Économie de l'Isère

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Le département de l'Isère se situe, de longue date, dans le peloton de tête de l'activité économique et industrielle de la France. Il jouit pour cela d'une histoire économique déjà ancienne, marquée notamment par l'industrie textile, liée à la proximité de Lyon (soieries du pays de Bourgoin).

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les activités agricoles ne sont pas négligeables dans le département, même si, comme partout, on constate la réduction du nombre d'exploitations en activité. Au recensement agricole de 2000, le département compte 8 808 exploitations agricoles dont l'activité principale est d'abord celle des grandes cultures céréalières et ensuite l'élevage bovin. Ces exploitations agricoles, bien qu'en recul en termes d'effectifs, occupent aujourd'hui plus de 250 000 hectares, dans un département dont il ne faut pas oublier qu'il est tout de même en grande partie occupé par des zones montagneuses.

Le département produit des produits de référence dans plusieurs domaines : fruits autour de l'Isle Crémieu, noix de Grenoble, fromages Bleu de Sassenage et Saint-marcellin protégés l'un et l'autre par une appellation d'origine.

Article détaillé : Isère (IGP).

Entreprises[modifier | modifier le code]

Les autres activités économiques reposent sur plus de 65 000 établissements actifs, dont la moitié ne comptent aucun salarié mais 1 310 en comptent plus de 50. De ce point de vue, le département est l'un des plus dotés en établissements de grande taille.

L'histoire industrielle de l'Isère est d'abord et avant tout celle de l'utilisation de la force motrice de l'eau pour la production d'électricité et les usages industriels en découlant.

Les industries les plus anciennes du département sont celles du papier carton, grâce à l'utilisation de l'eau et des coupes de bois réalisées dans les forêts alpines et celle de l'électrométallurgie, notamment la transformation de l'aluminium par électrolyse. C'est en effet dans une usine située à Froges que fut mis en œuvre pour la première fois en France le procédé Héroult.

Même si ces industries ont connu, comme bien d'autres, une réduction de leur activité et des effectifs employés, elles ont constitué une étape dans l'histoire économique du département.

Le XXe siècle aura connu un développement sensible des activités industrielles : une forte industrie agro-alimentaire, employant plus de 6 000 personnes, s'appuie notamment sur la qualité des produits agricoles du département (laiteries, fromageries, pâtisserie et boulangerie industrielles, transformation des viandes) ; un développement multiforme des activités métallurgiques et des constructions mécaniques (emballages, construction de machines-outils, de machines et d'équipements destinés à l'extraction minière par exemple) ; essor constant de la production de biens intermédiaires dans le champ des constructions électriques et électroniques (transformateurs, automatismes, microprocesseurs); activités chimiques (notamment sur le couloir rhodanien) ; production de machines informatiques, il n'y a guère de domaine industriel où l'Isère n'ait pas quelque activité.

Tout au plus peut on peut constater une faible présence de l'industrie automobile et, toutes choses égales par ailleurs, un secteur du bois finalement assez marginal.

L'industrie continue de constituer le premier vecteur d'emplois dans le département avec plus de 28 % des effectifs salariés du secteur privé (source ASSEDIC), et de nombreuses entreprises de grande importance ont une activité significative dans le département : Merlin Gerin dans le domaine des constructions électriques, Caterpillar dans celui des machines et des gros équipements, STMicroelectronics dans le domaine de la microélectronique; Valeo dans celui des moteurs ; Hewlett-Packard dans le domaine de l'informatique.

L'industrie iséroise comprend aussi des entreprises comme Calor (appareillage électroménager) ou Aoste (produits de charcuterie).

Le secteur du bâtiment et des travaux publics propose pour sa part, fin 2006, plus de 26 500 emplois (un peu plus de 8 % des effectifs salariés du secteur privé).

Commerce et services[modifier | modifier le code]

Les activités commerciales, notamment portées par l'activité des enseignes de grande surface pour ce qui est du commerce de détail et par le commerce de produits industriels dans le champ du commerce de gros, emploient un peu moins de 54 000 personnes, soit 17 % des effectifs salariés.

