Sociobiologie. Une introduction/Version imprimable

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Sociobiologie. Une introduction

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Auteurs

Marie Bernard Labrecque, Ph.D.


Avant-propos

Dans les faits, quantité de lectures différentes de la sociobiologie s'élaborent chacune selon un point de vue particulier. Ces lunettes d'approche procurent au profane et à l'esprit averti un éventail de visions, d'analyses et d'angles de recherches.

Cette introduction à la sociobiologie se limite à débusquer les contextes sociodynamiques, c'est-à-dire les principaux éléments historiques, sociaux et scientifiques qui ont influencé son émergence et sa survie en tant que science. En ce début du XXIe siècle, la sociobiologie loge à l'enseigne des sciences de la vie. Elle interpelle tant la biologie de l'évolution que les sciences exactes, humaines et sociales.

Par ailleurs, les éléments ultra-spécialisés de la sociobiologie issus d'expertises poussées en sciences exactes, en sciences de la vie, sociales et humaines ne sont pas abordés dans ce livre. Bien qu'elles soient pertinentes et instructives, ces distinctions provenant, par exemple, de la génétique des populations et de l'anthropologie demeurent en dehors du propos de cette introduction.

Ces pages se caractérisent surtout par leur orientation pédagogique et même heuristique. Le contenu s'adresse à toute personne, peu importe le niveau de scolarité, intéressée par la sociobiologie. On peut le considérer comme une simple transmission de connaissances, l'utiliser à titre de survol, de lecture exploratoire, de manuel d'inspiration pour la recherche ou comme outil de réflexion, bref comme bon il semble.


Présentation

Le but de ce livre est double. D'une part, il s'agit de dégager le contexte sociodynamique dans lequel la sociobiologie a pu se contrétiser comme discipline à part entière. D'autre part, il s'agit de mettre en lumière l'impact des activités en sciences de la vie abordées dans un contexte d'influences réciproques.

Le livre se compose de cinq parties I - Qu'est-ce que la sociobiologie ? Débroussaillage d'une définition depuis l'origine 1971 jusqu'au début du XXIe siècle. II - Assises - Théories, bases empiriques, concepts fondamentaux et problématique à la source de la sociobiologie. III - Panorama sociodynamique de quelques milieux - L'accueil de la sociobiologie dans différents milieux géolocalisés, États-Unis, France et autres. IV - Panorama critique Survol des principales réactions favorables, mitigées et défavorables aux ambitions de la sociobiologie. V - État actuel de la question Enjeux, relève et progression de la sociobiologie dans le contexte sociodynamique contemporain.


Qu'est-ce que la sociobiologie ?

Qu'est-ce que la sociobiologie ?[modifier | modifier le wikicode]

Qu'est-ce au juste que la sociobiologie ? Théorie, science, pseudo-science ? Instrument de contrôle social ? Les arguments campés quant au statut de la sociobiologie abondent à l'envi. Au-delà des critiques favorables, mitigées et défavorables, la majorité concluante s'entend pour dire que la sociobiologie n'est ni une science exacte, ni un courant de pensée révolutionnaire ni un nouveau paradigme. Nul consensus, par ailleurs, quant à savoir si la sociobiologie est une science à part entière ou un champ d'activité hybride sans identité propre.

Planche de comparaisons entre des têtes d'hommes et de cochon, 1820. [1], [2].

Origines : le mot et le concept[modifier | modifier le wikicode]

En Occident, plus précisément en France et aux États-Unis, le mot « sociobiologie » , en anglais « sociobiology », commence à se manifester vers la fin du XIXe siècle sous forme de quelques néologismes diversement exprimés.

En France, à partir des années 1890, les occurrences « sociologie biologique », « bio-sociologie », « socio-biologie » et « biosociologie » commencent à se manifester [3]. Le proche composé « socio-biologie » est notamment utilisé dans le titre de trois études du médecin Georges Auguste Morache parues en 1902 [4], 1904 [5] et 1906 [6]. À cette époque, plusieurs sociologues préoccupés par la question rapportent que ces notions font l'objet de querelles récurrentes : « Le procès de la Sociologie biologique est encore pendant. Tous les ans, à son sujet, le Congrès International de l'Institut de Sociologie ramène les mêmes réquisitoires et les mêmes plaidoyers » [7]

Aux États-Unis, le mot « sociobiology » dans sa graphie des XXe et XXIe siècles surgit, ici et là, par intermittence. Environ une dizaine d'auteurs scientifiques y font appel depuis les années 1940, bien que sans définition ni correspondances sémantiques établies.

C'est en 1971 que le biologiste, entomologiste myrmécologue Edward Osborne Wilson, professeur à l'Université Harvard du Massachusetts aux États-Unis, s'approprie le mot « sociobiology » . À ce moment, le titre du dernier chapitre de son livre « The Insect Societies » (1971) , s'intitule ouvertement « The Prospects for a Unified Sociobiology ». En 1975, il publie son premier livre dont le titre « Sociobiology : The New Synthesis » tient lieu de manifeste. À ce stade, Wilson mute le mot en concept pour inaugurer une nouvelle discipline qui porte, depuis, le nom de sociobiologie. [8], [9].

Wilson ne se cache pas des origines ni du mot ni du concept de sociobiologie. En 1978, il dresse l'historique de leur émergence.

« Le mot sociobiologie a été utilisé de manière indépendante par John Paul Scott (1909-2000) [10] en 1946 et par Charles Francis Hockett (1916-2000) en 1948. [...] En 1950, Scott [...] a suggéré le mot sociobiologie plus formellement comme un terme pour la « science interdisciplinaire qui se trouve entre les domaines de la biologie (écologie et physiologie, notamment) et de la psychologie et la sociologie » . De 1956 à 1964, Scott et ses collègues ont constitué la Section sur le comportement Animal et la sociobiologie de l’Ecological Society of America (ESA). Cet chapitre est devenu la société actuelle du Comportement Animal. Durant les années 1950-1970, le mot sociobiologie a été employé par intermittence dans des articles techniques, une utilisation manifestement inspirée par son statut déjà quasi officiel. Mais d’autres expressions, telles que biosociology et sociologie animale, ont aussi été employées [...]. Lorsque j’ai rédigé le dernier chapitre de mon livre « The Insect Societies (1971) , intitulé « The Prospects for a Unified Sociobiology », et lorsque j’ai écrit « Sociobiology : The New Synthesis (1975) » [...] j’ai suggéré qu’une discipline discrète devrait désormais exister sur la base de la génétique et de la biologie des population, j'ai choisi le terme de sociobiologie [...] parce que je croyais que le mot serait déjà familier pour la plupart des étudiants du comportement animal et donc plus susceptible d’être accepté. » ( Wilson, 1978 in Gregory et al. ) [11], [12], [13], [14].

Point de vue sociodynamique[modifier | modifier le wikicode]

Origines : généralités[modifier | modifier le wikicode]

Vers la fin de la seconde guerre mondiale (1939-1945), une explosion de l'intérêt pour les sciences prend son envol [15], [16]. D'où une fragmentation des connaissances scientifiques. [17]

En sciences de la vie, le fourmillement des idées et les résultats de recherches jaillissent tantôt de sciences déjà établies, comme la biologie et la génétique, tantôt en voie de l’être, comme la paléogénétique et la biogéographie insulaire, pour ne citer que ces exemples [18].

À l'instar de la physique, de la chimie et des mathématiques, les répercussions de cet engouement rejoignent toutes les branches de la biologie, notamment la biologie moléculaire et la génétique des populations [19]. Du côté des sciences humaines et sociales, un morcellement concomitant des connaissances se fait sentir. (Lahire, 2012) [20], [21], [22]

« Les sciences sociales progressent vers une spécialisation croissante qui entraîne une fragmentation des disciplines formelles. Les spécialités se recombinent, créant de nouveaux domaines hybrides. [...]. Les innovations scientifiques se produisent aux intersections entre les spécialités, et en conséquence la notion de paradigme ne semble pas appropriée pour les sciences sociales.  » [23]
Agrégation d'hippopotames, exemple de regroupement social [24]

Au surplus, d'ailleurs, la « science s'est développée à une rapidité telle depuis les années 1900 » , souligne le généticien Norman Harold Horowitz que « les histoires des sciences sont souvent rédigées du vivant des chercheurs » et que « certains des participants aux événements relatés sont encore actifs » [25], [26]. À ce propos justement, durant le premier quart du XXIe siècle, les pionniers de la sociobiologie, dont le chef de file Edward Osborne Wilson 1929 - ) ainsi que le biologiste, éthologiste et théoricien britannique Richard Dawkins (1941 - ) continuent à réviser et à modifier les fondements et les éléments théoriques de la sociobiologie [27].

