Château de la Rivière (Eure-et-Loir)

Un article de Wikipedia, l'encyclopedie libre.
Sauter a la navigation Sauter a la recherche
Pour les articles homonymes, voir Château de la Rivière.
Château de la Rivière
Le château de la Rivière, façade sud.
Présentation
Type
Construction
XVIIe siècle
Statut patrimonial
Site web
Localisation
Adresse
Hameau de la Rivière
Pontgouin, Eure-et-Loir
 France
Coordonnées

Le château de la Rivière, est situé à Pontgouin, en Eure-et-Loir. Il offre un ensemble construit au début du XVIIe siècle et peu modifié depuis quatre siècles. Construit par la famille d’Aligre, il resta dans cette famille jusqu’au décès en 1926 de Marie Charlotte de Preaulx, dernière marquise d’Aligre.

Historique[modifier | modifier le code]

Berceau de la famille d'Aligre[modifier | modifier le code]

Le château a été construit au premier quart du XVIIe siècle sur une base datant d’un logis du XVe siècle. C’est le premier chancelier d’Aligre [1] qui a commencé les travaux du château (où il mourut[2]) et c’est son fils, le deuxième chancelier d’Aligre qui les a finis.[3].

Pour établir la date de construction du château, Damien Castel cite les Mémoires de Saint-Simon : « La reine mère, réconciliée avec le roi son fils, voulut établir ses créatures. Les sceaux furent donnés à Marillac le 1er juin 1626, et Aligre envoyé chez lui à La Rivière, petite maison qu'il avait sous la château de Pontgouin, terre et maison de campagne des évêques de Chartres. »

Étienne Ier (ou II) d'Aligre a commencé par réunir, à partir de 1592, la propriété restée indivise entre les héritiers après le décès de sa tante Michelle Haligre, veuve de Jehan Pocquet[4]. Cette opération est terminée quand il a rendu aveu pour le domaine le 30 mars 1598. Cet aveu précise que la maison est entourée de douves franchissables par un pont-levis. Un aveu du 26 avril 1614 que l'habitation seigneuriale est « un hostel et manoir en forme de pavillon (...) clos à murailles de mathière avec les fossés à eau tout à l'entour dudit hostel et manoir.dont La construction a commencé par le grand corps central. » Il n'existait alors qu'un bâtiment unique couvert d'un toit à quatre pentes.

Pour dater ce premier bâtiment Étienne Faisant cite un marché de maçonnerie passé non par le maître d'ouvrage mais par l'entrepreneur dans l'étude d'un notaire parisien, le 23 janvier 1617. Ce marché donne les dimensions en plan de ce bâtiment, 12 toises sur 25 pieds, ce qui correspond aux 23,30 m sur 8,50m du bâtiment central. Il permet de savoir aussi qu'Étienne d'Aligre s'est adressé pour la réalisation de ce corps de bâtiment au maître maçon parisien Antoine Petit qui a confié ce travail à deux maçons habitant à proximité de Pontgouin, Marceau Marant et Pierre Dufray. Le marché comprend un devis descriptif et des dessins.

Le château porte deux dates gravées sur deux parties opposées du château : 1628 sur la tour d'angle ouest, et 1629 sur le pavillon du pont-levis. Ces dates permettent de déduire que le pavillon latéral ouest, la tour nord-ouest et le petit pavillon de l'extrémité ouest ont été terminés en 1628. Le pavillon du pont-levis date de 1629. Ces constructions ont été réalisées alors que le chancelier d'Aligre n'avait plus les sceaux, mais sous l'Ancien régime, le roi ne pouvait pas révoquer le chancelier? Celui-ci a conservé son titre à vie avec son traitement annuel de 100 000 livres. Les archives du château antérieures à 1631 ont été perdues. Il ne subsiste pas de marchés pour ces travaux. À la même époque, l'évêque de Chartres, Léonor d'Estampes de Valençay, faisait travailler à son château de Pontgouin. Le même maître maçon de Pontgouin et les mêmes ouvriers travaillent alors aux deux châteaux. Le maître maçon du château de l'évêque est Pierre Hébert qui doit aussi travailler à l'agrandissement du château du chancelier. Celui-ci n'est pas terminé en 1635. Seule le bâtiment central et la partie latérale côté ouest avec le pavillon du pont-levis avec deux tours placées de part et d'autre de ce pavillon (tour du four à pain et tour du colombier) ont été construits.

