Philosophie/Une brève introduction/Origine de la philosophie

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Philosophie | Une brève introduction
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L'analyse étymologique du mot « philosophie » nous a conduit à aborder quelques points d'histoire de la philosophie. À un moment donné, des hommes ont cru bon de poser et de réunir certaines questions dans un discours spécifique, avec des intentions spécifiques. Pourquoi et comment ces hommes se sont-ils mis à la philosophie ? Qui sont-ils exactement ? À partir de quoi, de quelle culture, ont-ils élaboré ce que nous nommons philosophie ?

Sections

Conditions matérielles

L'origine de la philosophie est liée à un grand nombre de facteurs. La philosophie est contemporaine de la cité grecque.

Comme on le voit, le philosophe est loin de naître grâce à un système démocratique tel que nous le concevons aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que la démocratie antique est esclavagiste.

Les influences culturelles

L'origine de la philosophie est mal connue ; on considère généralement que le premier philosophe est Thalès de Milet. Mais ce philosophe de la nature était peut-être d'origine phénicienne, et son savoir laisserait supposer une tradition plus ancienne.

La philosophie naît sous l'influence de la science égyptienne (géométrie), du savoir phénicien (arithmétique), et de courants religieux variés, venus par exemple de Mésopotamie et de l'Inde. Bien d'autres influences ont été supposées, mais il est dans l'ensemble très difficile de faire la part des choses. Il faut remarquer également que les premiers philosophes vivent en Ionie (Turquie), dans des cités maritimes. Le commerce, les échanges économiques et la mer ont suscité les premières réflexions de la culture grecque. À cela s'ajoute la naissance de la cité, unité politique où se définit un espace public d'exercice de la parole, de l'argumentation et de la persuasion.

Les premiers philosophes

Ces premiers philosophes sont par convention nommés presocratiques, et parfois Préplatoniciens : Thalès, Anaximandre, Anaximène, Pythagore, Parménide, Zénon d'Élée, Empédocle d'Agrigente, Héraclite, Leucippe et Démocrite, les Sophistes, etc. Ils vivent entre la fin du VIIe siècle et le milieu du Ve siècle, et certains sont contemporains de Socrate.

Bien que nous n'ayons que peu de témoignages de leur activité philosophique, certains fragments nous donnent de précieux renseignements sur ce qui s'appelle philosopher. Ainsi, l'invention cosmologique de Thalès, Tout est eau, est-elle une généralisation conceptuelle originale, qui dépasse d'un coup l'impuissance de l'inférence scientifique. La philosophie est ici exprimée toute entière dans la puissance de l'esprit à concevoir des théories, malgré leur impossibilité empirique.

Socrate

Socrate est un symbole de la philosophie. Pourquoi ? C'est ce que nous allons tenter de comprendre par sa vie et sa pensée.

L'invention du concept

Socrate passe pour l'inventeur de la définition et du concept. Ce point est si remarquable, qu'il a servi encore à des philosophes au XXè siècle pour définir la philosophie : le philosophe invente des concepts.

Qu'est-ce que la beauté ?

Nous pouvons comprendre pourquoi Socrate fut conduit à cette invention, en considérant la nature de ses recherches. Dans ses premiers dialogues, Platon nous représente son maître cherchant ce qui fait qu'une chose est telle ou telle. Par exemple, plusieurs choses sont belles : une belle marmite, une belle jeune fille, etc. Mais aucune n'est la beauté elle-même. Par quoi et de quelle manière ces choses sont-elles belles ?

