Étape des Champs-Élysées du Tour de France

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Étape des Champs-Élysées du Tour de France
Le Tour de France 2007 dans la rue de Rivoli à Paris
Généralités
Sport cyclisme
Création 1975
Organisateur(s) Amaury Sport Organisation
Éditions 45
Périodicité annuel
Statut des participants Professionnels

Palmarès
Tenant du titre Caleb Ewan
Australie
Plus titré(s) Mark Cavendish Royaume-Uni
Meilleure nation Belgique
Pour la compétition en cours voir :
21e étape du Tour de France 2019

L’étape des Champs-Élysées du Tour de France constitue l'ultime étape du Tour de France, une course cycliste par étapes.

La course achève son parcours sur l'avenue des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement de Paris depuis la 62e édition en 1975.

Dans cette étape, la Belgique est la nation la plus titrée, tandis que le Britannique Mark Cavendish est le coureur qui a remporté le plus grand nombre de victoires.

Un seul coureur porteur du maillot jaune a remporté cette étape : le Français Bernard Hinault en 1979 et 1982 (également vainqueur du Tour ces deux années-là).

Historique[modifier | modifier le code]

Lors des deux premiers Tour de France, en 1903 et 1904, la sixième et dernière étape Nantes-Paris se termine à Ville d'Avray, à une quinzaine de kilomètres de Paris. De la 3e édition en 1905 jusqu'en 1967, le Tour de France s'achève sur l'ancien vélodrome du Parc des Princes dans le 16e arrondissement de Paris. Entre 1968 et 1974, l'arrivée est jugée au vélodrome de la Cipale, au Bois de Vincennes dans le 12e arrondissement de Paris.

En 1974, Félix Lévitan, codirecteur du Tour de France et le journaliste Yves Mourousi, suggèrent une arrivée sur l'avenue des Champs-Élysées. Yves Mourousi a contacté directement Valéry Giscard d'Estaing, président de la République, entré en fonction en mai de cette même année, pour obtenir son accord[1].

La première arrivée du Tour de France sur les Champs-Élysées a donc lieu le lors de la 22e étape : il s'agit d'une étape en ligne Paris-Paris de 25 tours de circuit (163,5 km en comptant le départ). Le Belge Walter Godefroot l'emporte au sprint et le Français Bernard Thévenet, vainqueur du Tour, reçoit le maillot jaune des mains du président de la République Valéry Giscard d'Estaing.

En 1976 et 1977, un contre-la-montre d'un tour de circuit a lieu le matin, suivi de l'étape en ligne de 14 tours (91 km) l'après-midi. En 1977, le Français Alain Meslet devient le premier coureur à l'emporter en solitaire.

À compter de 1978, le Tour s'élance de l'extérieur de la ville. Depuis cette date, seule la fin de l'étape emprunte le parcours, et le nombre de tours oscille entre 6 et 8, sauf en 2003 et en 2013 où dix tours avaient été parcourus, à l'occasion du centenaire du Tour et de la centième édition. En 2003, le parcours avait d'ailleurs aussi exceptionnellement servi de prologue à l'édition qui s'élançait de la capitale. Ces deux particularités étaient prévues pour fêter le centenaire de l'épreuve.

L'édition qui reste le plus souvent en mémoire est celle du contre-la-montre individuel en 1989 lorsque le Français Laurent Fignon laisse échapper la victoire finale au profit de l'Américain Greg LeMond pour huit secondes. Il s'agit toujours du plus petit écart de temps de l'histoire entre le vainqueur du Tour et le deuxième du classement général.

À partir de 2013, la Patrouille de France survole les Champs-Élysées à l'entrée des coureurs sur le circuit.

Les étapes sur les Champs Elysées des Tour 2013 et Tour de France 2019 se sont achevées en nocturne.

Règlement[modifier | modifier le code]

Les pavés peuvent devenir très glissants en cas de pluie. En ce sens, le règlement de l'épreuve dispose qu'en cas de conditions particulières, les temps définitifs peuvent être pris à la fin du 1er ou n'importe quel autre passage[2]. Ce fut le cas en 2005 où la pluie contraignit les organisateurs à arrêter les temps dès le premier passage. L'étape ira néanmoins jusqu'à son terme avec la victoire du Kazakh Alexandre Vinokourov. Ce fut également le cas en 2015, où les temps ont été arrêtés au premier passage du fait de la pluie. L'étape fut remportée au sprint par l'Allemand André Greipel.

