Bonifacio del Carril

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Bonifacio del Carril
Fonctions
Ministre des Relations extérieures
Président José María Guido
Ambassadeur d’Argentine auprès de l’Nations unies
Président José María Guido
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Buenos Aires
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Buenos Aires
Nature du décès Naturelle
Nationalité  Argentin
Parti politique Conservateur
Diplômé de Université de Buenos Aires
Profession avocat, juge

Bonifacio del Carril (Buenos Aires, 1911 - ibidem, 1994) était un homme politique, avocat, professeur de droit, diplomate, historien, traducteur et historien de l’art argentin.

Doté d’un doctorat en droit, il se lança d’abord dans la carrière d’enseignant, tout en menant parallèlement une activité d’avocat, notamment pour le compte de quelques grandes entreprises, puis, plus tard, de juge, siégeant en particulier, dans la décennie 1970, à la Cour suprême de justice de son pays. Cependant, il s’engagea bientôt en politique, choisissant le camp de la droite conservatrice. Ayant pris part au coup d’État de 1943, il fera partie de l’aile conservatrice du nouveau pouvoir, opposée à la politique ouvriériste de Perón. Il conspira contre celui-ci en 1955 et eut un rôle actif dans le coup d’État de septembre 1955 qui mit fin au gouvernement péroniste. Il devint ministre des Affaires étrangères sous le président Guido en 1962, et ensuite ambassadeur d’Argentine auprès des Nations unies, auquel titre il obtint en 1965 une victoire diplomatique avec une résolution favorable à l’Argentine dans la question des Malouines. On lui doit par ailleurs de nombreux ouvrages de politique, d’histoire et sur l’art pictural en Argentine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sorti licencié en droit de l’université de Buenos Aires dès l’âge de 20 ans, après avoir parcouru le cursus en seulement 3 ans (de 1929 à 1931), Bonifacio del Carril soutint ensuite (avec mention très honorable) une thèse de doctorat ayant pour sujet l’Unité nationale et le Fédéralisme argentin, laquelle thèse sera publiée plus tard sous la forme d’un livre intitulé Buenos Aires frente al país (littér. Buenos Aires face au pays, 1944).

Il devint ensuite, de 1937 à 1943, professeur d’histoire de l’Amérique, de droit usuel et de pratique judiciaire dans une école de commerce, puis, de 1943 à 1946, directeur de travaux pratiques à l’Institut d’enseignement pratique de la faculté de droit de Buenos Aires, et fut chargé de 1939 à 1943, dans cette même faculté, du cours préparatoire d’histoire argentine. Parallèlement, il travailla comme avocat, comme greffier d’un juge fédéral, comme procureur à la Caisse municipale de Prévoyance sociale, comme auditeur honoraire de l’armée des Andes en campagne à Cuyo pendant le coup d’État de 1955, etc. De juillet 1941 à avril 1944, il dirigea le Movimiento de la Renovación, groupement de jeunesse, de droite et conservateur. À partir de 1947, il fut à la tête de la maison d’édition Emecé Editores S.A.

Il exerça comme sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur en 1944 (sous la présidence de Pedro Pablo Ramírez), comme ministre des Relations extérieures en 1962 (sous la présidence de José María Guido), et en 1965 (sous la présidence d’Arturo Illia) comme ambassadeur extraordinaire auprès des Nations unies lors du débat à propos des îles Malouines, lequel débat déboucha sur la résolution 2065, victoire diplomatique pour l’Argentine. Il avait fait partie du groupe de conspirateurs qui fomenta le coup d’État de septembre 1955 contre le président constitutionnel Juan Perón.

Il fut l’avocat et le syndic d’entreprises importantes, avocat-conseil de la Corporación Argentina de Productores de Carnes (association professionnelle des producteur de viandes, 1958-1973) et, dans les années 1969, 1970, 1971, 1977 et 1978, juge assesseur de la Cour suprême de justice de la nation.

Il collabora quarante années durant au quotidien La Nación et publia plus de 300 articles et plus de soixante ouvrages et brochures sur la politique, l’histoire, l’art et l’iconographie argentins.

Il fut membre de l’Académie nationale d’histoire, et par trois fois président de l’Académie nationale des beaux-arts d’Argentine, et sera nommé en 1972 académicien correspondant des académies d’histoire d’Espagne, du Chili et du Pérou, et de l’Académie nationale des beaux-arts du Brésil[1].

Il préconisa et proposa un certain nombre d’idées dans le domaine tant politique que culturel, dont notamment : le système du ballottage, les élections primaires ouvertes, le mandat présidentiel de quatre ans (au lieu des six ans en vigueur jusqu’en 1994 en Argentine), et la loi de la libre circulation des biens culturels.