Particularités[modifier | modifier le wikicode]

Depuis les années 1950, zoologie, éthologie, sociologie, anthropologie, écologie comportementale, génétique des populations, mathématiques, physique, chimie et philosophie des sciences composent le paysage scientifique de la sociobiologie en devenir. À ce moment, une dégradation de la cohérence d’ensemble remblent freiner l'avancement des sciences ou plutôt en favoriser les dérives[28]. La nécessité de regrouper les expertises pour en faire la synthèse s'impose alors à l'esprit scientifique. Comme le dit Wilson « C'était dans l'air du temps »[29].

La sociobiologie en gestation commence à mûrir aux États-Unis au sortir de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) [30]. Elle finit par voir le jour et prendre son envol tout au long des années 1970-1978 notamment dans un climat de rébellion populaire soulevée en réaction à la participation des États-Unis à la Guerre du Viêt Nam (1956-1975) [31].

Pour être née dans les relents de la seconde guerre mondiale (1939-1945), la sociobiologie a pour mauvaise fortune d'avoir ravivé des guerres d'idées d'une extrême intensité. Les hostilités à la fois les plus vivaces et les plus universelles portaient et portent encore sur la théologie, l'eugénisme, le nazisme, le racisme, l'élitisme et le sexisme.

Qui plus est, les tensions populaires provoquées par la participation des États-Unis à la Guerre du Viêt Nam se sont également traduites par des rafales de contestations érudites. Dans les années 1969-1980, le groupe Science for the People prend racine, suivi en 1975 du Sociobiology Study Group puis de la coalition Sociobiology Study Group of Science for the People. Ces mouvements étaient revendiqués par des experts, académiciens et étudiants rattachés de près et de loin à l'Université Harvard où enseignait le professeur Wilson, chef de file de la sociobiologie. Parmi eux, des théoriciens réputés, tels que des Gould, Lewontin et Sahlins, se sont ligués dès le début contre le schéma explicatif de la sociobiologie dont ils dénoncent avec vigueur les effets pervers actuels et latents.

Définitions[modifier | modifier le wikicode]

La sociobiologie s'inscrit dans le cadre du néo-darwinisme, c'est-à-dire un darwinisme éclairé et affiné par la génétique laquelle n'existait pas à l'époque de Charles Darwin. De là, la théorie de W.D. Hamilton sur la notion de valeur sélective, fitness en anglais, lancée en 1964, lui a ouvert la voie.

Définition fondamentale[modifier | modifier le wikicode]

En 1975, Edward Osborne Wilson porte au grand jour sa première définition officielle de la sociobiologie :

La sociobiologie est l'étude systématique des bases biologiques de tous les comportements sociaux. [32]

Cette définition de la sociobiologie est à la fois la plus sommaire et la plus vaste que Wilson ait jamais proposée. Il la présente notamment dès les premières lignes de son premier livre Sociobiology: The New Synthesis entièrement consacré à cette spécialité en devenir. [33], [34] Il s'agit d'une définition somme toute extrêmement large. [35] Pour ce motif, elle continuera de se développer et de se spécialiser au cours des années.

Précisions subséquentes[modifier | modifier le wikicode]

En 1978, dans son ouvrage « On human Nature », Wilson précise son point de vue sur la place idéale de la sociobiololgie dans ses rapports avec les principaux domaines scientifiques auxquels elle se rattache.

la sociobiologie cette branche importante de la biologie comportementale devrait être reliée à la biologie des populations. [36], [37], [38], [39]

Wilson continue d'y étoffer sa définition en apportant quelques clarifications supplémentaires concernant les rapports de la sociobiologie avec la théorie et ses champs particuliers d'application, à savoir :

La sociobiologie est une extension de la théorie de l'évolution et de la biologie des populations appliquées aux organisations sociales. [40]
De la molécule d'ADN à la cellule vivante.

Au fil du temps[modifier | modifier le wikicode]

Ces premiers jalons de la sociobiologie envisagée comme spécialité, au sens de discipline scientifique, continuent de s'étoffer et de se ramifier en permanence.

En 1981, par exemple, le sociobiologiste et journaliste scientifique français Yves Christen en avance une définition plutôt spécialisée : « la sociobiologie étudie comment des comportements peuvent assurer aux individus qui les possèdent de meilleures chances de succès évolutif » [41]. Par contraste, les professeurs Pablo Servigne et Jacques van Helden publient [42] quant à eux une définition on ne peut plus limpide; elle offre l'avantage d'être concise et tirée du cours offert par le renommé sociobiologiste français, Pr Pierre Jaisson [43] à savoir : « Discipline scientifique qui étudie les comportements sociaux et leur évolution chez tous les animaux, y compris l'humain. » Rien de plus rien de moins.

En 2009, pour citer un exemple de remaniements au fil du temps et des milieux, le médecin spécialiste Michael C. McGoodwin en propose à son tour une définition enrichie :

« La sociobiologie est l'étude scientifique, ou systématique, des bases de toutes les formes de comportements sociaux, dans tous les types d'organismes incluant l'homme. Elle incorpore les connaissances provenant de l'éthologie, de l'écologie et de la génétique, afin d'en tirer des principes généraux en regard des propriétés biologiques de sociétés entières. [44] , [45] . »

Une définition largement diffusée sur Internet via l'Encyclopédie Wikipédia de langue française semble cerner les grandes lignes de ce qu'est la sociobiologie en 2017 :

La sociobiologie est, en sciences du vivant, l'étude des bases biologiques présumées des comportements sociaux répertoriés dans le règne animal. Il s'agissait à l'origine de faire la synthèse des connaissances portant sur l'évolution des espèces. Elle fait appel, encore aujourd'hui, à un vaste rassemblement des savoirs en la matière. De la sélection naturelle à la coévolution gène-culture, en passant par l'eusocialité, l'effet Westermarck, l'altruisme réciproque, la consilience, entre autres, la sociobiologie interpelle tant les sciences de la vie que les sciences exactes, humaines et sociales. [46].

Une définition sur le web également accessible au grand public est présentée dans « Dictionary.com » de langue anglaise en 2017 :

« La sociobiologie est l'étude du comportement social des animaux l'accent portant sur la survie et la reproduction, tout en impliquant les branches de l'éthologie, de l'écologie et de la génétique des populations. » [47]

Pour conclure[modifier | modifier le wikicode]

Il vaut de prendre en compte le rappel avisé du généticien Horowitz concernant le momentum des écrits scientifiques [48]. En effet, écrit-il, la science s'est développée à une rapidité telle depuis les années 1900 que l'histoire des sciences est souvent rédigée du vivant des chercheurs. De surcroît, plusieurs de ceux-ci sont encore actifs [49]. À ce propos justement, le chef de file de la sociobiologie, Edward Osborne Wilson, 87 ans en 2017, et Richard Dawkins poursuivent encore allègrement leur parcours de savants, professeurs, chercheurs, auteurs, conférenciers, vulgarisateurs. Ces activités les conduisent inévitablement à réviser et modifier en permanence les fondements et les éléments théoriques de la sociobiologie [50].

Devant ces faits, il serait imprudent de prendre pour acquises les définitions de la sociobiologie formulées depuis les années 1970 par son fondateur, ses adhérents et par la relève. La rapidité des découvertes scientifiques appelle un ajustement constant des hypothèses et des concepts mis à l'épreuve en sciences, a fortiori en sociobiologie, étant donné sa vocation transdisciplinaire [51].

