Alphonse De Moerloose

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Alphonse Frédéric De Moerloose
Biographie
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Décès
(à 74 ans)
Schilde
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Œuvres principales

Alphonse Frédéric De Moerloose, né à Gentbrugge (Belgique) le , et décédé à Schilde (Belgique) le (à 74 ans).est un prêtre de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie [CICM] et architecte belge. Missionnaire en Chine de 1885 à 1929 il y construisit plusieurs églises catholiques,

Biographie[modifier | modifier le code]

Alphonse De Moerloose est le 10e et dernier enfant de Jean-Baptiste De Moerloose et de Marie-Thérèse De Jaeger, une famille parlant français habitant Gentbrugge, en Flandres. Son père a commencé comme maçon, pour s'élever entrepreneur et échevin responsable des travaux publics à Gentbrugge. Deux de ses frères ont été entrepreneurs, ainsi qu'un de ses beau-frères, Edouard Van Herrewege, et une sœur plus âgée était mariée avec l'architecte Ferdinand de Noyette (1838-1870) et s'est remarié avec son frère Modeste de Noyette (1847-1923). Ce dernier a été un important architecte réalisant des bâtiments civils et religieux dans le style néo-gothique en Flandres.

Alphonse De Moerloose a dû être influencé par son beau-frère Modeste de Noyette. Il a commencé par faire de brillantes études d'architectes à partir de 1876. Il a obtenu le 7 août 1881 le premier prix en cinquième année de ses études d'architecture à l'École supérieure des arts Saint-Luc de Gand. À cette époque, l'enseignement de cette école durait sept années avec des leçons le soir et le weekend. Dans la journée, il devait probablement travailler avec son père. Les étudiants les plus doués pouvaient suivre une huitième année qui conduisait au « Grand prix ». Le milieu de l'école des arts de Saint-Luc défendait un catholicisme ultramontain opposé à la sécularisation de la société et au libéralisme. Sous l'influence du baron Jean-Baptiste Bethune, l'enseignement de l'architecture promeut le style néo-gothique.

La famille De Moerloose était très catholique. Animé par un désir missionnaire De Moerloose entre en octobre 1881 au séminaire de Scheut, à Anderlecht (près de Bruxelles) de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, fondée en 1862 par Théophile Verbist. Cette congrégation missionnaire s'était vu assigner par la Congrégarion pour l'évangélisation des peuples, en 1865, la mission apostolique de Mongolie-Intérieure. Alphonse De Moerloose est ordonné prêtre le 7 juin 1884 et prononce ses vœux religieux dans la chapelle du séminaire de Scheut le 6 février 1885.

Il arrive en Chine en 1885 et est affecté au vicariat apostolique de la province de Gansu dont l'évangélisation a été confiée aux scheutistes par le Saint-Siège en 1878. Les missionnaires scheutistes s'étaient établis dans les villes de Lanzhou, Liangzhou et Ganzhou. Le missionnaire Alphonse De Moerloose adopte alors un nom chinois He Gengbo (和羹柏). Il passe une année dans la résidence de Xixiang, à Wuwei (Gansu) pour apprendre les bases de la langue chinoise, puis travaille dans des paroisses rurales et urbaines.

En 1898, Jérôme-Josse Van Aertselaer (1845-1924) est nommé vicaire apostolique de « Mongolie centrale » où il avait été auparavant directeur du séminaire avant d'être, entre 1887 et 1898, supérieur général de la congrégation[1]. Ce dernier va réorienter la carrière missionnaire d'Alphonse De Moerloose. Il quitte de Gansu en février 1899 pour aller à Xiwanzi (西湾子镇), Xian de Chongli, dans la province de Hebei, siège du vicariat apostolique de Mongolie centrale où il commence à travailler sur un grand séminaire avec une chapelle et la résidence du vicaire apostolique. Au même moment commence la révolte des Boxers qui a détruit un grand nombre d'églises. Xiwanzi a échappé à ces destructions grâce à la protection des militaires occidentaux. L'appui de Van Aertselaer qui a une conception euro-centrée avec une prédilection pour le style gothique va permettre à De Moerloose de développer une activité architecturale importante. Les archives de la congrégation scheutiste en Chine ont été détruites après leur départ et celles de Louvain sont incomplètes rendant difficile la reconstitution d'une liste de tous les bâtiments qu'il a pu construire en Chine. Ces bâtiments ont été des églises paroissiales, des écoles, des orphelinats, des résidences pour les missionnaires, des maisons pour les cathécumènes, ... pour répondre à l'accroissement des besoins de la congrégation. Sa réputation d'architecte va déborder les limites des missionnaires scheutistes et d'autres congrégations ayant des vicariats à proximité vont lui demander d'intervenir pour des constructions d'églises.

En 1903-1905, il travaille sur l'église abbatiale trappiste de Notre-Dame-de-la-Consolation à Yangjiaping (禓家坪) fondée au printemps 1883 par Dom Efrem Seignol (1837-1893). Il va alors être tenté par cet ordre contemplatif. En décembre 1909, quittant la congrégation scheutiste il est incardiné dans le vicariat apostolique de Pékin qui dépend d'un évêque lazariste. Il installe son atelier dans l'enclos de l'abbaye de Yangjiaping, à 180 km au nord-ouest de Pékin, à partir de 1910[2].

