L'agence spatiale européenne et l'indépendance de l'Europe/Historique des vols spatiaux

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L'agence spatiale européenne et l'indépendance de l'Europe Sommaire
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Un soldat Chinois allumant une fusée.
Lancement d'un missile V2.
   Pays membres de l'ESA
   Pays ayant signé la charte PECS
   Pays ayant signé un accord de coopération avec l'ESA

L'attirance de l'Homme pour les étoiles remonte à la nuit des temps, alors qu'à la lueur d'un feu de bois, nos ancêtres (votre arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-[...]-arrière-grand-père !) ont levé leur tête vers les astres célestes.

Les toutes premières fusées naquirent en Chine, au XIIIe siècle. D'un usage purement militaire, ce sont des tubes de carton remplis de poudre noire.

Au tout début du XXe siècle, le Russe Constantin Tsiolkovski, instituteur, réfléchit aux principes théoriques de l'astronautique. Ses travaux permirent l'essor de l'activité. La toute première fusée « sophistiquée » est la tristement célèbre génération des A1, A2, A3 et V2 développées par l'Allemagne nazie dès 1934, encore une fois à vocation militaire: les usages civils ne sont pas au programme. Après la chute du Reich, les ingénieurs allemands se rendirent aux alliés, Russes, Américains, Anglais mais aussi Français.

Seuls deux pays, l'URSS et les États-Unis, furent en mesure de commencer des travaux sur l'utilisation de l'espace. En pleine guerre froide, les deux « grands » se battent dans leurs laboratoires de recherche pour gagner la course à l'espace... en se lançant plusieurs défis. L'espace, sans avoir été conquis, est déjà un lieu d'affrontement, et l'astronautique n'est qu'un moyen de montrer sa supériorité.

Le premier défi est l'envoi d'un satellite en orbite. Les équipes sont à pied d'œuvre dans chaque camp, menés par Wernher von Braun du côté Américain et par Sergueï Korolev chez les soviétiques, pour développer un lanceur fiable. Les premiers essais s'avèrent infructueux... Mais contre toute attente, les russes, avec un lanceur Semiorka, placent le célèbre Spoutnik 1 sur orbite à environ 300 kilomètres le 4 octobre 1957. Les Américains arrivent en seconde position... avec le lancement d'Explorer 1 le 1 février 1958.

Deuxième défi : mettre un être vivant en orbite. Les Russes gagnent à nouveau : Laïka est la première chienne dans l'espace, ce voyage lui coûtera sa vie.

Troisième défi : envoyer un Homme dans l'espace. Les Russes remportent à nouveau la manche... Le 12 septembre 1962, le président John F. Kennedy démarre le célèbre Programme Apollo. Des sommes colossales sont engagées, une euphorie s'empare de l'Amérique toute entière. Seulement 7 ans après son discours, deux hommes marchent sur la Lune. Le défi a été relevé incroyablement rapidement : en 1962, les essais se limitaient à un quart d'heure de vol spatial habité dans l'espace ! Les Russes avaient eux aussi leur programme spatial lunaire, il n'aboutit pas, à cause de rivalités entre les différents meneurs du projet.

Dès la fin d'Apollo 12, l'opinion publique ne s'intéresse plus aux vols spatiaux : les États-Unis ont gagné le défi, les missions lunaires font désormais partie de la routine quotidienne... Le budget est considérablement réduit, des missions Apollo sont supprimées.

C'est l'ouverture aux applications civiles et pacifiques : observation de la Terre, télécommunications, etc... On constate donc qu'il y a une évolution du marché des satellites, constitué principalement des revenus générés par l'exploitation des satellites de communications par des organismes d’exploitation internationaux.

La navette spatiale apparaît en 1981. Les Russes construisent dès 1986 leur station orbitale Mir, qui sera désorbitée en 2001. La station spatiale internationale (ISS) est assemblée en orbite depuis 1998 ; son assemblage devrait être terminé en 2011.

De quand, la création de l'ESA ? Dès les premiers lancements de satellite à la fin des années 1950, la France et le Royaume-Uni, qui ont par ailleurs engagé des programmes de missiles balistiques intercontinentaux, mettent en place des programmes spatiaux nationaux. Mais les moyens financiers engagés et les objectifs sont modestes par rapport à l'Union Soviétique et aux États-Unis. Au début des années 1960 des personnalités européennes issues de différents domaines et en particulier des scientifiques, qui constatent qu'un nouveau champ de recherche vient de s'ouvrir, demandent la création d'un programme spatial scientifique européen animé par un organisme analogue au Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN).

Le 1e décembre 1960 une conférence réunissant 11 pays européens décide de la création de la Commission préparatoire européen pour la recherche spatiale (COPERS). Les travaux de cette instance aboutissent en 1962 à la création de l'ESRO (European Space Research Organisation) dont l'objectif est la réalisation de satellite artificiels scientifiques et qui réunit 9 pays européens. La même année six d'entre eux décident de s'associer au sein l'ELDO, (European Launcher Development Organisation) pour le développement d'un lanceur européen baptisé Europa. Les deux organisations sont mises effectivement en place en 1964.

Mais ces différentes organisations on du mal à atteindre leurs objectifs. Le lanceur européen, dont la conception résulte d'un compromis politique et qui manque d'un véritable maître d'œuvre est un échec complet et l'ESRO n'obtient que des résultats modestes. La stratégie spatiale des pays européens fait l'impasse sur les applications pratiques de l'espace qui commencent à émerger. Les principaux pays membres ont des priorités différentes ce qui freine l'avancement des programmes. Finalement l'échec de la fusée Europa (7 échecs en 1972 sur 7 lancements) impose une remise à plat de l'organisation du programme spatial européen. Après négociations entre les pays, l'Agence spatiale européenne est fondée le 31 mai 1975. Des pays européens la rejoignent progressivement. D'autres choisissent de coopérer grâce au Plan pour les États coopérants européens (PECS : Hongrie (2003), Pologne (2007), Estonie (2009) et Slovénie (2010)).