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Illustration par Charles Lebrun d'une considération physiognomoniste de Giambattista della Porta rapportée par Johann Kaspar Lavater
  2. L'art de connaître les hommes par la physionomie, vol. 9, Dépélafol, 1820, p. 135 
  3. Guillaume, 1985:139
  4. Morache, 1902
  5. Morache, 1904
  6. Morache, 1906
  7. Richard (1900), Bouglé (1900) et Célestin Bouglès (1900)
  8. Wilson, 1971:400-403
  9. Sociobiologie en français, Guillaume, 1985:139
  10. The life of John Paul Scott
  11. Texte original. « The term sociobiology was used independently by John P. Scott in 1946 and by Charles F. Hockett in 1948, but the word was not picked up immediately by others. In 1950, Scott, who had been serving as secretary of the small but influential Committee for the Study of Animal Behavior, suggested sociobiology more formally as a term for the “interdisciplinary science which lies between the fields of biology (particularly ecology and physiology) and psychology and sociology”. From 1956 to 1964, Scott and others constituted the Section on Animal Behavior and Sociobiology of the Ecological Society of America [ESA]. This Section became the present Animal Behavior Society. During 1950-1970, sociobiology was employed intermittently in technical articles, a usage evidently inspired by its already quasi-official status. But other expressions, such as biosociology and animal sociology, were also employed. When I wrote the final chapter of The Insect Societies [1971], which was entitled “The Prospect for a Unified Sociobiology” and when I wrote Sociobiology: The New Synthesis [1975], where I suggested that a discrete discipline should now be built on a foundation of genetics and population biology, I selected the term sociobiology rather than some other, novel expression because I believed it would already be familiar to most students of animal behavior and hence more likely to be accepted. »
  12. Wilson, "Introduction: What is Sociobiology?" dans Gregory, Silvers, Sutch (Eds.) 1978. Lire en ligne: http://www.sociosite.net/topics/texts/wilson_sociobiology.php#n1, et http://www.d.umn.edu/cla/faculty/jhamlin/4111/WilsonReading1.html.
  13. Synthese (Journal). Journal coverage 1936-2011 et 2012-2015; Mannoury, G. Sociobiology dans Synthese, volume 5, No 11, :522-525, 1947 [1];
  14. Altmann, 962:330-435 et Buettner-Janusch, 1962:183
  15. Jorland, 1998:91-92
  16. Kay, 1993:929-930
  17. Jorland, 2002:731-735
  18. Dogan, 1994:37-5
  19. Horowitz, 1993:929-930 (Book review of Kay, 1993)
  20. « Les sciences humaines et sociales contemporaines vivent un double processus de dispersion de leurs travaux : un découpage disciplinaire qui fait que certaines disciplines s’occupent prioritairement de dimensions spécifiques du monde social (l’économie, la politique, le droit, l’éducation, la vie psychique, la langue, l’art, la religion, etc.) et un découpage sous-disciplinaire qui prend la forme d’une hyper-spécialisation (e.g. sociologie urbaine, sociologie de l’éducation, sociologie des sciences, sociologie de la culture, sociologie de l’art, sociologie politique, sociologie des religions, etc.)... Les chercheurs eux-mêmes finissent par perdre complètement le sens des totalités sociales et des liens d’interdépendance qui existent entre des domaines différents de la pratique et découpent l’acteur individuel en autant d’improbables et abstraits homo œconomicus, juridicus, politicus, psychiatricus, linguisticus, etc. Ils se trouvent, du même coup, dans l’incapacité de fournir aux lecteurs non spécialistes une image un tant soit peu claire de la société dans laquelle ils vivent. » . Note. Ce texte est une version abrégée et remaniée du texte de la conférence : « Misère de l'hyper-spécialisation et dérives du professionnalisme : les conditions de l'invention scientifique dans les sciences humaines et sociales », prononcée le 30 septembre 2011 dans le cadre du programme doctoral commun à l'ISCTE (Instituto Superior de Ciencias do Trabalho et da Empresa), au Département de sociologie de l'Institut Universitaire de Lisbonne et au Département de sociologie de l'Université de Porto. Je tiens à remercier tout particulièrement Maria das Dores Guerreiro et Antonio Firmino da Costa. On trouvera un développement et une contextualisation théorique de ces remarques dans l’ouvrage Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales, à paraître en mars 2012 aux Éditions du Seuil « La couleur des idées »
  21. Lahire, 2012, paragraphes 6 et 7
  22. Dogan, 1994:37-53.
  23. Dogan, 1994:37-53
  24. Wikipedia commons. Troupeau d'hippopotames. Hippopotamus amphibius, Luangwa völgy, Zambie, 2002.
  25. Science has advanced so rapidly in our century that histories of science are often written while participants in the events described are still living, some still active. généticien Norman Harold Horowitz
  26. Horowitz 1993, p. 929
  27. Wilson et Wilson 2007 2007
  28. Wilson, 2001:3
  29. Wilson, 2001:3
  30. Articles connexes - Histoire des États-Unis de 1945 à 1964 et Histoire des États-Unis de 1964 à 1980
  31. Les États-Unis de Truman à Carter 1945-1980, cours de premier cycle 2013-2014 à l'Université Laval de Québec
  32. Sociobiology is the systematic study of the biological basis of all social behavior. Wilson, 1975:4.
  33. Wilson, 1980:4
  34. Glossaire, Sociobiologie. 1980:322.
  35. « This is not a narrow definition.  » (Alcock:2001:9)
  36. This important branch of behavioral biology should be joined with population biology. Wilson. 1978:x.
  37. Les répercussions de la publication de « Sociobiology » , explique Wilson à l'appui de ses vues, m'ont conduit à étendre mes lectures sur le comportement humain ; j'ai aussi participé à plusieurs séminaires et j'ai échangé des écrits avec des scientifiques des sciences sociales. Je suis devenu plus que jamais persuadé que le temps était enfin arrivé de combler le vide entre ces deux cultures et que la sociobiologie étant simplement l'extension de la biologie des populations et de la théorie de l'évolution appliquées aux organisations sociales, est l'outil approprié pour cet effort. On human Nature consiste à explorer cette thèse.
  38. « The aftermath of the publication of Sociobiology led me to read more widely on human behavior and drew me to many seminars and written exchanges with social scientists. I became more persuaded than ever that the time has at last arrived to close the fatuous gap between the two cultures, and that general sociobiology which is simply the extension of population biology and evolutionary theory to social organization, is the appropriate instrument for the effort. On Human Nature is an exploration of that thesis.
  39. Préface, Édition 1978
  40. On Human Nature, édition 2012, pages xix-xx.
  41. Christen, Yves. 1981:44
  42. La sociobiologie. Diapositive # 2
  43. Cours de biologie du comportement, Université Paris XIII, Villetaneuse
  44. . Sociobiology is defined as the scientific or systematic study of the biological basis of all forms of social behavior, in all kinds of organisms including man, and incorporating knowledge from ethology, ecology, and genetics, in order to derive general principles concerning the biological properties of entire societies. Dans Analysis - Summary by Michael McGoodwin, 1978, reviewed 1991, minor revisions 2009.
  45. {{lien web|langue=en|prénom1=Michael|nom1=McGoodwin|titre=Edward O. Wilson : On Human Nature|éditeur=mcgoodwin.net|année=1978, 1991, 2009 |url=http://www.mcgoodwin.net/pages/otherbooks/eow_humannature.html
  46. Labrecque, Marie Bernard alias dr.mbl Wikipédia La sociobiologie
  47. Traduction de « the study of social behavior in animals with emphasis on the role of behavior in survival and reproduction, engaging branches of ethology, population genetics, and ecology. » "Sociobiology". Dictionary.com Unabridged. Random House, Inc. 27 Jun. 2017. [2].
  48. Horowitz. 1993:929
  49. Science has advanced so rapidly in our century that histories of science are often written while participants in the events described are still living, some still active. Horowitz, :929
  50. Wilson & Wilson. 2007
  51. Moczek, A.P. (2009) : Endless forms most strange: a review of The Superorganism: the Beauty, Elegance, and Strangeness of Insect Societies (Bert Hölldobler and Edward O. Wilson) : Evolution & Development 11(6): 754-756


Assises

Assises[modifier | modifier le wikicode]

La sociobiologie « ne constitue pas une révolution » rappelle l'anthropologue James D. Cadien de l'Université de Californie à Berkely. Plutôt, explique-t'il, « ses principes de base remontent [...] à la naissance de la biologie et du transformisme avec Lamarck et à l'élaboration du principe de sélection naturelle avec Charles Darwin et Alfred Russel Wallace » [1] Le sociobiologiste français Pierre Jaisson soutient au surplus que la sociobiologie « n’est pas une idéologie ni non plus une théorie » [2] En 1988, la définition donnée par le spécialiste en sciences politiques, Laurent Dobuzinskis, est assortie d'un abrégé de son cadre théorique fondamental, à savoir :

« l’hypothèse centrale de la sociobiologie consiste en ceci que les comportements animaux (et humains) ont une origine génétique et donc qu’ils résultent des effets de la sélection naturelle. » [3]

Sur le plan de la théorie, la sociobiologie se situe dans le prolongement d'un courant de pensée évolutionniste pressenti et inoculé par d'éminents naturalistes, scientifiques et chercheurs, à commencer par Érasme Darwin (1731-1802), Jean-Baptiste de Lamarck 1744-1829 et Patrick Matthew 1790-1874 jusqu'à William Donald Hamilton (1936-2000), en passant par Charles Robert Darwin (1809-1882), Alfred Russel Wallace (1823-1916), Herbert Spencer (1820-1903), Gregor Mendel (1822-1884), Hugo de Vries (1848-1935), Ronald Aylmer Fisher (1890-1962), John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964), Sewall Wright 1889-1988), Theodosius Grygorovych Dobzhansky (1900-1975), Julian Sorell Huxley (1887-1975), Ernst Mayr (1904-2005), Bernhard Rensch (1900-1990), George Gaylord Simpson (1902-1984), George Ledyard Stebbins (1906-2000) et bien d'autres encore.