Entre 1910 et 1920, il édifie plusieurs grandes églises en brique de style néo-gothique pour les missionnaires lazaristes.

Bâtiments construits[modifier | modifier le code]

  • Beijing / Pékin, cathédrale du Nord (Beitang), décoration intérieure (1909) pour les missionnaires lazaristes
  • Datong (Shanxi), séminaire régional (1922-1928)
  • Gaojiayingzi (Hebei), église paroissiale (1903-1905)
  • Huangtuliang (Hebei), église paroissiale (1906)
  • Meiguiyinzi (Mongolie intérieure), église paroissiale (1904-1906)
  • Nihewan (Hebei), chapelle et résidence (1912)
  • Shanghai, église paroissiale de Yangtze-poo (1924-1926)
  • Shanghai, basilique de She Shan, plans (1920-1923) pour les missionnaires jésuites, bâti par le père jésuite François-Xavier Diniz.
  • Shebiya / Chabernoor (Mongolie intérieure), église paroissiale (1904-1905)
  • Shuangshuzi (Hebei), église paroissiale et résidence (1917)
  • Xiwanzi / Chongli (Hebei), séminaire (1902)
  • Xuanhua (Hebei), église, plus tard cathédrale (1903-1906) pour les missionnaires lazaristes
  • Yangjiaping (Hebei), abbaye trappiste de Notre-Dame-de-Consolation (1903-1905 et 1922), fille de l'abbaye de Sept-Fons
  • Yongping (Hebei), cathédrale (1908-1910) pour les missionnaires lazaristes
  • Zhengding (Hebei), église paroissiale (1924)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sous la direction de Koen De Ridder, Footsteps in Deserted Valleys: Missionary Cases. Strategies and Practice in Qing China, Leuven University Press (collection Louvain Chinese Studies VIII), 2000, p. 170, (ISBN 90-5867-022-8) (aperçu)
  2. Thomas Coomans, Leung-kwok Prudence Lau, « Les tribulations d'un architecte belge en Chine : Gustave Volckaert, au service du Crédit foncier d'Extrême-Orient, 1914-1954 », dans Revue belge d'archéologie et d'histoire de l'art, 2012, tome LXXXI, p. 129, 130, 132, 136, 152 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Aubin Françoise, « Un cahier de vocabulaire technique du R.P. A. de Moerloose. CICM, missionnaire de Scheut (Gansu septentrional, fin du XIXe siècle) », Cahiers de Linguistique - Asie Orientale, 12/2, 1983, p. 103-117 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Coomans Thomas, « Pugin Worldwide. From Les Vrais Principes and the Belgian St Luke Schools to Northern China and Inner Mongolia », dans: Brittain-Catlin Timothy, De Maeyer Jan & Bressani Martin (dir.), Gothic Revival Worldwide: A.W.N. Pugin's Global Influence (KADOC Artes 16), Louvain: Leuven University Press, 2016, p. 156-171 (ISBN 978-9462700918).
  • Coomans Thomas, « Sint-Lucasneogotiek in Noord-China: Alphonse De Moerloose, missionaris en architect », M&L. Monumenten, landschappen en archeologie, 32/5, 2013, p. 6-33 ( (ISSN 0770-4984)).
  • Coomans Thomas, « Notre-Dame de Sheshan à Shanghai, basilique des jésuites français en Chine », Bulletin monumental, 176/2, 2018, p. 129-156, (ISBN 978-2-901837-72-5) (lire en ligne)
  • Coomans Thomas, « East Meets West on the Construction Site. Churches in China, 1840s-1930s », Construction History, 33/2, 2018, p. 63-84 [ISSN 0267-7768].
  • Coomans Thomas 高曼士 & Xu Yitao 徐怡涛, Building Churches in Northern China. A 1926 Handbook in Context / 徐怡涛, 舶来与本土——1926年法国传教士所撰中国北方教堂营造之研究 , Pékin: Intellectual Property Rights Publishing House, 2016, 449 p. (ISBN 978-7-5130-4144-7).
  • Coomans Thomas & Luo Wei 罗薇, « Exporting Flemish Gothic Architecture to China : Meaning and Context of the Churches of Shebiya (Inner Mongolia) and Xuanhua (Hebei) built by Missionary-Architect Alphonse De Moerloose in 1903-1906 », Relicta. Heritage Research in Flanders, 9, 2012, p. 219-262 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Luo Wei 罗薇, Transmission and Transformation of European Church Types in China: The Churches of the Scheut Missions beyond the Great Wall, 1865-1955, KU Leuven, thèse de doctorat (inédite), Louvain, 2013, 505 p.
  • Ulenaers Sonja, Alphons Frederik De Moerloose CICM (1858-1932), KU Leuven, mémoire de licence (inédit), Louvain, 1994, 83 et XXXVIII p.
  • Van Hecken Joseph, « Alphonse Frédéric De Moerloose CICM (1858-1932) et son œuvre d'architecte en Chine », Neue Zeitschrift für Missionwissenschaft / Nouvelle revue de science missionnaire, 24/3, 1968, p. 161-178.
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