Pendant la dictature autodénommée Processus de réorganisation nationale instaurée en Argentine à la suite du coup d’État civico-militaire de 1976, Del Carril apporta son concours à différentes activités organisées par le gouvernement et visant à améliorer son image à l’étranger, alors fortement entamée par la dénonciation internationale de violations des droits de l’homme. Le gouvernement, mettant en œuvre les recommandations de l’agence américaine de relations publiques Burson-Marsteller d’« utiliser des célébrités spécialement sélectionnées et entraînées pour voyager dans différents pays et d’y parler de l’Argentine et de ce que le pays peut offrir aux touristes », mit sur pied une escorte composée de personnalités connues pour faire cortège au dictateur Jorge Rafael Videla lors de son voyage au Venezuela en 1977. Ainsi Del Carril (en qualité de président de l’Académie nationale des beaux-arts), le pilote de course Juan Manuel Fangio et le prix Nobel de chimie Luis Federico Leloir se laissèrent-ils enrôler dans cette escorte qui le 12 mai 1977 à Caracas accompagna la rencontre entre Videla et le président vénézuélien Carlos Andrés Pérez.

La politique traditionnelle de l’Argentine, inspirée des idéaux de paix, liberté, égalité et démocratie, et fixée dans la constitution de Mai, que le pays a toujours suivie en matière internationale, sauf quelques rares et déplorables exceptions, sera réaffirmée avec la plus grande insistance possible par l’actuel gouvernement. Nous sommes avec l’Occident parce que nous sommes l’Occident. Dans la lutte titanesque et inégale que l’Occident livre pour préserver la paix et la liberté du monde, l’Argentine adhère sans réserves aux objectifs fondamentaux de la politique que mènent les grandes puissances occidentales européennes et les États-Unis d’Amérique, dignes conducteurs du monde libre en ces graves et difficiles instants. Cette adhésion, exprimée librement et spontanément, n’implique d’aucune manière ni subordination, ni reddition. C’est l’expression simple d’une véritable coïncidence. Parce que nous sommes occidentaux et que nous sentons avec ferveur et profondeur ce que sent l’Occident, nous coïncidons avec ceux qui en Occident pensent et sentent comme nous.
L’Argentine s’identifie pleinement avec la politique internationale que promeut l’Occident et avec la philosophie chrétienne qui l’inspire, car cette politique et cette philosophie sont les siennes propres, sans considération de quelque autre raison de convenance ni d’opportunité, qui seraient déplacées dans la décision d’un peuple véritablement digne.
Nous ne sommes assurément pas une superpuissance ni n’aspirons avoir dans la politique mondiale un poids plus grand que celui qui nous revient. […]
Les États-Unis ne sont pas, à l’heure actuelle, une nation. C’est un immense continent qui s’étend d’un océan à l’autre, peuplé par des hommes provenant des endroits les plus divers, un immense continent qui remplit une mission providentielle, comme il l’a déjà démontré à deux reprises au cours de ce siècle, accourant avec ses fils pour préserver l’intégrité de ses pères, mais, une fois la tâche accomplie, retournant avec un amour filial admirable et simple vers le lieu d’où ils étaient partis.
Les États-Unis sont les gardiens de la liberté et sont peut-être l’unique facteur d’une espérance véritable, fondée sur des faits réels, qu’ait l’homme occidental dans ces moments difficiles de la vie de l’humanité.

Bonifacio del Carril, déclaration du 4 mai 1962, peu après la chute de Frondizi et l’avènement au pouvoir de Guido[2].

Il traduisit en espagnol notamment le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry et l’Étranger d’Albert Camus.

Il se vit décerner en 1992 le prix Consagración Nacional en ciencias históricas y sociales (littér. Consécration nationale en sciences historiques et sociales).

Ouvrages de Bonifacio del Carril (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Buenos Aires frente al país (1944)
  • Los Mendoza (1954)
  • Veinte Obras Maestras de la Pintura Contemporánea (1955)
  • Reproducciones de Arte (1955)
  • Carlos Pellegrini, Tableau Pittoresque de Buenos Ayres, aquarelles et gouaches avec des textes de Carlos Pellegrini et une étude préliminaire de Bonifacio del Carril, Buenos Aires - Paris (1958)
  • Crónica interna de la Revolución Libertadora (1959)
  • Julio Daufreseu y Alberto Isola, Usos y Costumbres de Buenos Aires, introduction et textes de B. del Carril, Buenos Aires - Paris (1960)
  • La expedición Malaspina en los mares americanos del Sur (1961)
  • El dominio de las Islas Malvinas (1964)
  • Monumenta Iconographica: Paisajes, ciudades, tipos, usos y costumbres de la Argentina 1536-1860 (1964)
  • Iconografía del general San Martín (1971)
  • Iconografía de Buenos Aires (1982)
  • El retorno a la Constitucion (1983) –
  • Vote por el mal menor (1983)
  • La cuestión de las Malvinas (1982), Biblioteca Argentina de Historia y Política (ISBN 950-614-445-1)
  • La combinación Urquiza/Alsina en las elecciones de 1868 (1982)
  • La cuestión de Chile (1984)
  • El destierro de Dorrego, 1816, éd. Emecé, Buenos Aires (1986)
  • Verdades y Contraverdades (1988)
  • Corridas de toros en Buenos Aires (1988)
  • Acuarelas de A. A. Vidal (1988)
  • Los indios en la Argentina (1992)
  • El gaucho (1993).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Academia Nacional de Bellas Artes, « Académicos fallecidos » (consulté le 23 mars 2017)
  2. Cité par Arturo Jauretche, Las Polémicas, éd. Colihue, Buenos Aires 2009, p. 139-140.
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