Évolution des comportements sociaux[modifier | modifier le wikicode]

Évolution[modifier | modifier le wikicode]

Podarcis siculus. Des lézards des ruines déposés sur l'île de Prod Mrcaru en 1971 ont évolué en 36 ans de façon à disposer d'un nouvel organe de digestion absent chez l'espèce d'origine : les valves cæcales. [4]

Comme l'enseigne le Pr John Alcock (2001), le premier outil d'analyse des sociobiologistes est invariablement la théorie de l'évolution. [5] Pour le dire autrement, la sociobiologie prend racine dans la problématique de l'évolution des espèces.

En biologie, l'évolution désigne une modification génétique graduelle transmise dans une population de génération en génération. [6] Elle dénote un changement dans le taux de certains gènes retrouvés dans une population donnée au cours des générations successives. [7]

Au chapitre de l'évolution, la sociobiologie et l'écologie comportementale se chevauchent. Pour ce motif, John Alcock propose un distingo théorique entre ces deux champs d'analyse.

« L'écologie comportementale est l'étude du lien évolutif entre le comportement d'un animal et son environnement. De ce point de vue, la sociobiologie serait le volet de l'écologie comportementale qui explore les effets de l'environnement sur l'évolution du comportement social. » [8]

Sélection naturelle[modifier | modifier le wikicode]

En sciences de la vie, a fortiori en sociobiologe, le principe d'évolution des organismes vivants est indissociable du principe de sélection naturelle. En biologie, la « sélection naturelle » constitue l'un des processus moteurs de l'évolution.

L'expression « sélection naturelle » a été conçue et popularisée par Charles Darwin à la fois par opposition et par analogie avec la « sélection artificielle » concoctée par l'humain dans le but d'obtenir, par exemple, un cheptel de qualité de plus en plus convoitée. On nommait alors ce principe la « sélection domestique » en référence aux animaux reproduits en fonction d'un perfectionnement recherché.

C'est pour comprendre comment opère l'évolution biologique, que Darwin a imaginé ce mécanisme plausible et concis de « sélection naturelle » d'une puissance explicative incidemment sans précédent pour l'époque :

1. « La sélection naturelle est l’équivalent naturel de l’élevage domestique. Au cours des siècles, les éleveurs ont produit des changements spectaculaires dans les populations d’animaux domestiques en sélectionnant les individus destinés à se reproduire. Au fil du temps, les éleveurs éliminent progressivement les caractéristiques indésirables. De même, la sélection naturelle élimine progressivement les espèces désavantagées. » [9]
2. « les individus qui ont un certain avantage, même léger, sur les autres, ont davantage de chance de survivre et de reproduire leur espèce, tandis que toute variation, même peu nocive, sera sévèrement éléminée. Cette observation des variations favorables et le rejet des variations nocives, c'est ce que j'appelle la sélection naturelle » . [10]
3. « La sélection naturelle agit pour préserver et accumuler des mutations génétiques avantageuses mineures. » [11]

Bref, explique Darwin:

« J’ai donné le nom de sélection naturelle ou de persistance du plus apte à cette conservation des différences et des variations individuelles favorables et à cette élimination des variations nuisibles. » [12]

Principe en vertu duquel, énonce-t-il encore (1876:66-84)

«  une variation si insignifiante qu’elle soit se conserve et se perpétue, si elle est utile, le nom de sélection naturelle, pour indiquer les rapports de cette sélection avec celle que l’homme peut accomplir. » [13]

De ce point de vue, la fréquence des caractéristiques favorables à la survie et à la reproduction s'accroit de génération en génération. Car les entités qui possèdent ces caractéristiques auront plus de descendants que celles qui ne les possèdent pas. Les spécimens moins favorisés s'éteignent donc peu à peu puisqu'ils ne survivent pas à la lutte pour l'existence et donc se reproduisent de moins en moins.

Comportement social[modifier | modifier le wikicode]

En biologie de l'évolution et plus précisément du point de vue de l'éthologie, le comportement social désigne une interaction entre au minimum deux organismes, le plus souvent de la même espèce. Une variété extrêmement large d'organismes vivants commettent quantité de comportements sociaux. Les invertébrés, les poissons, les oiseaux et les mammifères exhibent des comportements sociaux tels que, entre autres, la communication, l'interaction, la reproduction, la coopération, le comportement territorial, grégaire, agressif, l'infanticide. [14]

En sociobiologie, le comportement social est, par hypothèse, le résultat de l'évolution, au sens où il a été avantageux donc retenu au moyen de la sélection naturelle. En pratique, ce comportement social est censé procurer une meilleure aptitude à survivre et à se reproduire.

Le fait de savoir que le comportement animal possède une histoire aiguillée par la sélection naturelle est extrêmement important car il en découle nécessairement la question scientifique de comprendre et d'expliquer comment il se fait et pourquoi tels animaux agissent de telles ou telles manières notamment par rapport à leur organisation sociale.

Appuis empiriques[modifier | modifier le wikicode]

  • Castes d'ouvrières infertiles chez les fourmis, abeilles, termites
  • Mammifères tels que les rats-taupes
  • Ouvrières, soldats, sentinelles
  • Sélection domestique / artificielle, élevage sélectif
  • Horticulture, culture sélective

Méthodes d'approche[modifier | modifier le wikicode]

  • Observation directe
  • Expérimentations en agronomie et en botanique
  • Expérimentations en élevage sélectif des animaux, culture sélective des plantes [15], [16]
  • Modèles mathématiques, par exemple, le comptage de gènes
  • Instruments et techniques expérimentales
  • Biométrie
  • Logique hypothético-déductive
  • Démarche heuristique

Plages conceptuelles de base[modifier | modifier le wikicode]

En guise de survol général, le transformisme (Biologie, Lamarck, 1802), la descendance avec modification (Darwin, 1859), la sélection naturelle, les lois de Mendel, les mutations, la théorie synthétique de l'évolution, la génétique des populations, le néo-darwinisme, représentent la toile de fond conceptuelle de la sociobiologie.

Plus spécifiquement, les concepts élémentaires de la sociobiologie proposés par Edward Osborne Wilson (1980:7) sont :
Société, agrégation, colonie, groupe, population, individu.
Communication, coordination, hiérarchie, régulation (Wilson. 80:7-9).
Organisation sociale, socialisation, démographie adaptative.

Et très précisément :
L'eusocialité
L'altruisme
La valeur sélective ou adaptative ou succès reproducteur

Dans l'ensemble, « Instinct versus comportement acquis (Wilson 80:9-19) » tient lieu de problématique globalement interpellée.

Eusocialité[modifier | modifier le wikicode]

En biologie, l'eusocialité est un mode d'organisation sociale chez certains animaux, comme les fourmis par exemple, au sein de laquelle un groupe vivant ensemble est divisé en castes d'individus fertiles et non fertiles. Plus précisément, les individus stériles sont astreints à des activités avantageuses pour les individus reproducteurs. [17]

À l'heure actuelle, le rat-taupe glabre serait le seul mammifère à présenter un comportement eusocial (Gozlan. 2012:4), son mode de vie ressemblant à celui des fourmis, des termites et des abeilles. [18]

Altruisme[modifier | modifier le wikicode]

Le mot « altruisme » est polysémique. C'est dire que l'altruisme n'a pas la même signification pour tous ni dans tous les contextes.

La population en général sait spontanément ce que ce mot veut dire et l'utilise d'emblée dans le langage courant. Sur ce registre, l'altruisme représente un comportement de générosité envers autrui, abnégation, don de soi. À ce titre, s'y rattachent connotations morales, éthiques, philosophiques, sociodynamiques.

À la différence, en sociobiologie l'altruisme est directement et uniquement rattaché au domaine de la biologie. Sur ce registre, il s'agit d'un concept sans lien ni rapport avec l'éthique, la religion, la philosophie ni connotation psychologique ni intention ni valeur morale.

