 et 1970 lorsque de nombreux artistes de la région se retrouvaient pour jouer dans les bars du centre ville.

La scène jazz de Chicago est remarquable pour ses nombreux musiciens de renom. Les artistes les plus importants à Chicago incluent George Lewis, Ray Anderson, Muggsy Spanier, Jimmy McPartland, Bix Beiderbecke, Eddie Condon, Bud Freeman, Benny Goodman, Gene Krupa, Frank Teschemacher, et Frank Trumbauer. Au début du XXe siècle, Chicago devint avec La Nouvelle-Orléans l'un des berceaux du jazz. La plupart des artistes chicagoans se produisaient à l'Aragon Ballroom, une salle de bal devenue très populaire dans les années 1930 ; elle se situe dans le quartier de Uptown et a accueilli presque tous les grands noms de l'ère du « big band » dont Frank Sinatra et Tommy Dorsey. Au XXIe siècle, Chicago possède toujours une scène jazz vibrante et innovante, grâce notamment à son festival annuel de jazz (Chicago Jazz Festival). Les célébrités ayant popularisé ce festival incluent des musiciens mondialement connus comme Sonny Rollins, Ornette Coleman, Miles Davis, Benny Carter, Ella Fitzgerald, Anthony Braxton, Betty Carter, Lionel Hampton, orchestre de Chico O'Farrill, Jimmy Dawkins, Von Freeman, Johnny Frigo, Slide Hampton, Roy Haynes, et beaucoup d'autres. Les musiciens les plus importants à travers toutes les ères vivantes du jazz continuent de donner régulièrement des concerts en ville, font des enregistrements et voyagent à travers tout le pays jusqu'en Europe. John Prine, Steve Goodman et Bonnie Koloc étaient les chanteurs-compositeurs de chansons folkloriques les plus en avant de cette période. Étant un grand fan de l'équipe des Cubs, Steve Goodman reste l'artiste le plus étroitement lié à la ville.

Maurice White en 1975, chanteur du groupe de funk Earth, Wind and Fire.

Le groupe Earth, Wind and Fire a été formé à Chicago en 1969 par Maurice White. Earth, Wind and Fire a été l'un des groupes les plus populaires durant les années 1970 et la première moitié des années 1980, vendant des albums par millions à travers le monde. Leur style musical et un mélange de jazz-funk et de disco-funk ; ils révolutionneront le genre et influenceront un grand nombre de groupes et d'artistes.

Chicago est aussi célèbre pour être le lieu de naissance de la « House music » et de certains de ses sous-genres comme l'Acid house, la Chicago house, la Hip-house, la Deep house, la Tech house et la Diva house qui sont d'autres genres de musiques électroniques directement liés à la House Music. Ses principaux représentants sont mondialement connus et incluent les Fingers, Inc., Marshall Jefferson, Steve Hurley, Curtis Jones, Ron Carroll, Keith Farley, Larry Heard, Jesse Saunders, Paul Johnson, Adonis, Lil' Louis, Ten City, Anthony Nicholson ou Vince Lawrence.

Concernant la musique classique, Chicago possède deux orchestres majeurs, dont l'orchestre symphonique de Chicago qui est l'un des orchestres les plus anciens et les plus respectés de la nation[228] et l'orchestre Sinfonietta de Chicago qui, avec son groupe, est reconnu en tant qu'« orchestre le plus divers de la nation ». Le Grant Park Music Festival offre une série annuelle de concerts de musique classique à Grant Park. Il est le seul festival de musique classique en plein air et se tient actuellement dans le pavillon Jay Pritzker au Millennium Park. Le Grant Park Music Festival est depuis 1931 « une tradition à Chicago », voire incontournable depuis que le maire Anton Cermak ait proposé des concerts gratuits pour remonter le moral des habitants de Chicago durant la Grande Dépression. Le festival, qui est parrainé par le Chicago Park District, le Département des affaires culturelles de Chicago et le Grant Park Orchestral Association présente les nominés aux Grammy Awards.

La scène hardcore de Chicago a développé le punk hardcore de manière inconditionnelle au début des années 1980. Elle était bien plus expérimentale que dans les autres grandes villes des États-Unis et dans le reste du monde. Elle s'est développée durant l'année 1982, dans et autour des bars et des lieux de rendez-vous dans les quartiers nord de la ville. Aujourd'hui, les groupes de punk hardcore les plus populaires sont Naked Raygun[229], The Effigies[230], Rise Against[231], Fall Out Boy[232], et The Blackad[233].

Patrick Stump en 2011, chanteur du groupe de rock Fall Out Boy.