Étienne II (ou III) d'Aligre, fils aîné du chancelier, a hérité du château de La Rivière en 1637. Il va poursuivre le projet d'agrandissement du château de son père. Il entreprend de faire construire un canal par un premier marché passé le 31 décembre 1637 à Robert Cathois. Il doit avoir une largeur de 7,80 m et une profondeur de 1,62 m. La longueur n'est pas précisée mais doit être importante car il est prévu deux années de travaux. Un bail de location datée de 1640 indique que le canal est nouvellement fait alimenté par l'Eure. Dans un marché passé le 11 septembre 1642 à Louis Poullard et son associé, Étienne d'Aligre prévoit de « faire et parachever le canal encommencé par feu Robert Cathois ». La largeur du canal a été passée à 12 m. En 1642-1643, le cours de l'Eure a été détourné et l'ancien lit de l'Eure a été comblé.

Un premier marché est passé le 28 décembre 1637 pour l'approvisionnement en matériaux, mais Étienne d'Aligre a dû laisser la priorité à son suzerain, l'évêque de Chartres. Ce dernier a construit son château entre 1632 et 1642. En 1643, Pierre Hébert construit le pavillon latéral est, la tour nord-est ou tour de la chapelle et le petit pavillon d'extrémité est. Les matériaux ont été commandés par un marché passé le 6 décembre 1642. Le 9 novembre 1642 est passé le marché avec le charpentier Roynard de « toute la charpenterie du logis neuf que ledit seigneur fait faire au bout du grand corps de logis dudit lieu de La Rivière, du costé de Pontgouin, qui est le corps dudit logis en forme de pavillon, la tour et le petit logis qui est en saillie dans la cour, le tout attenant l'un à l'autre (...) pareil et semblablement à l'autre pavillon, tour et petit pavillon près à l'autre bout dudit grand corps de logis vers Boissard ». À la fin des travaux, la façade était développée sur 66 m de long. Le château n'a pratiquement plus évolué. La ferme et les dépendances du château ont été construites par Pierre Hébert en 1644-1645.

Pendant la Fronde, Étienne d'Aligre a dû resté à Paris. Il a demandé à son cousin, Michel Le Tellier, secrétaire d'État à la guerre, de faire veiller à la garde du château. Après la Fronde, il a poursuivi l'aménagement de la chapelle. Un marché a été passé à Pierre Boucher, peintre de La Loupe, pour la mise en couleur et la dorure de la chapelle.

Après la fin des travaux du château, Étienne d'Aligre a augmenté la surface de son parc. Peu avant 1705, Étienne III d'Aligre (1660-1725) a fait construire une glacière en maçonnerie. Quand Étienne François d'Aligre a hérité du château de La Rivière, le parc avait une superficie de 53 hectares. Il a continué à l'agrandir en y incluant des bois. L'ensemble a été entouré d'une nouvelle clôture de murs. Il y a fait aménagé un jardin anglais.

Le château a appartenu à la famille d’Aligre jusqu’au décès en 1926 de Marie Charlotte de Preaulx dernière marquise d’Aligre, veuve d'Étienne VI Marie Charles d'Aligre, 7e marquis d'Aligre, pair de France, né en 1813, mort en 1889.

Durant la seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la seconde guerre mondiale le château a été réquisitionné pour accueillir une école de jeunes filles.

Depuis 2009[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, le château appartient à Édouard de Vitry, qui a entamé des travaux de restauration : façades, jardins, toits, douves, ponts, etc[5].