En biologie, l'altruisme est un comportement de donneur, en référence à l'entité qui donne. Il s'adresse à un receveur, en référence à l'entité qui reçoit. Il désigne un acte qui favorise la survie et le succès reproducteur du receveur au détriment du donneur. [19]

En sciences de la vie, par conséquent, l'altruisme est indissociable de son impact sur le potentiel augmenté de reproduction génétique du receveur. En faisant appel à des formules mathématiques savantes, on calcule le nombre probable de descendants viables, c'est-à-dire utiles, que le receveur procréera à maturité sexuelle. [20]

Valeur sélective ou valeur adaptative ou succès reproducteur (fitness)[modifier | modifier le wikicode]

En biologie, la valeur sélective est un concept fondamental de la théorie de l'évolution qui désigne la capacité de survivre jusqu'à maturité sexuelle pour créer une descendance, donc succès reproducteur, c'est-à-dire capable de transmettre ses gènes à la génération suivante. Plus un organisme produit de descendants durant sa vie, plus sa valeur sélective est grande. Ainsi, pour reprendre un exemple connu, si les scarabées bruns produisent constamment plus de rejetons que les scarabées verts, c'est que les scarabées bruns possèdent une valeur sélective plus élevée.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. « In many ways sociobiology is not a revolution, that its basic claims have roots far back in biology and evolutionary thought, and that this is merely the time which some scientists feel is right to dredge them to the surface again. » Cadien. 1979:758
  2. Jaisson. 1993:Entrevue.
  3. Dobuzinskis, Laurent. 1981:171
  4. Wikipédia [Évolution (biologie)#Exemple d'évolution à échelle de temps humaine : Podarcis siculus]
  5. persons who call themselves sociobiologists [...] invariably use evolutionary theory as the primary analytical tool for their work. Alcock. 2001. Chapitre 1. What is Sociobiology ? Refining the Definition (liseuse)
  6. Wilson. 1980:311
  7. Aron et Passera. Chapitre 1:15
  8. « Behavioral ecology » is the study of the evolutionary relationship between an animal's behavior and its environment; sociobiology can be viewed as that component of behavioral ecology that explores the effects of the social environment on behavioral evolution. » Alcock, 2001:9.
  9. All about Science. Darwin's Theory of Evolution - A Theory in Crisis. Natural Selection.[3]
  10. Darwin cité par Hopkins, 1978:291-292
  11. Supposons, cite encore Hopkins, qu’un membre d’une espèce a développé un avantage fonctionnel (il lui a poussé des ailes et il a appris à voler). Sa progéniture hérite de cet avantage et le transmet à sa descendance. Les membres désavantagés de la même espèce meurent peu à peu, laissant seuls les membres avantagés de l’espèce. La sélection naturelle est le maintien d’un avantage fonctionnel permettant à une espèce de mieux contrer la concurrence à l’état sauvageTexte en italique.
  12. Darwin dans L'origine des espèces, en français, 1906. Chapitre IV.
  13. Darwin dans (Darwin, Charles (trad. Edmond Barbier), L’Origine des espèces (1859 (1re éd.) — 1872 (6e éd., traduite en 1876)), Librairie C. REINWALD, Schleicher Frères éditeurs, Paris, 1906, p. 66-84 . Consulté le 18 juin 2017. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  14. Social Behavior http://www.biologyreference.com/Se-T/Social-Behavior.html#ixzz4jdBAwqer
  15. Sélection artificielle
  16. Selective breeding
  17. http://fr.wikipedia.org/wiki/Eusocial
  18. Gozlan, Marc. 2012, « Le rat-taupe glabre », Le Monde, « Science & Techno », 28 avril 2012, p. 4
  19. Bell, 2008
  20. « Comportement au détriment de l’acteur et au bénéfice du receveur. Dans ces définitions biologiques, coûts et bénéfices en fonction de leurs effets sur la valeur adaptative globale (= « fitness », efficience darwinienne, succès reproducteur), c’est-à-dire le nombre de descendants. On n’y attache pas de connotation psychologique ou d’intention, ni de valeur morale. » (Sévigné et van Helden. http://slideplayer.fr/slide/1544981/ Diapositive Slide player #3).


Problématiques de base

Problématiques de base[modifier | modifier le wikicode]

Un paradoxe[modifier | modifier le wikicode]

À l'approche d'un prédateur, le premier geai qui l'aperçoit pousse un cri spécial pour alerter ses congénères, et le lapin fait de même en tambourinant sur le sol ... comment expliquer ces conduites altruistes d'un individu qui s'expose en signalant sa présence, et risque donc d'être la première victime ? (Lévi-Strauss, 1983:54)

Autres questionnements, bien connus, comment expliquer qu'une abeille pique un intrus pour protéger sa ruche alors qu'elle ne survit pas à la perte de son dard ? Plus déroutant encore, comment l'altruisme d'une abeille infertile peut-il se transmettre de génération en génération ?

« Darwin était profondément troublé par le cas des abeilles ouvrières qui se sacrifient pour protéger leur ruche — exemple ultime de l’altruisme chez l'animal — . Si la reproduction accrue est la devise de la sélection naturelle, les individus altruistes devraient disparaître ... » (Dugatkin, 2007) [1]

Mais cela ne s'est pas produit. Darwin en était à ce point perplexe qu’il considérait l’altruisme comme

« une difficulté spéciale, laquelle, dans un premier temps, m’a paru être insurmontable et enfin létale pour la théorie en entier » (Darwin 1859:236). « Je fais allusion aux sujets neutres ou femelles stériles dans les communautés d’insectes. Ces neutres sont souvent très différents, tant dans leur instinct que dans leur morphologie des mâles et des femelles fertiles de leur espèce et cependant ils ne peuvent pas se reproduire en tant que genre. [2]

En un mot,

« l'altruisme de reproduction a longtemps constitué un des plus importants paradoxes de l'évolution. » (Passera et Aron. 2009:26)

Altruisme en question[modifier | modifier le wikicode]

Si Darwin convenait en 1859 que l'altruisme entrait en contradiction avec son hypothèse sur la sélection naturelle [3], plus de cent ans plus tard, le fondateur de la sociobiologie naissante concluait que l'altruisme continuait de poser problème.

« Dans les années 1970, écrivait Wilson (1998), comme je l'ai souligné dans la publication de ma première synthèse, l'altruisme représentait le problème central de la Sociobiologie à la fois chez l'animal et l'humain.» [4]

Si, comme l'avance Wilson, la sélection naturelle « est le processus via lequel la représentation de certains gènes dans la génération suivante est supérieure à celle d'autres gènes situés sur le même chromosome » , [5] et que durant ce processus « tout agent capable d'introduire une proportion plus élevée de certains gènes dans les générations suivantes en viendra à caractériser l'espèce » , [6] [...] ce qui nous amène au problème théorique central de la sociobiologie. » [7]

« Comment l'altruisme, lequel par définition réduit la capacité personnelle d'adaptation, peut-il possiblement évoluer par sélection naturelle  ?  » [8]

Autrement dit, « Comment la sélection naturelle peut-elle donner à un animal un comportement et une structure qui ne pourront jamais conduire cet animal à se reproduire ? » (Chandler Davis. 1981:535)

Par le biais de la parenté, propose E.O. Wilson en 1975,

« Si les gènes qui causent l'altruisme sont partagés par deux organismes [distribués également] en raison de leur descendance commune, et si l'acte altruiste par l'un des organismes augmente la contribution commune de ces gènes à la génération suivante, la propension à l'altruisme se répandra dans le pool génétique. » [9]

Plus simplement, explique Davis (1981) en paraphrasant Darwin (1859),

«  [...] le problème ne réside pas dans le nombre important d’individus stériles (si leur stérilité jouait à l’avantage de la reproduction globale de leur famille, les tendances produisant de nombreux rejetons stériles seraient préférées par la sélection) [...] mais dans Ie développement chez les ouvrières de traits spécialement adaptés « au soin de leurs soeurs » plutõt qu’au soin d’elles-mêmes et de leur progéniture. » (Davis. 1981:535-536)

Si la sélection de parentèle est, par hypothèse, une des solutions possibles au problème de l'altruisme, reste que la « sélection de groupe » s'avère une alternative non seulement envisageable mais préalablement hypothétisée et développée par W.D. Hamilton (1964). La sélection de groupe est le mécanisme finalement préféré et revitalisé en 2007 par D.S. Wilson et E.O. Wilson dans l'article « Rethinking the Theoretical Fundation of Sociobiology. »

Unités de sélection en question[modifier | modifier le wikicode]

La question de l'altruisme, tout comme celle de l'eusocialité et même de l'homosexualité, sont indissociables du problème concernant le niveau auquel opère la sélection naturelle. Agit-elle au niveau du gène, de l'individu, de la parenté, du groupe, de la population, de l'espèce ? Il s'agit ici de modèles proprement théoriques, souvent mathématiques, dont la valeur heuristique serait l'enjeu principal.