Parcours[modifier | modifier le code]

Si le nombre de tours a pu évoluer au fil des années, le parcours est resté le même de 1975 à 2012. La boucle de 6,5 km débute devant le Petit Palais en direction du nord-ouest. Les coureurs passent le rond-point des Champs-Élysées et continuent jusqu'à faire demi-tour à hauteur de la rue Arsène-Houssaye (1,5 km). Les coureurs reviennent ensuite sur leurs traces. Après un nouveau passage au rond-point (2,6 km) arrive la place de la Concorde (3,4 km) où ils effectuent une épingle par le Cours la Reine pour s'engouffrer dans la voie Georges-Pompidou, voie qui longe la Seine à droite et le Jardin des Tuileries à gauche. Ils prennent le tunnel de l'avenue du Général-Lemonnier (4,8 km) qui en son centre constitue le point le plus bas du circuit (altitude de 35 m). À sa sortie les coureurs tournent à gauche pour remonter par le nord le Jardin des Tuileries, par la Rue de Rivoli. Après un nouveau passage place de Concorde (5,9 km), ils reprennent l'avenue des Champs-Élysées pour rejoindre l'arrivée (km 6,5).

Cependant, à l'occasion du 100e Tour de France en 2013, le circuit a été modifié exceptionnellement afin qu'il fasse le tour de l'Arc de Triomphe lors de la dernière étape disputée au crépuscule. Le circuit est ainsi passé à 7 km. L'expérience s'avère concluante et cette modification est dès lors conservée définitivement.

Échappées[modifier | modifier le code]

Étape de plat, elle est par tradition réservée aux sprinters. Le maillot jaune change d'ailleurs rarement lors de la dernière étape. Il n'y a eu qu'une exception sur les Champs[3], en 1989 où cette étape était disputée sous forme d'un contre-la-montre et non d'une étape en ligne. Depuis plusieurs années, le leader n'est pas attaqué par ses poursuivants au classement (on parle souvent d'un « pacte » implicite de non-agression[réf. nécessaire]). Cela n'a pas toujours été le cas et lors de la première sur les Champs en 1975, Eddy Merckx a attaqué Bernard Thévenet mais sans succès. Il n'y a donc pas de réelles attaques, mais quelques échappées souvent lancées dans les tout derniers kilomètres. La rapidité du parcours (50 km/h de moyenne dans la partie montante et jusqu'à 70 dans la partie descendante) les vouent souvent à l'échec[réf. nécessaire].