Au cours des années 1980 et des années 1990, la scène de musique Rock de Chicago est devenue très populaire, particulièrement la scène hard rock et punk rock, comme The Smashing Pumpkins, The Jesus Lizard, Chicago, Ministry, Survivor ou encore Patti Smith. De nos jours les scènes punk et rock de la ville sont toujours aussi populaires et depuis le début des années 1990, de nombreux groupes et artistes ont fait irruption avec notamment Chevelle, The Effigies, The Lawrence Arms, Venomous Concept, Fall Out Boy, The Killers, Sidewalk, Shellac, Gastr del Sol, Rise Against, Naked Raygun, Tar, Veruca Salt, Dark Star Orchestra, Allá et Big Black. Chicago compte également de nombreux groupes de rock underground, donc pas connus en dehors des frontières de l'Illinois, voire de la ville.

La scène hip-hop de Chicago est devenue très influente à partir du milieu des années 1990 et s'est popularisée grâce à des artistes comme Twista, Kanye West, Common, Lupe Fiasco, Da Brat, Rhymefest ou encore Shawnna. Connue aujourd'hui sous le nom de « Chicago hip-hop », la scène hip-hop chicagoane ne possède que peu de représentants. Le genre Chicago hip-hop ou Chicago Rap Music (littéralement « musique rap de Chicago »), n'a pas de son uniforme ou de style standard de hip-hop semblable a celui du Midwest rap ou du Rap East Coast. Le style des rappeurs de Chicago varie souvent, et suivant les quartiers chicagoans desquels les artistes proviennent, leurs styles changent, allant du Hipster rap au Gangsta rap, ou encore du Rap hardcore au Rap politique. Les rappeurs de West Side ont tendance à revendiquer le style Rap hardcore, à la différence de ceux de South Side qui revendiquent le Rap politique et le rap se mêlant aux influences soul, funk ou encore blues. Aujourd'hui, le style de rap dominant à Chicago est la Drill music, style né en 2011 dans le South Side avec la monté en popularité des rappeurs membres de gangs chicagoans tels que Chief Keef, Lil Jay, FBG Duck, Fredo Santana ou encore Lil Durk.

À Chicago, le RnB contemporain s'est développé durant la fin des années 1980 et a commencé à prendre de l'ampleur dans le milieu des années 1990, comprenant des artistes s'étant exportés jusqu'en Europe comme Donell Jones, la chanteuse Jennifer Hudson, mais aussi et surtout R. Kelly, considéré depuis ses débuts dans la première moitié des années 1990, comme étant l'artiste RnB américain le plus charismatique et l'un des plus vendeurs.

Enfin, Chicago est également réputée pour ses nombreuses scènes musicales et pour être le foyer de certains genres : le Chicago Blues, le Chicago Jazz, la Chicago Soul, la Chicago House qui a donné naissance à la « House music » au début des années 1980, le Chicago Rock, le Chicago hip-hop et le Chicago Punk hardcore.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Panorama urbain sur Chicago depuis le lac Michigan de nuit.

Chicago est l'un des principaux centres de production cinématographique du pays après New York et Los Angeles. De nombreux films des années 1920 et 1930 ont été tournés à Chicago, surtout des films policiers et des films de gangsters (Scarface, Le Petit César, L'Ennemi public, Le Gangster de Chicago, L'Affaire Al Capone, Les Incorruptibles) qui puisent leurs origines dans le crime organisé de la ville des années 1920 et des années 1930 et ses héros comme Al Capone. Le contexte historique est généralement celui de la prohibition ou de la Grande Dépression.

En raison du passé agité et de la réputation sulfureuse de « ville mafieuse et corrompue » véhiculée dans le monde entier pendant de nombreuses décennies, Chicago tente de montrer une autre image d'elle en luttant depuis le début des années 1990 contre les films de gangsters et autres films violents en les faisant tout simplement interdire[réf. nécessaire], estimant que cette époque est bel et bien révolue et qu'aujourd'hui la ville n'est plus ce qu'elle était. C'est pour cette raison que depuis plusieurs années ce sont essentiellement des comédies romantiques (Quand Harry rencontre Sally, Une bouteille à la mer, Shall We Dance ?), des thrillers, des films policier (Le Fugitif, US Marshals, Peur primale), des films d'action (Code Mercury, Wanted : Choisis ton destin, Poursuite), des films pour adolescent (Collège Attitude, American Pie) ou encore des films fantastiques et de science-fiction (I, Robot, The Dark Knight : Le Chevalier noir, Transformers 3 : La Face cachée de la Lune, Transformers 4) qui y sont tournés.

Quelques films ayant pour cadre la ville de Chicago :

© Copyright Wikipedia authors - The articles gathered in this document are under the GFDL licence.
http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html