En 2007, trente-deux ans après l'apparition de la sociobiologie aux États-Unis, Edward Osborne Wilson et David Sloan Wilson, pionniers de la première heure, publient un article centré sur la « sélection de groupe » versus la sélection de la parentèle, intitulé « Réévaluation des bases théoriques de la sociobiologie » . [10] À la lumière de leur analyse, les auteurs optent dorénavant pour le principe de « sélection de groupe » en mettant au rancart celui de « sélection de parentèle ». Ce que Richard Dawkins oppose vertement à E.O. Wilson (2012) comme le rapporte David Sloan Wilson dans son article critique paru en 2015 « Richard Dawkins, Edward O. Wilson, And The Consensus Of The Many. »

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. « The worker bees that sacrifice themselves to protect their hives—the ultimate example of animal altruism—were deeply troubling to Darwin. If increased reproduction is the currency of natural selection, then altruists should disappear—and fast. But they did not disappear, and Darwin was so puzzled by this that he spoke of altruism as a problem that he feared was “one special difficulty, which at first appeared to me to be insuperable, and actually fatal to the whole theory” (Darwin 1859, p. 236). Par Dugatkin dans Inclusive Fitness Theory from Darwin to Hamilton. Lee Alan Dugatkin. GENETICS July 1, 2007 vol. 176 no. 3 1375-1380 [4]
  2. « The Origin of Species ». Chapitre 8 extrait cité dans Caplan, A.L. Ed. « The Sciobiology Debate ». 1978:17.22. Rapporté par Chandler Davis (article: La sociobiologie et son explication de l'humanité. 1981:536).
  3. Darwin, 1859, 1871
  4. « In the 1970's, as I stressed in my early syntheses, altruism was the central problem of Sociobiology in both animals and humans. » Wilson. 1998. Consilience. Chapitre 10. p. 170
  5. « Natural selection is the process whereby certain genes gain representation the following generations superior to that of other genes located at the same chromosome position. » Wilson. 1980:3
  6. « In the process of natural selection, [...] any device that can insert a higher proportion of certain genes into subsequent generations will come to caracterize the species. » Wilson, E.O. 1980:3
  7. « [...] This brings us to the central theoretical problem of sociobiology. » Wilson 1980. 1:3
  8. « How can altruism which by definition reduces personal fitness, possibly evolve by natural selection ? » Wilson.1980:3
  9. « The answer is kinship : if the genes causing the altruism are shared by two organisms because of common descent, and if the altruistic act by one organism increases the joint contribution of these genes to the next generation, the propensity to altruism will spread through the gene pool. » Wilson. 1975. 1980:3
  10. Rethinking the theoritical basis of sociobiology. Edward Osborne Wilson, David Sloan Wilson. 2007. V.82:4:327-348.


Panorama sociodynamique

Panorama sociodynamique[modifier | modifier le wikicode]

Accueil de la sociobiologie[modifier | modifier le wikicode]

Le livre de Wilson « Sociobiology : The New Synthesis » a provoqué un flot marqué de réactions aussi variées que « beaucoup d'applaudissements, certaines dénonciations politiques amères, quelques manifestations, un fatras de pop-sociobiologie dans les médias, des critiques techniques, des réponses à ces critiques et avec le temps beaucoup d'autres livres » (Turney, J. 2013; Segerstråle, 2000) [1]. Dans l'ensemble, estime A. L. Caplan (1984:143), « la parution de l'ouvrage volumineux de E.O. Wilson [...] a déclenché des trépidations interdisciplinaires dont les vibrations se répercutent encore dans des parties de l'univers académique aussi exotiques que la philosophie. Cependant, en dépit de toute l'attention portée à la sociobiologie, dans le monde universitaire et au delà, par des admirateurs aussi bien que des détracteurs, certaines questions de base relatives à son sujet demeurent notoirement obscures par exemple [...] sa propre définition » »[2].

En France, Claude Lévi-Strauss résume, à ce sujet (1983:57) :

« On peut regretter que les débats autour de la sociobiologie aient pris tout de suite une tournure passionnelle, dont le caractère largement factice ressort bien du fait qu'en France, ce sont des auteurs à sympathies gauchistes qui, les premiers se sont laissé séduire par la sociobiologie où ils voyaient un moyen, d'inspiration néo-rousseauiste, pour intégrer l'homme dans la nature ; cela, au même moment où les milieux libéraux des États-Unis dénonçaient la sociobiologie comme une doctrine néo-fasciste et lançaient un véritable interdit sur toute recherche visant à déceler chez l'homme des partiicularités héréditaires et distinctives. »

Aux États-Unis, en effet, la parution de Sociobiology : A New Synthesis provoque réactions et remous immédiats. À côté des critiques élogieuses, une série d'attaques foudroyantes entraînent un remue-ménage resté historique, rapporte Wade (1976) dans son article «Troubled birth for a new discipline »

« le livre a été sévèrement critiqué au motif de la dissimulation présumée d'un message politiquement réactionnaire. Ces théories ont été tenues pour être analogues à celles de l'eugénisme nazi, ces polémiques étant l'expression d'un débat scientifique — que d'aucuns estiment d'importance historique — sur la question de savoir dans quelle mesure le comportement humain est biologiquement déterminé [3].

Wilson (2001:5) apporte un bémol en contextualisant le momentum sociodynamique de sa publication :

« En 1975, la guerre du Vietnam prenait fin. En même temps, la Nouvelle Gauche dans l'académie était devenue quasi dominante et très violente à plusieurs égards, notamment durant les années 1960. Ce mouvement a impliqué une minorité d'étudiants et de professeurs. Néanmoins, ils étaient si bruyants et à ce point démonstratifs qu'ils tendaient à dominer le climat d'apprentissage dans l'académie. C'était une tendance très fâcheuse. Les principaux antagonistes — Stephen Jay Gould et Richard Lewontimn par exemple, et plusieurs autres organisateurs du mouvement contre la sociobiologie — avaient pour but de l'étouffer dans l’œuf. Donc, ils vociféraient de façon extrêmement soutenue. » [4]

En France, par contraste, le livre « La sociobiologie », traduction de « Sociobiology : The New Synthetis » dont le titre est amputé de son intitulé original, arrive en français en 1989, soit quatorze ans plus tard. Ainsi, explique Jaisson en 1993 :

« L'absence de la sociobiologie du paysage scientifique français a entraîné un vrai déficit culturel. Nous restons aujourd'hui l'un des rares pays où l'on forme des générations de biologistes dans l'ignorance des résultats apportés par cette discipline. Alors qu'on ne cesse d'en parler dans les congrès internationaux, nos chercheurs constatent qu'ils manquent totalement d'informations [...] Jamais une science n'a fait l'objet d'autant de polémiques, d'anathèmes et de procès d'intention. Depuis son apparition, dans les années 1970, la sociobiologie a été totalement marginalisée par les milieux universitaires français » [5].

Ce décalage dans le temps et dans la présentation modifie considérablement la nature des réactions auprès de la population en général. Cependant, malgré les propriétés différentes du paysage intellectuel de l'époque, les scientifiques francophones européens étaient parfaitement au fait de l'apparition de la sociobiologie aux États-Unis dans les ouvrages de 1971 et 1975.

À la différence, l'ouvrage de Wilson On Human Nature, une explication de la sociobiologie, publié en 1978, est disponible en français dès l'année suivante sous le titre L'Humaine Nature. (Guillaume.|985:139).

En Allemagne, selon Sebastian Linke, la couverture médiatique de la sociobiologie est « déterminée par un contexte culturel spécifique, tant à l'intérieur qu'en dehors du domaine universitaire. Contrairement à la couverture médiatique dans d'autres pays, la sociobiologie a fait l'objet d'une présentation plus intense à l'occasion de la publicité faite aux bio-sciences modernes vers l'an 2000. À cette époque, la sociobiologie a été citée comme référence dans un débat sur l'influence de la génétique sur le comportement humain (le débat sur l'inné et l'acquis) qui n'avait pas eu lieu précédemment dans ce pays, à l'inverse de la situation existant dans le monde anglophone » [6], [7].