Intérieur[modifier | modifier le code]

Deux pièces à l’intérieur sont ouvertes à la visite guidée.

L’entrée : cette dernière a été modifiée au XIXe siècle pour être agrandie, l’important escalier en bois actuel en est le fruit.

Le grand salon : les boiseries datent du XVIIe siècle[6] et étaient à l’origine peintes. Au-dessus des quatre portes du salon se trouvent quatre portraits des membres de la famille d’Aligre. Deux sont particulièrement identifiables grâce à leurs attributs de fonction, leur coffret de Garde des Sceaux, à noter qu’ils étaient aussi Chanceliers de France[7],[8].

Il y a aussi un piano, dit « piano carré » classé monument historique[réf. souhaitée], il n’est cependant pas lié à l’histoire du château.

Le pigeonnier[modifier | modifier le code]

Le pigeonnier date du XVIIIe siècle. Il est dans un bel état de conservation[réf. nécessaire], il a d’ailleurs bénéficié de la réparation d’une des lucarnes il y a quelques années[réf. souhaitée].

Il comporte 940 boulins, correspondant aux 940 arpents de terres que possédait la famille d’Aligre au moment de sa construction[réf. souhaitée].

Protection[modifier | modifier le code]

Le château est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 23 décembre 1987[6]. Cela concerne :

  • les façades et toitures du château, avec à l'intérieur, les boiseries du XVIIe siècle du salon ;
  • le pigeonnier ;
  • le pavillon d'entrée et le portail d'entrée ;
  • les façades et toitures des communs de l'aile sud-ouest.

La protection est étendue par arrêté du 18 avril 2013[6],[9] aux murs de soutènement des douves sèches et les douves sèches elles-mêmes, aux façades et toitures des communs de l'aile sud-est, de la tour sud-est, ainsi que la plate-forme du château et l'ensemble du terrain décoratif alentour (canal, ponts, allées plantées, cours, jardins, le parc et ses murs de clôture dans sa configuration de 1794).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étienne Pattou, Famille d'Aligre (lire en ligne)
  2. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique: ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane qui contient en abrégé l'histoire fabuleuse des Dieux et des Héros de l'Antiquité Payenne, les vies et les actions remarquables des Patriarches [...], l'établissement et le progrès des Ordres Religieux et Militaires et la vie de leurs Fondateurs, les généalogies [...], la description des Empires Royaumes [...], l'histoire des conciles généraux et particuliers sous le nom des lieux où ils ont été tenus [...], Chez Jean Brandmuller, (lire en ligne)
  3. Société archéologique d'Eure-et-Loir, Le cinquantenaire de la Société archéologique d'Eure-et-Loir : 1906 14-27 mai, 31 mai et 2, 3 et 4 juin, (lire en ligne)
  4. Comte d'Armancourt, Chartres. - Notes héraldiques et généalogiques, dans Le cinquantenaire de la Société archéologique d'Eure-et-Loir : 1906, p. 380 (lire en ligne)
  5. « Le château de la Rivière livre ses secrets aux visiteurs », sur https://www.lechorepublicain.fr, .
  6. a b et c Notice no PA00097186, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. « Consultation », sur archivesetmanuscrits.bnf.fr (consulté le 14 février 2017)
  8. Sturdy, David John (1940-2009). Auteur du texte et Sturdy, David John (1940-2009), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le 14 février 2017)
  9. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2013 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Damien Castel, « Le château et le parc de La Rivière à Pontgouin », dans Bulletin monumental, 2018, tome 176, no 1, p. 39-50, (ISBN 978-2-901837-71-8)
  • Étienne Faisant, Le château d'Étienne II d'Aligre au château de La Rivière à Pontgouin (Eure-et-Loir), dans Bulletin monumental, 2018, tome 176, no 3, p. 239-50, (ISBN 978-2-901837-73-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Portail des châteaux de France
  • Portail des monuments historiques français
  • Portail d’Eure-et-Loir