Le dialogue socratique

La réflexion critique

Socrate représente un tournant dans l'histoire de la pensée. Son comportement dans la cité tranche avec l'attitude de ses prédécesseurs qui vivaient en sages citoyens ou se tenaient à l'écart. Mais Socrate interroge tout ceux qu'il rencontre dans la rue, pratiquant le dialogue et l'ironie qui dévoilent les prétentions des savants et des nobles Athéniens imbus de leurs connaissances et de leur tradition. « Je sais que je ne sais rien », voilà la machine de guerre de ce dialecticien habile, que l'on a pu considérer comme un sophiste (cf. Aristophane, Les Nuées). Socrate, délaissant les recherches physiques des Présocratiques, est l'inventeur de la philosophie morale ; il fut à l'origine de nombreux courants de pensée, et a influencé de nombreux Grecs de premier ordre, principalement Platon et le beau Alcibiade dont il était amoureux (voir le Banquet). Le Socrate de Platon ne ressemble pas au véritable Socrate : Platon le met parfois en scène dans des polémiques qu'il ne connaissait peut-être pas (dans le Philèbe entre autres exemples).

Platon

Si Platon a élaboré sa pensée à partir du cas de Socrate (au point de vue dialectique et morale), il semble par la suite s'opposer ouvertement à son maître qui finit par disparaitre dans ses œuvres de vieillesse, en particulier dans les Lois. L'importance du type du philosophe chez Platon semble en effet peu compatible avec l'ironie socratique. Retenons pour cette brève histoire des origines, que l'on peut considérer Platon comme le premier grand philosophe de l'histoire, dans la mesure où il s'efforce de faire du philosophe une autorité surhumaine qui tient sa légitimité de sa connaissance des Idées. Le philosophe platonicien prend ainsi une dimension considérable, puisqu'il prétend s'élever au-dessus des contingences de l'histoire et déjouer les illusions de l'expérience humaine, du trop humain. À ce titre, le philosophe devient un véritable maître et un roi légitime, législateur de la cité, assignant aux hommes leur fonction sociale en harmonie avec l'ordre divin du cosmos. Platon a ainsi inventé un nouveau type de philosophe, qui influencera toute l'histoire de la pensée jusqu'à nos jours. En effet, dans ses grandes lignes, la philosophie ultérieure n'est souvent qu'un long développement de cette idée que le philosophe est un législateur. Cette idée est reprise avec des intentions et des justifications variées, en théologie ou par quelques intellectuels contemporains par exemple.

Telles sont schématiquement les origines historiques de la philosophie ; on voit que ces origines dévoilent une partie de la nature de l'activité philosophique. Pour une introduction philosophique à cette histoire, lisez le livre A de la Métaphysique d'Aristote, qui contient une belle réfutation du platonisme.

La philosophie hellénistique

Origines philosophiques

L'histoire des débuts de la philosophie nous permet de suivre l'évolution de certaines idées et de certaines méthodes, mais nous devons également donner toute notre attention à l'idée que se font les philosophes de l'origine de leur activité, en la considérant d'un point de vue philosophique, et en nous posant cette question : quelles sont les origines proprement philosophiques de la philosophie ? Pour cela, il faut se souvenir de l'importance de l'étonnement chez Platon et Aristote.

L'étonnement (qu'il faut prendre en un sens fort : admiration, stupeur, etc.) suscite la vocation de chercheur de la vérité, car la pensée reste inquiète tant qu'elle n'a pas trouvé les causes et les principes des choses. D'où la définition antique de la philosophie, qui est la connaissance des causes et des réalités divines. Cette connaissance du sage doit conduire au bonheur. Le vécu philosophique prend donc sa source dans l'inquiètude de l'homme face au monde, quand il se pose des questions sur son existence ; la soif de connaître (philo-sophie) cherche alors un apaisement dans la science. La science est de ce fait une disposition « psychique », un habitus où l'esprit qui connaît se repose.

Dans le Phédon, Platon fait dire à Socrate que l'origine de cette inquiétude est la mort. La mort, parce qu'elle semble refuser que nous donnions une signification trop réelle à la vie, suscite tous les fantasmes et toutes les interrogations : peut-on savoir ce qui nous attend ? L'homme a-t-il une destination particulière dans l'au-delà ? Par exemple, pour Platon, il est nécessaire de supposer l'existence de réalités divines, car de telles réalités sont seules susceptibles de donner un fondement à la connaissance, à la morale et à l'espérance humaine. Ainsi la vie serait-elle privée de sens et de valeur si nous ne pouvions nous faire de telles réflexions.

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