Points de vue dans le temps et dans l'espace[8]

États-Unis : réactions scientifiques politisées[modifier | modifier le wikicode]

Un groupe nommé Science for the People, formé en 1969, est resté très actif durant les années 1970-1990. Rebaptisé « Sociobiology Study Group of Science for the people » en 1975, ce rassemblement dénonce les relations entre la science, la responsabilité sociale, et la politique par une rhétorique politico-scientifique :

« la science est inévitablement politique [...] le contexte du capitalisme d'entreprise américaine contemporaine [...] contribue grandement à l'exploitation et à l'oppression de la plupart des gens à la fois dans ce pays et à l'étranger. Nous réclamerons une réorientation du travail scientifique et nous suggérerons des moyens grâce auxquels les travailleurs scientifiques poourront diriger leurs recherches vers la réalisation de changements sociaux significatifs (Lewontin, Gould, et al. Sociobiology Study Group of Science for the people. NewYork books. 1975. Against sociobiology) [9], [10].
« Nous ne nions pas l'existence de composantes génétiques dans le comportement humain. Par contre, nous nous attendons à découvrir les universaux biologiques davantage dans les comportements généralisés tels que manger, excréter, dormir, plutôt qu'au niveau des habitudes hautement spécifiques et variables tels que la guerre, l'exploitation sexuelle des femmes et le recours à l'argent comme moyen d'échange. Wilson rejoint les rangs du long défilé de déterministes biologiques dont les travaux ont servi de pilier aux institutions de leur société en les exonérant de leur responsabilité en matière de problèmes sociaux. De ce que nous avons vu de l'impact social et politique de ces théories dans le passé, nous croyons fermement devoir nous élever contre eux. Nous devons prendre la « Sociobiologie » au sérieux, non pas parce que nous pensons qu'elle fournit une base scientifique pour l'examen du comportement humain, mais parce qu'elle montre les signes d'une nouvelle vague des théories du déterminisme biologique. » [11].

Évolution de la sociobiologie[modifier | modifier le wikicode]

Au XXIe siècle, après bientôt cinquante ans d'existence, il arrive encore que la sociobiologie et son fondateur subissent des affrontements cuisants. Certaines disciplines, dont l'écologie comportementale par exemple, tendent à s'en dissocier pour cause de réputation contaminée. Certains épistémologues et historiens des sciences humaines et sociales, ainsi que des anthropologues, biologistes et généticiens, continuent de fustiger la sociobiologie en raison de différends dans l'approche et la méthodologie.

En 2006, l'Association Américaine de Sociologie présente la sociobiologie à ses membres comme un incontournable qui doit être intégré à son corpus scientifique :

« La théorie moderne de l'évolution, également connue sous le nom de synthèse moderne de l'évolution, constitue le socle de toutes les sciences de la vie. Elle tire sa force de plusieurs disciplines, incluant l'archéologie, l'anthropologie, la biologie, l'écologie, la génétique, la paléontologie et la primatologie [...] » [12]. [13] [...] Cette synthèse de disciplines se reflète dans les diverses perspectives de la sociologie maintenant logée à l'enseigne « Evolution and Sociology » incluant la neurobiologie, la psychologie évolutionniste, la sociobiologie, l'écologie humaine, la théorisation de modèles, la sociologie historique et la sociologie de l'évolution ... notre objectif consiste à convaincre le domaine de la sociologie en général que la pensée évolutionniste peut enrichir l'entreprise sociologique ... [14], [15]

Pour résumer, (Driscoll. 2013)

« tandis que quelques scientifiques continuent d'utiliser la sociobiologie pour décrire leurs travaux (par exemple Hrdy, 1999) durant et après la controverse sur cette discipline, d'autres scientifiques continuent d'utiliser cette approche mais la nomment autrement, le plus souvent écologie comportementale (Krebs et Davies, 1978 par Driscoll. 2013). » [16]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Turney, J. (2013). "Ullica Segerstråle - Defenders of the Truth. Overview."
    Modèle:Citation étrangère
  2. Caplan 1984, p. 143
  3. anglais Wade, « Troubled birth for new discipline », dans Science Magazine, vol. 191, no 4232, 19 mars 1976, p. 1151 
  4. 1975 was the last year of the Vietnam War. It was also the twilight of the New Left in the academy, which had become almost dominant and very violent in several respects in the '60s. It involved a minority of students and professors, but nonetheless, they were so vocal and demonstrative that they tended to rule the learning climate in the academy. It was a very unfortunate trend. The main antagonists -- Stephen Jay Gould and Richard Lewontin for example, and several others who organized the movement against it -- their idea was to strangle it in the crib. So their language was extremely strong.
  5. Harrois-Monin et Gilbert. entrevue avec Jaisson interviewé 1993
  6. Sebastian Linke| titre = Contexts constrain science in the public| sous-titre = How the sociobiology debate was (not) presented in the German press| périodique = Public Understanding of Science| éditeur = Sage Journals| volume = 21| numéro = 6| mois = 08| année = 2011| passage = 753| DOI = 10.1177/0963662510394250 | présentation en ligne = http://pus.sagepub.com/content/21/6/740.abstract#corresp-1.
  7. « The German media coverage of SB was constrained by a specific cultural context, both inside and outside academia. Contrary to the international academic discourse and media coverage elsewhere, SB was presented most intensely with the publicity of the modern bio-sciences around the turn of the millennium. In this period, SB was cited as a reference for a debate about genetic influences on human behaviour (the nature-nurture debate), which had not previously happened in this country, as compared to in the Anglophone world. »
  8. Rappel inspiré de la toile Allégorie du temps sur le sujet de la Prudence. Titien, vers 1550-1565. Huile [5]
  9. (en) Towards A Science For The People sur Cursos, investigaciones y materiales de divulgación crítica, Août 1972, Coordinacion naturaleza ciencia y sociedad,
  10. commentaire biblio|Modèle:Citation étrangère}}
  11. anglais Stephen Jay Gould, Richard D. Lewontin, Barabara Beckwith, Jon Beckwith, Steven Chorever, David Culver, Margaret Duncan, Ruth Hubbard, Hiroshi Inouye, Anthony Leeds, Chuch Madansky, Larry Miller, Reed Pieritz, Herb Shreir et Elizabeth Allen, « Against “ Sociobiology ”: In Response to Mindless Societies Mindless Societies, 7 août 1975, », dans The New York Review of Books, New-York, 13 novembre 1975 [texte intégral (page consultée le 1er janvier 2015)] 
    We are not denying that there are genetic components to human behavior. But we suspect that human biological universals are to be discovered more in the generalities of eating, excreting and sleeping than in such specific and highly variable habits as warfare, sexual exploitation of women and the use of money as a medium of exchange. Wilson joins the long parade of biological determinists whose work has served to buttress the institutions of their society by exonerating them from responsibility for social problems.From what we have seen of the social and political impact of such theories in the past, we feel strongly that we should speak out against them. We must take “Sociobiology” seriously, then, not because we feel that it provides a scientific basis for its discussion of human behavior, but because it appears to signal a new wave of biological determinist theories.
  12. Evolution and Sociology. Volume 3, No 2, Fall 2006 http://www.asanet.org/sectionevol/docum ... fall06.pdf
  13. Modern Evolutionary theory — also known as the modern synthesis - is the foundation block for all the life sciences. lt draws its strength from many disciplines including archaeology, anthropology, biology, ecology, genetics, paleontology, and primatology [...]
  14. This synthesis of disciplines is reflected in the various perspectives within sociology currently under the umbrella of Evolution and Sociology including neurobiology, evolutionary psychology, sociobiology, stage-model theorizing, world systems dynamics, human ecology, historical sociology, and evolutionary sociology. The challenge before us is not to demonstrate that any of our distinctive approaches is the best way but, instead, to convince the field in general that evolutionary thinking can add to the sociological enterprise. Let us not get bogged down in acrimony and lose the momentum that we have gained by becoming a regular section in ASA. I ask all of you to reach out and welcome all science oriented sociologists who express an interest in learning more about Evolution and Sociology. Most sociologists know little about modern evolutionary theory.
  15. Evolution and Sociology Volume 3, No 2, Fall 2006 url= http://www.asanet.org/sectionevol/docum ... fall06.pdf
  16. « while a few scientists continued to use the term “sociobiology” to describe their work (for example, Hrdy, 1999) during the controversy over sociobiology and after, scientists using these approaches tended to use other terms, most commonly “behavioral ecology” (Krebs and Davies, 1978 ; Driscoll. 2013. Stanford encyclopedia of Philosophy, behavioral ecology »


Panorama critique

Panorama critique[modifier | modifier le wikicode]

La sociobiologie suscite, pour l'essentiel, deux types d'arguments critiques : sa rhétorique au regard de la science d'une part, et d'autre part ses implications idéologiques, politiques, et sociales. En sciences de la vie, génétique, biologie ou biochimie, par exemple, les critiques portent sur l'aspect théorique de la sociobiologie, sur l'imprécision de ses concepts, sur ses méthodes, et sur la non-vérifiabilité de la plupart de ses hypothèses. Pour ce qui est de qualifier la sociobiologie de pseudo-science, on peut définir cet attribut comme un « savoir organisé qui est présenté comme une science, mais qui n'en a pas la rigueur ni toutes les propriétés. [1], [2] Quant aux critiques sociodynamiques, citons Lewontin (1975) ou encore le « Sociology Study Group Of Science For The People » (1975, 1976)

Une ramification supplémentaire non négligeable règne également ; il s'agit de discours critiques qui s'insurgent quasi-exclusivement voire exclusivement contre l'application de la sociobiologie aux sociétés humaines, c'est-à-dire aux comportements sociaux de l'homme, à l'instar par exemple de l'anthropologue Marshall Sahlins (1980) ou de l'historien critique Jacques G. Ruelland (2005. 2014).