Le secteur du transport, de la logistique et des télécommunications, s'appuyant sur la qualité des communications du département (autoroute du Sud, aéroport de Lyon-Saint-Exupéry) emploie un peu moins de 18 000 salariés, soit 5,6 % des effectifs.

Ce secteur comprend notamment les employés des sociétés de remontées mécaniques présentes sur les stations de sports d'hiver.

Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, largement porté par l'activité touristique hivernale et les stations de haute montagne, emploie un peu plus de 14 000 personnes, et constitue notamment, et naturellement, un employeur important sur les cantons de Villard-de-Lans ou de Le Bourg-d'Oisans.

Le secteur des services aux entreprises est important avec plus de 48 000 emplois, soit un peu plus de 15 % des salariés mais compte d'abord près de 26 500 salariés dans le champ de l'intérim, du gardiennage et de la sécurité, toutes activités en général faiblement rémunérées et sous-qualifiées.

Toutefois, l'existence d'un fort potentiel scientifique dans le département trouve aussi son illustration par la présence de près de 8 000 emplois dans le secteur de l'informatique (en plus des activités de production de matériel informatique et de commercialisation de ces matériels et de leurs composants), plus de 2 600 emplois dans les métiers de recherche et développement, et plus de 6 500 emplois dans le champ de l'ingénierie et du conseil technique.

Situation que l'on rencontre fondamentalement dans l'agglomération grenobloise, et les cantons d'Eybens, de Meylan ou encore de Saint-Ismier, où la filière informatique s'est largement développée sous tous ses aspects.

Enfin, le secteur de l'action sanitaire et sociale emploie, pour ce qui concerne le secteur privé, plus de 22 400 personnes, dans un champ d'activité naturellement marqué ces dernières années par le développement des structures d'accueil et d'hébergement et par celui de l'aide à domicile.

Situation globale[modifier | modifier le code]

Au total, l'Isère participe pleinement à la richesse du pays, avec un produit intérieur de près de 26 milliards d'euros fin 2000, produit entre autres de la diversité de ses productions industrielles.

Le département se situe au 14e rang national pour la richesse créée, au 17e rang pour la richesse créée par habitant, et au 12e rang pour la production par emploi, où il figure dans le peloton de tête des départements de province, cinq des douze premiers départements de ce classement étant des départements franciliens.

L'avenir des activités économiques du département semble assez fortement lié, cependant, aux stratégies menées par les grands groupes industriels et économiques qui englobent les principales entreprises. Les dernières années ont d'ores et déjà été marquées par des conflits sociaux majeurs, dans plusieurs entreprises importantes, y compris dans le secteur des technologies nouvelles et de l'informatique.

Et nombre de grands établissements pratiquent régulièrement des réductions d'effectifs, notamment dans le cadre du non-remplacement des personnels partant en retraite. L'enquête annuelle Besoins de main d'œuvre (source ASSEDIC) illustre d'ailleurs assez bien ce processus.

Si les offres d'emplois sont relativement dynamiques dans le département (plus de 25 000 offres repérées par les services de l'ASSEDIC), elles se concentrent de plus en plus sur des professions de service, soumises notamment à la précarité des conditions d'embauche.

Les cinq premières professions recherchées en 2007 sont les suivantes : agents d'entretien (2 086 offres), employés du secteur de l'hôtellerie (1 663 offres), animateurs des activités sportives ou culturelles (1 538 offres), caissiers, employés de libre-service (728 offres) et cuisiniers (609 offres). Ces cinq professions sont majoritairement proposées dans le cadre de contrats à durée déterminée ou saisonniers, notamment dans les centres touristiques du département. Les professions de “ matière grise ” n'apparaissent qu'ensuite, avec 598 offres d'ingénieurs d'études et de recherche, et 555 d'ingénieurs et de cadres de l'informatique.

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