Seules quatre échappées ont pu aller au bout : celles des Français Alain Meslet en 1977, Bernard Hinault en 1979, vainqueur de l'étape devant Joop Zoetemelk (ce qui fait que les deux premiers de la dernière étape sont aussi les deux premiers du Tour cette année-là), Eddy Seigneur en 1994 et le Kazakh Alexandre Vinokourov en 2005.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Année Date Étape Ville départ Distance (km) Vainqueur d'étape Pays
1975 20 juillet 22e étape Paris 163,4 Walter Godefroot Belgique
1976 18 juillet 22e étape (b) Paris 90,7 Gerben Karstens Pays-Bas
1977 24 juillet 22e étape (b) Paris 90,7 Alain Meslet France
1978 23 juillet 22e étape Saint-Germain-en-Laye 161,5 Gerrie Knetemann Pays-Bas
1979 22 juillet 24e étape Le Perreux 180,3 Bernard Hinault France
1980 20 juillet 22e étape Fontenay-sous-Bois 186,1 Pol Verschuere Belgique
1981 19 juillet 24e étape Fontenay-sous-Bois 186,8 Freddy Maertens Belgique
1982 25 juillet 21e étape Fontenay-sous-Bois 186,8 Bernard Hinault France
1983 24 juillet 22e étape Alfortville 195,0 Gilbert Glaus Suisse
1984 22 juillet 23e étape Pantin 196,5 Eric Vanderaerden Belgique
1985 21 juillet 22e étape Orléans 196,0 Rudy Matthijs Belgique
1986 27 juillet 23e étape Cosne-sur-Loire 255,0 Guido Bontempi Italie
1987 26 juillet 25e étape Créteil 192,0 Jeff Pierce États-Unis
1988 24 juillet 22e étape Nemours 172,5 Jean-Paul van Poppel Pays-Bas
1989 23 juillet 21e étape (contre-la-montre individuel) Versailles 24,5 Greg LeMond États-Unis
1990 22 juillet 21e étape Brétigny-sur-Orge 182,0 Johan Museeuw Belgique
1991 28 juillet 22e étape Melun 178,0 Dimitri Konyshev Russie
1992 26 juillet 21e étape La Défense 141,0 Olaf Ludwig Allemagne
1993 25 juillet 20e étape Viry-Châtillon 196,5 Djamolidine Abdoujaparov Ouzbékistan
1994 24 juillet 21e étape Parc Disneyland 175,0 Eddy Seigneur France
1995 23 juillet 20e étape Sainte-Geneviève-des-Bois 155,0 Djamolidine Abdoujaparov Ouzbékistan
1996 21 juillet 21e étape Palaiseau 147,5 Fabio Baldato Italie
1997 27 juillet 21e étape Parc Disneyland 149,5 Nicola Minali Italie
1998 2 août 21e étape Melun 147,5 Tom Steels Belgique
1999 25 juillet 20e étape Arpajon 143,5 Robbie McEwen Australie
2000 23 juillet 21e étape Paris 138,0 Stefano Zanini Italie
2001 29 juillet 20e étape Corbeil-Essonnes 160,5 Ján Svorada République tchèque
2002 28 juillet 20e étape Melun 144,0 Robbie McEwen Australie
2003 * 27 juillet 20e étape Ville-d'Avray 160,0 Jean-Patrick Nazon France
2004 25 juillet 20e étape Montereau-Fault-Yonne 163,0 Tom Boonen Belgique
2005 24 juillet 21e étape Corbeil-Essonnes 144,5 Alexandre Vinokourov Kazakhstan
2006 23 juillet 20e étape Antony 152,0 Thor Hushovd Norvège
2007 29 juillet 20e étape Marcoussis 144,5 Daniele Bennati Italie
2008 27 juillet 21e étape Étampes 143,0 Gert Steegmans Belgique
2009 26 juillet 21e étape Montereau-Fault-Yonne 164,0 Mark Cavendish Royaume-Uni
2010 25 juillet 20e étape Longjumeau 102,5 Mark Cavendish Royaume-Uni
2011 24 juillet 21e étape Créteil 95,0 Mark Cavendish Royaume-Uni
2012 22 juillet 20e étape Rambouillet 120,0 Mark Cavendish Royaume-Uni
2013 21 juillet 21e étape Versailles 133,5 Marcel Kittel Allemagne
2014 27 juillet 21e étape Évry 137,5 Marcel Kittel Allemagne
2015 26 juillet 21e étape Sèvres 109,5 André Greipel Allemagne
2016 24 juillet 21e étape Chantilly 113,0 André Greipel Allemagne
2017 23 juillet 21e étape Montgeron 103,0 Dylan Groenewegen Pays-Bas
2018 29 juillet 21e étape Houilles 116,0 Alexander Kristoff Norvège
2019 28 juillet 21e étape Rambouillet 128,0 Caleb Ewan Australie

* En 2003 le parcours avait également été le théâtre du prologue, remporté par l'Australien Bradley McGee

Statistiques[modifier | modifier le code]

Victoires par nation[modifier | modifier le code]

# Pays Victoires Dernières victoires
1. Belgique 9 Gert Steegmans en 2008
2. France 5 Jean-Patrick Nazon en 2003
Italie 5 Daniele Bennati en 2007
Allemagne 5 André Greipel en 2016
5. Royaume-Uni 4 Mark Cavendish en 2012
Pays-Bas 4 Dylan Groenewegen en 2017
7. Australie 3 Caleb Ewan en 2019
8. États-Unis 2 Greg LeMond en 1989
Ouzbékistan 2 Djamolidine Abdoujaparov en 1995
Norvège 2 Alexander Kristoff en 2018
11. Suisse 1 Gilbert Glaus en 1983
Russie 1 Dimitri Konyshev en 1991
République tchèque 1 Ján Svorada en 2001
Kazakhstan 1 Alexandre Vinokourov en 2005

Victoires individuelles[modifier | modifier le code]

# Coureurs Victoires Pays
1. Mark Cavendish 4 Royaume-Uni
2. Bernard Hinault 2 France
Djamolidine Abdoujaparov 2 Ouzbékistan
Robbie McEwen 2 Australie
Marcel Kittel 2 Allemagne
André Greipel 2 Allemagne

Références[modifier | modifier le code]

  1. Supplément L'Équipe no 1410, 25 juillet 2009. Confirmé par Raphaël Géminiani lors de l'émission des Grosses Têtes du 14 juin 2010.
  2. Règlement officiel de l'épreuve (article 20 paragraphe B)
  3. Le cas s'étant produit au Parc des Princes lors du premier Tour d'après guerre en 1947, avec une longue dernière étape en ligne. Un scénario similaire (ultime contre-la-montre) mais néanmoins plus prévisible avait aussi eu lieu en 1968.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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