Principaux opposants[modifier | modifier le wikicode]

Richard C. Lewontin[modifier | modifier le wikicode]

Aux États-Unis, dès l'apparition en 1975 de la sociobiologie dans l'univers de la biologie, Richard C. Lewontin, éminent biologiste, généticien et épistémologue, s'élève contre cette discipline tant par un discours gauchiste à teneur socio-politique que par des critiques proprement scientifiques (1980:347-363) D'une part, déclare-t-il :

« La sociobiologie est une forme de déterminisme biologique selon lequel l'organisation sociale humaine résulte d'une contrainte des gènes sélectionnés durant l'évolution. En particulier, on fait référence à la domination du mâle, la hiérarchisation sociale, l'activité économique de l'entrepreneurship, la territorialité, l'agression comme conséquences de la génétique humaine » [3]

D'autre part, son argumentaire critique porte sur la science proprement dite (Lewontin. 1980:347-363):

« Il est démontré que la sociobiologie comme théorie est méticuleusement construite de manière à la rendre impossible à vérifier, qu'elle commet nombre d'erreurs fondamentales dans sa tentative de décrire la nature humaine , qu'il n'existe aucune preuve de l'héritabilité des traits sociaux, et que les arguments évolutionniste sont de simples fantaisies et des histoires d'adaptation. [4]

Claude Lévi-Strauss[modifier | modifier le wikicode]

Claude Lévi-Strauss de l'Académie française, célèbre ethnologue-anthropologue, livre son point de vue sur la sociobiologie (1983. Préface:16) : « cette prétendue science » - en critique «  le flou, les extrapolations imprudentes et les contradictions internes. » À ses yeux, qui plus est, la sociobiologie « récuse la notion même de condition humaine » (1983:53), « puisque, selon son fondateur Edward O Wilson (1975:4) : " la sociologie et les autres sciences sociales, comme aussi les sciences humaines, sont les dernières branches de la biologie qui restent encore à intégrer dans la synthèse moderne " . » En somme, se référant à la diversité des explications fournies par les sociobiologistes (1983:56),

« il est clair qu'avec ces hypothèses passe-partout, on peut expliquer n'importe quoi : aussi bien une situation que son contraire. C'est l'avantage et l'inconvénient des théories réductrices. La psychanalyse nous avait déjà habitués à ces exercices de voltige où, au prix d'une certaine agilité dialectique, on est assuré de retomber toujours sur ses pieds. »

Quelques autres opposants[modifier | modifier le wikicode]

Stephen Jay Gould
André Langaney
Jacques G. Ruelland 2001. 2005
Sociobiology Study Group of Science for the People
Marshall Shalins 1970

Principaux tenants[modifier | modifier le wikicode]

John Alcock

Serge Aron
David P. Barash
Yves Christen biologiste
Richard Dawkins
Pierre Jaisson enthomologiste professeur
Pablo Servigne
Robert Trivers
Jacques van Helden

Quelques autres tenants[modifier | modifier le wikicode]

Principaux historiens et auteurs critiques[modifier | modifier le wikicode]

Plusieurs historiens et auteurs critiques couvrent des aspects sociodynamiques et scientifiques importants de la sociobiologie, dont :

Chandler Davis. (1981)
Cronin (1993)
Georges Guille-Escuret (2013)
Régis Meyran (2013)
Ullica Segerstråle (2000)
John Alcock (2001)

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Conférence « Les mécanismes raffinés de la pseudoscience pharmaceutique. Livrée le 13 octobre 2015 à l'association des Sceptiques du Québec, à Montréal. http://www.sceptiques.qc.ca/activites/conferences/octobre-2015
  2. Docteur Alain Vadeboncoeur, professeur agrégé de médecine et chef de l'urgence de l'Institut de cardiologie de Montréal, est un réputé vulgarisateur scientifique.
  3. « Sociobiology is a form of biological determinism which argues that human social organization is constrained by genes that have been selected in evolution. In particular, it regards male dominance, hierarchical society, entrepreneurial economic activity, territoriality, and aggression as a consequences of human genes ».
  4. « It is shown that sociobiological theory is carefully constructed to make it impossible to test, that it makes a number of fundamental errors in attempting to describe "human nature," that there is no evidence for inheritance of human social traits, and that the evolutionary arguments used are merely fanciful, adaptive stories »


État de la question

État de la question[modifier | modifier le wikicode]

Depuis l'apparition de la sociobiologie dans les années 1970, Ullica Segerstråle, sociologue et historienne réputée de la sociobiologie, en suit l'évolution de près. En 2000, elle rapporte que le groupe de gauche Science for the People est encore actif car il agit avant tout au niveau politique. Aujourd'hui (2000), cependant, la violence n'est plus au rendez-vous. Or, aux yeux de Segerstale, cette paix relative nuit à la compréhension du branle-bas explosif provoqué par la sociobiologie. Et d'expliquer :

« Le conflit soulevé par la sociobiologie est à considérer comme une bataille interminable sur la question de savoir ce qu'est une « bonne science » quant à la responsabilité sociale des scientifiques [unité de la connaissance, nature de l'homme, libre arbitre, déterminisme ...] Wilson est tombé de plain pied dans ce nid de guêpe, là où nichent des revendications, réclamations, contre-réclamations, des préoccupations morales, des croyances métaphysiques, convictions politiques, hommes de paille, faux-fuyants, potins et ragots, ragots, ragots » [1].

Quant aux ambiguïtés de la sociobiologie au regard de la science, elles demeurent encore et toujours discutées et discutables.

En 2006, malgré tout, l'emprise contemporaine des idées de E.O. Wilson sur la sociobiologie est mise de l'avant durant une entrevue avec E.O. Wilson parue dans le Magazine Discover, Science for the Curious . Cet état de fait « surprendrait vos contestataires des années 1970 », avance son intervieweur sur un ton inquisiteur [2] . Ce à quoi Wilson explique « l'opposition est devenue pour ainsi dire silencieuse [...] La plupart des contestations provenait des sciences sociales où la question était viscérale et quasiment universelle. » [3]

En 2007, D.S. Wison et E.O. Wilson constatent que la sociobiologie baigne dans un désordre théorique remarquable. Ce qui, selon eux, s'explique par la diversité de ses cadres de références notamment médiocrement reliés entre eux. [4]

À l'heure actuelle (2018), une multitude de disciplines scientifiques étudient les comportements sociaux dans le cadre de la théorie moderne de l'évolution dont, entre autres, anthropologie évolutive, anthropologie évolutive des comportements humains [5], éco-anthropologie et ethnobiologie [6] , biologie de l'évolution, biologie des populations, écologie comportementale, éthologie évolutive, éthologie, éthologie humaine, évolution socioculturelle, génétique des populations, philosophie éthique, philosophie morale, sociologie de l'évolution [7], [8].



Bibliographie

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

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  1. The conflict over sociobiology is best interpreted as a drawn-out battle about the nature of good science and the social responsibility of the scientist, while it touches on such grand themes as the unity of knowledge, the nature of man, and free will and determinism. The author has stepped right into the hornets nest of claims and counterclaims, moral concerns, metaphysical beliefs, political convictions, strawmen, red herrings, and gossip, gossip, gossip Segerstråle. 2001|Quatrième de couverture; Turner, 2013 Chapitre
  2. Coniff, Richard et Wilson, Edward Osborne Wilson, Discover Interview. E.O. Wilson. Biology's chief provocateur explores the evolutionary origins of cooperation, warfare, and the tribal mind : Dans Discover Magazine. Science for the curious, 26 juin 2006 
  3. R.Coniff : Your adversaries from the 1970s would be appalled by how much your ideas about sociobiology have taken hold. - EO Wilson : The opposition has mostly fallen silent … Most of the opposition came from the social sciences, where it was visceral and almost universal
  4. « Current sociobiology is in theoretical disarray, with a diver sity of frameworks that are poorly related to each other. Wilson et Wilson. 2007. Abstract.
  5. Anthropologie évolutive des comportements humains [8]
  6. Éco-anthropologie et ethnobiologie[9]
  7. Éthologie évolutive
  8. évolutionnisme (éthologie), Évolutionnisme (anthropologie)